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    A PROPOS DE LA PEINE DE MORT

     

    L’abolition de la peine de mort en France en 1981 consacre un long combat deux fois centenaire, marqué par de nombreuses tentatives depuis la Révolution. Le vote de la loi Badinter par le Parlement le 9 mai remise définitivement la guillotine.

     

    Depuis 1985, il est impossible de rétablir la peine de mort en France. En effet, la France a ratifié, en 1985, un traité international de 1983, le 6ème Protocole à la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette convention interdit aux Etats qui l’ont ratifiée, de recourir à la peine de mort. Les traités internationaux ayant une valeur supérieure à la loi, le Parlement français ne pourrait rétablir la peine de mort que si le Président de la République française dénonçait cette convention. Pareille dénonciation mettrait la France au ban moral des droits de l’Homme en Europe. Un tel acte, de la part du Président de la République française, apparaît impossible au regard de l’affirmation constante de la France, la patrie des droits de l’Homme.

     

    Et pourtant :

     

    Deux catégories de Français

     

    « Je me suis toujours opposé à son abolition, pour plusieurs raisons. En premier lieu, sa suppression crée deux catégories de Français, celle des assassins, qui devient privilégiée puisque leur vie est sacrée, alors que celle des autres Français continue d’être sous la menace permanente des criminels. En second lieu, pour épargner la vie d’un assassin, et les preuves ne manquent pas, ce sont souvent plusieurs innocents qui ont perdu la vie. Enfin je considère que les adversaires de la peine de mort sont moralement responsables de la mort des personnes assassinées, puisque leur acharnement à défendre les criminels va parfois jusqu’à la complicité ».

             F. A   J….

     

    On condamne des innocents

     

    « Pour ou contre, il me semble que les deux parties se sont battues à coup d’arguments philosophiques ou religieux, les uns et les autres toujours contestables. Je pense qu’examiner le problème d’une façon pratique serait plus clair.

     

    Ainsi donc un criminel, même plusieurs fois assassin, sera simplement logé et nourri dans des conditions toujours meilleures, à grand frais pour la collectivité, y compris les proches de ses victimes. Après un temps plus ou moins long il sortira, soit permissionnaire, soit par remise libérale de peine, ou même par évasion, révolution ou guerre, et il récidivera. Ces criminels ayant échappé à la mort récidivent toujours, donc en les épargnant on condamne des innocents à mort. Il faut donc punir pour l’exemple et les éliminer comme de dangereux prédateurs

       P. A   Le R….

     

    Ces deux courriers adressés à un magazine, datent de 1983.

     

    Actualités du mois de mai 2010.

    - Le procès de Cédric Horneck, accusé d'avoir tué son ex-compagne et d'avoir voulu noyer le fils (âgé de 8 ans) de celle-ci en 2008, s'est ouvert mercredi en Vendée.

    - Lors de l'hommage national rendu à Aurélie Fouquet, tombée sous les balles du commando qui avait ouvert le feu sur l'A4 le 20 mai, Nicolas Sarkozy a promis l'arrestation de «tous les membres de cette bande de lâches assassins».

    Ces sinistres individus ne craignent rien pour leur vie puisque la loi Badinter protège les assassins.

    Note : il est fort dommage que cette très important question n’est pas donnée lieu à un Référendum, seul façon de respecter  « l’Âme et  Conscience » de chaque Français.

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  • A PROPOS DU MARIAGE

    De la nécessité des Mariages.

    La multitude du peuple fait la dignité du souverain, la force et la gloire d'un état, et la terreur des ennemis ; c'est par les mariages que la société se perpétue. Le mariage, dit le grand Apôtre, est un grand remède pour éteindre les feux de lit concupiscence ; c'est une alliance conforme au désir dela nature qui veut se reproduire; car la procréation et la succession continuelle des enfants, fait revivre leur père en leur personne, selon l'expression du sage : Mortuus est quasi non esset mortuus reluicuit enim siinilem sibi. Delà naissent des enfants légitimes qui, en perpétuant les familles, entretiennent la société, et réparent les brèches que la mort y fait chaque jour.

    Aussi, chez les païens le célibat était odieux, parce qu'il n'était fondé que sur le libertinage et la débauche. Numa voulut que les filles fussent mariées fort jeunes, avant que l'âge leur eût fait sentir les passions, et qu'elles fussent en état de prendre des inclinations étrangères.

    A Sparte, ceux qui refusaient de se marier à l'âge prescrit par la loi, étaient presque notés d'infamie; il y avait des peines contre ceux qui se marieraient trop tard : chez les Romains le célibat était regardé comme contraire aux lois de la nature, et le célibataire était regardé comme le meurtrier de sa postérité, et on donnait des pensions à ceux qui avaient un certain nombre d'enfants.

    Lorsque les enfants des Grecs venaient au monde, le père les mettaient sur les genoux de leur grand-père, et c'était le plus agréable présent qu'un fils pût faire à son père ; car chez ces peuples, mourir sans enfant, était l'état réputé le plus malheureux.

    Métellus persuada aux Romains qu'il était à propos de remédier aux abus du célibat, parce que l'amour de la débauche et des attachements illicites détournaient du mariage un grand nombre de Romains : on statua qu'à certain âge tous seraient contraints de prendre des femmes légitimes. Cette loi fut jugée nécessaire pour la réforme des mœurs, et pour la conservation des plus illustres familles que la licence faisait dépérir.

    Toutes les nations regardaient le mariage comme le principe de la vie et de la société civile : aussi les hommes sont naturellement portés à donner à leur postérité la vie qu'ils ont reçue de leur père. Chez les Hébreux l'obligation de se marier était si naturelle, que celui qui refusait de prendre une femme légitime passait pour un homicide; et les anciens qui voyaient dans la loi de Moïse que la femme qui avait été tirée d une côte de l'homme , ne pouvait jamais s'imaginer que ce même homme pût être parfait sans se réunir à elle pour le mariage : actuellement même encore , les Juifs sont obligés de se marier, et celui qui, à vingt ans ne l'est pas, est censé vivre en péché ; cela est fondé sur l'obligation de donner des enfants au monde , pour satisfaire à l'ordre que Dieu fit au premier père : croissez et multipliez - vous.. Aussi l’état de famille produit dans la société diverses relations, celles de mari et de femme, de père, de mère et d'enfant, de frères et de sœurs, et tous les autres degrés de parenté qui sont les premiers liens des hommes, d'où dérivent tous les autres.

    De la convenance des Mariages

    Ce n'est pas assez que la naissance soit heureuse, il faut que le mariage le soit aussi ; car cet état est une seconde vie : il faut tâcher de faire un bon choix, et cet avis regarde les pères et mères qui marient leurs enfants.

    Or, la bonté de ce choix ne consiste ni dans la beauté ni dans les honneurs, mais surtout dans la vertu, la religion, l'humeur, la douceur du caractère, et la convenance de l'âge.

    En Grèce il y avait des peines contre ceux qui, loin de se marier dans des maisons de vertu, ne chercheraient que les richesses : la femme vertueuse, dit l'Écriture, est le partage de l'homme qui craint Dieu, elle lui sera donnée pour ses bonnes œuvres; qu'ils soient riches ou pauvres, la joie sera en tout temps sur leurs visages.

    L'amour, qui est un principe de désordre chez les gens corrompus, est pur chez les gens honnêtes; ils n'ont en vue qu'un établissement légitime, c'est la raison qui est l'âme de leurs entretiens : aussi se montrent-ils tels qu'ils sont pour voir s'ils peuvent se convenir ; car la sympathie et l'union des cœurs est le fondement de la paix dans le mariage.

    Les patriarches ne souffraient point de mésalliances. Abraham était marié dans sa famille,  eut grand soin de donner une femme de la même race à son fils, sur qui tombaient toutes les bénédictions que Dieu lui avait promises; et Isaac fit observer à Jacob la même loi.

    Les Grecs avaient un mépris extrême pour les mariages contractés par des personnes libres, avec des esclaves; la honte en rejaillissait sur les enfants qui en étaient procréés : la loi romaine défendait aux patriciens de s'allier avec des plébéiennes. A Milan, c'était la coutume que les enfants sortis de mésalliances étaient exclus des successions, encore qu'ils fussent légitimes : In foro conscientiœ. Mais la plupart n'envisagent le mariage qu'extérieurement et par rapport à leurs mouvements naturels; ils prennent, en le contractant, de si fausses mesures, et s'y engagent par des considérations si peu conformes à l'esprit de son auteur, qu'ils s'en font une occasion de dérèglement; comme l'avarice, ou la passion, ou d'autres considérations mal concertées en sont les motifs, ces mariages sont mal assortis; lorsque les vues d'intérêts sont trompées, ou que la passion est assouvie, le dégoût qui survient porte la désolation dans les familles, les devoirs du mariage sont oubliés, l'éducation des enfants négligée , et au lieu de se procurer les bénédictions du Ciel, ils ne s'attirent qu'une infinité de malheurs, comme la peine de leur prévarication.

    Comme ce sont les familles qui composent l'État, si elles sont bien unies, que la paix et la religion y règnent, alors l'État sera heureux ; mais si la licence est dans les familles, le désordre régnera dans l'État; ainsi le bonheur de l’État fera la gloire du souverain par la bonne composition des familles.

     

    De la supériorité de l’homme sur la femme

    Dieu dit à Ève, et en elle à toutes les femmes : tu seras sous la puissance de l'homme, et il te dominera ; ainsi, sitôt, la bénédiction nuptiale accordée aux futurs conjoints, et de leur consentement, ils sont alors conjoints actuels, l'épousée passe au même instant de la puissance de ses parents sous celle de son mari, qui a, à son égard, l'autorité du père, non quant aux punitions, mais aux conseils et au pouvoir de surveiller ses actions.

    Ainsi une femme, en se mariant, se donne un maître, elle quitte son domicile, sa parenté, son pays, comme pour prendre une nouvelle vie et fonder une nouvelle famille.

    La femme doit obéir à son mari comme à son seigneur parce que le mari est le chef de sa femme, comme Jésus-Christ est le chef de son Église, qui est son Corps, et qu'il en est aussi le Sauveur; la femme doit le craindre et le respecter, ne penser qu'à lui plaire, et ne conduire sa famille que par dépendance de son autorité ; c'est ce que bien des femmes ont peine à comprendre : mais je vous le demande, sera-ce l'homme qui obéira à la femme, le fort au faible, le chef aux membres ? Non, sans doute, ce serait renverser l'ordre établi par Dieu même ; car l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l'homme. Les femmes qui prennent si grand plaisir à commander aux maris efféminés, ressemblent à ceux qui aiment mieux guider des aveugles que de suivre des sages et clairvoyants.

     

    De l'amour conjugal.

    La femme, selon l'Écriture, a été tirée d'une côte de l’homme, et la loi divine ordonne que l'homme quitterason père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et n'être qu'une seule et même chair ; ainsi, par le mariage, l’homme n'est plus à lui, il appartient à sa femme, et la femme n'est plus à elle, elle appartient à son mari; tout devient commun entre eux, l'esprit, le corps, les biens : de ce principe naissent les obligations mutuelles qu'ils se doivent l'un envers l'autre ; leurs corps, leurs âmes, leurs volontés doivent être comme fondus ensemble.

    Saint Paul recommanda à l'homme d'aimer sa femme, de ne la point traiter avec rigueur, de lui donner toutes les choses nécessaires à sa conservation, selon ses besoins, son état et ses facultés.

    Il doit recevoir la parenté de sa femme comme la sienne propre; il doit de même l'assister et la conduire par de sages conseils, la consoler dans ses peines et dans ses faiblesses : il doit enfin l'aimer comme lui-même, non pas avec passion jusqu'à s'en laisser maîtriser, mais l'aimer avec prudence et sagesse, sans la flatter ni la porter à la vanité, sans lui laisser prendre un empire qui ne lui est pas dû , et sans lui communiquer les secrets ni les affaires qu'elle ne doit point savoir : il doit enfin l'aimer jusqu'à exposer sa vie pour la défendre.

    La femme doit avoir pour son mari un amour plein de respect et d'honnêteté chrétienne, l'honorer et lui obéir supporter avec patience et dissimuler ses défauts, s'efforcer de le corriger de ses vices, le porter à Dieu par sa modestie, sa douceur et ses bons exemples, lui épargner les soins détaillés du ménage, pour lui donner le loisir de vaquer à des affaires plus importantes, et prier Dieu pour sa conversion s'il s'égare des voies du salut.

    La femme vertueuse, prudente et discrète sera un trésor pour son mari, elle lui sera donnée pour ses bonnes œuvres ; qu'ils soient riches ou pauvres, la joie sera en tout temps sur leurs visages ; car la sagesse et la modestie d'une femme qui craint Dieu, jointes à sa beauté, arrêtent presque toujours l'homme le plus passionné; et comme dans le mariage il y a souvent des peines qui sont des tribulations inséparables à l’humanité, les conseils sages et prudents qu'ils se communiquent les font supporter par la résignation qu'ils ont à la volonté de Dieu. ,

    Le devoir des deux époux l'un envers l'autre est fondé; sur l'amour conjugal qui est pur et au-dessus de tout autre amour, parce que tout autre amour, quelque violent qu'il soit, est toujours l'amour d'autrui : Qui ex orem diligit se ipsum diligit, selon St. Paul, aux Éphésiens

    Lorsqu'un mari et une femme sont entrés dans le mariage avec réflexion et sympathie, et dans l'intention de vivre selon le christianisme, alors ils sont de bonne intelligence  se communiquent leur amitié sans feinte, c'est le cœur qui parle ; les intérêts sont communs, ils se comptent leurs peines, partagent leurs plaisirs, et suivent avec satisfaction les lois du mariage.

    Mais pour que cette union soit durable, il faut de là vertu, car on n'est pas toujours les mêmes ; la longue habitude de se voir, les disgrâces qui surviennent, la fortune qui change de face; cela, joint au dégoût, ralentit bientôt cette amitié. Un mari déraisonnable abuse de son pouvoir de chef : la femme a aussi ses défauts et ses passions ; la faiblesse de son sexe est un titre dont elle abuse : aussi, rien n'est plus beau que les commencements, mais avec de la religion on éteint toutes ces amertumes.

    Histoire de la famille de Fr.-Ch. Callot : écuyer, ancien avocat au parlement ... Nancy 1823

    Note : gentes dames et belles demoiselles « Prenez-en de la graine !... » (je blague…)


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  • VISITE PASTORALE DE MgrJAUFFRET, DANS LE DIOCÈSE LE LYON, EN 1804.

    …Revenus à Roches, nous en partîmes le lendemain pour Saint-Jodard. Le supérieur du petit séminaire de Sainl-Galmier était de la partie. Un ancien directeur du séminaire Saint-Louis de Paris ne m'avait pas quitte depuis Lyon; le nouvel économe du petit séminaire de Sainl-Jodard demeurait mon compagnon fidèle, tandis qu'un élève en philosophie me suivait. Nous étions tous à cheval.

    » Depuis Roches jusqu'à Boën, si l'on suit la traverse, comme nous l'avons fait, on marche par des sentiers impraticables qui nous obligèrent souvent à mettre pied à terre. Mais le pays est pittoresque, les habitants sont bons, et l'idée de leurs vertus religieuses et domestiques charme le sentiment du voyageur, lorsqu'il serait tente de murmurer contre l'aspérité des routes.

    » Nous nous arrêtâmes un instant à Saint-Bonnet-Le-Château, paroisse située à une lieue et demie de Roches, et dont les maisons forment une sorte d'amphithéâtre sur le penchant d'une montagne d'où l'on découvre la plaine du Forez. Il se faisait tard. Nous eûmes à peine le temps de jeter les yeux sur les bords de ce Lignon si célèbre dans le roman d'Astrée. Malgré les instances du curé de Boën, nous le quittâmes. Bientôt la nuit et la pluie, et une averse mêlée d'éclairs et de tonnerre, nous surprirent à une demi-lieue de la Loire. J'avoue qu'au souvenir des désastres occasionnés en Allemagne par les eaux, je n'étais pas trop rassuré sur les moyens de salut qui nous fussent restés dans celle plaine, si la pluie qui nous inondait comme par torrents, eut duré seulement quelques heures. Nous avancions à pas lents, environnés de ténèbres si profondes, que nous ne pouvions rien distinguer autour de nous. Une lumière nous fil enfin découvrir au loin une ferme, mais nous la perdîmes bientôt de vue. L'économe de Saint-Jodard prétendit être instruit des localités. Il allait à la découverte. Après un  quart d'heure d'attente dans l'altitude la plus pénible, surtout pour ceux qui n'étaient pas munis d'un manteau, notre éclaireur revint sur ses pas. Obligé de descendre de cheval, il n'avait pu trouver aucune issue pour arriver jusqu'à la Loire ; il s'était culbuté dans un fossé, profond d'une dizaine de pieds, et revenait nous inviter à demeurer en place. Gagnant alors la ferme la plus voisine, l'intrépide économe y demanda des bottes de paille enflammées, afin d'éclairer nos pas jusqu'aux bords de la rivière dont nous voulions passer le bac. Mais, fatigués d'attendre, nous poussâmes nos chevaux à tout hasard sur ses pas,  nous ne tardâmes pas à le voir revenir avec un valet d'écurie, porteur d'une lanterne. Il nous assura qu'il nous conduisait chez de braves gens. Nous les trouvâmes tels, homme et femme. Malheureusement, tout les deux étaient au lit, grelottant la fièvre, très-satisfaits néanmoins de recevoir le grand-vicaire dans leur demeure champêtre. Ils en bénissaient le Seigneur avec allégresse. Nos chevaux furent hébergés. Nous passâmes une heure et demie dans cette ferme dont le foyer était grandement éclairé, el quand nous fumes disposés à les quitter, ils ne voulurent recevoir aucun salaire. Je distribuai quelques chapelets aux malades, ainsi qu’à leur famille, et vers onze heures du soir, nous partîmes précédés d'un valet d'écurie et d'une fille de la maison, munis de torches enflammées, pour aller tenter de nouveau le passage de la Loire. Celle fois nous réussîmes, non sans danger toutefois, car ce fut une providence s'il n'arriva point de chute fâcheuse dans une aussi dangereuse traversée. Jamais chemin ne me parut plus long,  la pluie venait de recommencer avec plus de fureur que jamais. Enfin, Éminence, imaginez quelle douce surprise pour nous, quand  ne sachant au juste comment reconnaitre la position du petit séminaire de Saint-Jodard, nous aperçûmes une lumière éclatante : c'était l'église même de Saint-Jodard, illuminée comme dans un jour de solennité; c'étaient les vingt-deux Sœurs des Écoles chrétiennes en adoration devant le saint Sacrement, et priant pour les pauvres voyageurs qu'elles attendaient avec anxiété. Leur présence au chœur, versminuit, n'avait rien que de très naturel, puisque la règle veut que chaque semaine, du jeudi au vendredi, elles psalmodient l'office du saint Sacrement. La joie de la communauté fut grande de nous voir sauvés du danger d'un voyage si pénible, et notre satisfaction non moins vive quand nous entendîmes les portes du petit séminaire s'ouvrir devant nous.

    Le lendemain matin, on y célébra le service du respectable M. Devis, fondateur du petit séminaire et de la maison des Sœurs (actuellement réunies comme Sœurs des Écoles chrétiennes). Sur quelques notes que l'on me donna, dans le moment, je prononçai son oraison funèbre en présence de plusieurs curés et servants, d'un peuple nombreux et des élèves séminaristes. Je n'ai rien écrit. Je recueillerai des documents et vous remettrez le discours qu'ils m'auront inspire sur un prêtre qui a fait, pendant la révolution, des prodiges de charité. Sa mémoire doit être chère à tous les ecclésiastiques, à tous les fidèles.

    Ce voyage, et ce séjour à Saint-Jodard, m'ont transporté dans les habitations des patriarches ou des chrétiens de la ville d'Oxyrhynque. Je n'ai jamais éprouvé de plus délicieux sentiments.

     On ne rencontre pas sur les chemins de petits paysans ou bergers et de jeunes enfants, sans qu'ils soient munis de leurs livres de prières et de cantiques, et, plusieurs fois le jour, leurs chants  retentissent dans les vallées profondes.

     Saint-Jodard est une paroisse très étendue. Là, les affaires qui agitent les familles sont portées à l'arbitrage des prêtres, comme du temps de Saint-Augustin. J'ai eu le bonheur d'y terminer, après une heure et demie de conversation, une querelle domestique, laquelle faisait depuis dix ans le malheur d une famille assez nombreuse, la seule de la paroisse qui, pour cette raison, n'approchât pas des sacrements…

    Note : Saint-Jodard est un charmant petit village à quelques kilomètres de celui de Neulise, berceau de la famille Devis.


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    Persécutions des catholiques de la Loire sous Louis XVIII


    Billet de confession :


    On appelle ainsi le billet que le confesseur donne à son pénitent pour attester qu'il l'a entendu en confession. Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, ce billet fut exigé des calvinistes nouvellement convertis; il fut encore imposé, après la publication de la bulle Unigenitus, à tous ceux qui étaient soupçonnés de jansénisme. Actuellement, en France, il est demandé aux futurs époux qui se présentent devant leur curé pour contracter mariage.

    Certains protestants, afin de ne pas être persécutés, allaient une fois de temps en temps à la messe, tout en conservant secrètement leur religion. Mais pour les curés, la façon de contrôler les pratiquants était la confession.Afin de pouvoir se confesser, il fallait demander un "billet de confession". Ces billets de confession avaient des couleurs différentes selon les années.

     

    A MESSIEURS LES DÉPUTÉS DES DÉPARTEMENS

    SÉANT, A PARIS, EN 1819.

    Messieurs,

    Les soussignés, pleins de confiance dans les lumières et l'équité de votre Chambre, osent réclamer sa protection contre les vexations dont ils sont l'objet.

    H y a longtemps que le diocèse de Lyon, privé de la présence de son premier pasteur, gémit sous l'oppression dé ses Vicaires-Généraux, et particulièrement de M. Courbon, le premier d'entre eux. Dès 1803, ledit sieur Courbon obtint des ordres du Gouvernement contre douze prêtres à la fois, en les accusant faussement de se séparer des nouveaux pasteurs, et cinq d'entre eux expièrent par une prison de neuf mois ce prétendu crime dont ils étaient parfaitement innocents. Plusieurs curés furent dans le même temps non-seulement évincés de leurs places, mais privés sans la moindre de toute fonction ecclésiastique et même de la faculté de célébrer les SS. Mystères, quoique toutes les lois de l'Église et de l'Etat s'opposent à un tel abus de l'autorité, et cette injustice subsiste encore. Mais ce n'était pas assez pour ledit sieur Courbon de frapper les pasteurs ; les brebis n'ont pas été plus épargnées. Par ses ordres, on exige dans plusieurs paroisses des billets de confession pour se présenter à la table Sainte ; on refuse publiquement la communion à tous ceux qui ne croient pas devoir se soumettre à une exaction si odieuse ; on prive les mourants des derniers sacrements, et les morts de la sépulture ecclésiastique ; on ne permet ni le son des cloches après le décès, ni l'usage du drap mortuaire, de la croix et de l'eau bénite, ni l'introduction des corps morts dans l'Église avant la sépulture; on refuse de publier et de bénir des mariages, et de donner les Cendres le premier jour de carême ; on exclut arbitrairement des fonctions de parrains et de marraines ; ou se permet dans l'église même, des déclamations injurieuses et des voies de fait ; on sème la division dans les familles. Saint-Etienne , Saiut-Bonnet-le-Château, Saint-Nizier , Périgneux, la Tourette, Marols, Saiut-Jean-Soleymieu, Saint-Galmier, Chazelles, Saint-Médard, Avezieu, Maringe, Chirassimont, et bien d'autres paroisses, sont sans cesse témoins de pareils scandales : le détail de ces vexations serait infini.

    En vain nombre de plaintes ont été adressées, et à Monseigneur l'archevêque de Lyon et à Son Excellence le Ministre des Cultes, et au Conseil d'État. Le mal est resté jusqu'ici sans remède.

    Or, le prétexte de tant de violences dont les réclamants sont prêts de fournir la preuve en justice réglée, c'est qu'il a plu audit sieur Courbon de remettre en honneur dans ce diocèse de vieilles disputes, sur lesquelles les déclarations du Roi, du 2 Septembre 1754 et du 10 décembre 1766, avaient sagement imposé un éternel silence. C'est encore parce que les soussignés font hautement profession de combattre le système ultramontain que l’on prêche ici sur les toits, et de montrer le plus sincère attachement aux libertés de l’église Gallicane, dont une partie de notre clergé semble avoir conjugué la ruine (1).

    Serait-il possible que sous un roi qui se déclara si franchement le protecteur de ses saintes libertés, dans le discours qu’il prononça à l’ouverture de Chambre de 1817, sous un roi juste et bon, qui sentait dès lors la nécessité d’une loi qui mit ses sujets à l’abri de pareilles vexations, un projet de loi tendant à investir les Cours Royales de la connaissance des appels comme d’abus ; serait-il possible disons-nous que des prêtres et des fidèles, soumis aux lois, et irréprochables dans leur conduite, fussent persécutés, calomniés, privés arbitrairement et sans forme de procès, des droits, les plus sacrés ? Le gouvernement serait-il insensible à l’oppression de l’innocence, le violement de l’ordre et le mépris de toutes les lois ? Et tandis que l’État soit à la sagesse de son auguste Monarque une constitution qui garantit les droits et propriétés des citoyens, l’Église seule aurait-elle encore à gémir sur la tyrannie de ses pasteurs ?

    Non, nous avons la douce confiance que le Corps législatif ne sera pas sourd à nos plaintes, et qu'il nous accordera la faculté de défendre notre réputation, notre liberté et nos droits dans des tribunaux plus rapprochés de nous que le Conseil d'État.

    En conséquence, nous prions instamment la Chambre de demander à Sa Majesté qu'elle daigne proposer de nouveau ledit projet, afin qu'il soit bientôt converti en Loi, et que nous puissions obtenir justice de tous les griefs, dont nous avons tracé ci-dessus le tableau.

    Fait à Saint-Galmier, Département de la Loire, canton de Chazelles, le 19 janvier 1819.

    Suivent trente-huit signatures, recueillies dans diverses paroisses où s'exerce la persécution, et l'on croit pouvoir assurer qu'il serait facile de se procurer, s'il était nécessaire, bien d'autres témoignages.

    Pareille pétition est adressée à la Chambre des Pairs, et une autre à peu près semblable à Sa Majesté.

    Ce sont là uniquement les demandes et réclamations de ces bons habitants du diocèse de Lyon, hommes simples, amis de la paix, et qui n'ont d'autre prétention en ce monde que d'être mis à couvert de ces vexations arbitraires dont ils ne cessent point, contre toutes les lois de la Société catholique, d'être les malheureuses et innocentes victimes. Seront-ils écoutés, et peut-on se flatter que ces hommes religieux et irréprochables ne seront point aux yeux de nos législateurs de pire condition que les autres citoyens ? N'en doutons point, ils seront écoutés, et ils le seront favorablement, car qui pourrait supposer dans les magistrats du peuple français, une indifférence funeste qui ne ferait qu'enhardir et accroître les entreprises du faux zèle, dont il importe à la nation entière qu'on prévoie et que l'on arrête les trop dangereuses conséquences .Or, quelle mesure plus simple, à cet effet, que celle qui se borne à investir, comme ils l'étaient jadis, nos premiers tribunaux du pouvoir nécessaire pour faire observer les Canons de l'Église qui sont en même temps lois de l'État ?

    Toutes ces lois, réprouvent et condamnent les refus publics de sacrements : elles ne souffrent pas que l'on diffame et qu'on traite publiquement comme un membre étranger à la Société catholique, quiconque n'est pas, nommément, après un jugement canonique, excommunié - dénoncé : enfin, elles sont également contraires à toute exaction de billets de confession, soit à la vie, soit à la mort. L'on a vu par quelles raisons : mais en terminant le présent écrit, l'on croit devoir en rappeler encore l'une des principales, qui est que ce joug inconnu et nouveau en France pour des catholiques, n'est propre qu'à rendre odieuse la Religion. Qu'on s'avise de l'imposer, et bientôt nous verrons ses ennemis nous dire : « Où les prêtres s'arrêteront-ils ? A quel prix mettront-ils les billets de confession ? A quelles conditions les accorderont-ils ? Quel est donc ce moyen, ce secret inouï qu'imaginent ceux qui tiennent la clef des consciences, pour devenir les maîtres d'ébranler et de faire mouvoir, dans leur sens, toute l'Église de France, et par elle, s'ils le peuvent, l'État et le Gouvernement ? (2).

    Ainsi parleront les hommes du monde, tandis que le fidèle éclairé et instruit des règles, s'il ne veut se soumettre à un joug honteux, et par suite à toute nouveauté que l'on serait maître de lui proposer, sera contraint de gémir en silence, portant le poids de l'anathème, et réduit à un pire état qu'autrefois les pécheurs publics et scandaleux. Combien donc n'est-il pas urgent que l'on s'oppose au mal dans son principe, que l'on arrête le cours de ces exactions, de ce violement de toutes les règles, dont le faux zèle fait les premiers essais dans un coin de la France, sur des hommes inconnus au monde, et qui semblent n'avoir ni secours ni appui!

    Mais qui peut mieux réprimer ces excès et ces vexations inouïes que notre auguste Monarque, le père du peuple et le protecteur des opprimés ?

    SIRE, lui diront nos pétitionnaires, le plus beau droit que le maître des empires ai remis dans vos mains, est celui de défendre et protéger le faible par le maintien des lois contre l'injustice et l'oppression. Nul corps, nulle société qui puisse dans l'État se soustraire à ce droit, parce qu'il est l'apanage nécessaire et inaliénable de la souveraineté. L'Église elle même, l'Église catholique n'a cessé d'invoquer cette protection salutaire, soit pour le libre exercice de son culte, soit pour donner force à sa discipline. Cependant, SIRE, les suppliants, vos très-fidèles sujets, dans le sein même de cette Société sainte, sont opprimés, diffamés, et traités à l'égal des grands criminels et des plus indignes scélérats. Oui, Sire, au milieu de votre royaume, au mépris de toutes les lois civiles et ecclésiastiques, une injuste et barbare persécution s'est élevé dans le diocèse de Lyon, et depuis quinze ans ne cesse de s'accroître avec scandale, avec impunité. Tandis que de tous les côtés la rareté des ministres du culte se fait sentir aux fidèles catholiques, des prêtres irréprochables, et qui ont blanchi dans le ministère, sont interdits, rassasiés d'opprobres, réduits enfin à un état plus bas que n'est celui de vos moindres sujets.

    D'une autre part, des laïcs tranquilles et amis du Gouvernement, gémissent sous le poids des refus les plus humiliants de tous les secours de l’Église : leur juge est en même temps leur partie et celui qui fait contre eux exécuter ses ordres. Seriez-vous, SIRE, insensible à la voix de vos très-fidèles sujets, quand ils ne réclament que l'exécution des lois de votre auguste aïeul, des saints Canons de leur propre Rituel. S IRE, faites-leur rendre justice ; qu'il ne soit pas dit que sous votre Charte, sous un Roi le plus ennemi qui fût jamais des mesures arbitraires, et de toute injuste domination, des innocents n'aient pu trouver en France ni refuge, ni protection.

    Non, Roi Très-chrétien, vous ne refuserez pas à des sujets qui s'honorent du même nom, cette justice que le grand Apôtre attendait d'un Prince idolâtre, lorsqu'il disait : J'en Appelle A CESAR. ( Act. XXV, II.) Vous étendrez votre main protectrice sur des catholiques opprimés, et enfin vous leur procurerez les moyens de participer aux biens que leur assurent toutes les lois de l'Église, que leur ravit un grand abus de pouvoir, et dont ils ne veulent user que pour offrir, dans les liens d'une même communion, avec tout le peuple fidèle, la victime de propitiation qu'ils ne cessent d'invoquer pour la tranquillité et les jours heureux de Votre Majesté.

    1. L'on a remarqué qu'il n'y a point en France de diocèse où il ait paru plus de brochures ultrarnontaines que dans le diocèse de Lyon. L'on en a cité deux, p. 21 : mais il y en a eu d'autres tellement exagérées qu'elles ont attiré l'attention du Gouvernement. Quand on songe que les auteurs de ces diverses brochures sont des directeurs de conscience bien connus, on ne trouvera rien d'excessif dam ce trait de la pétition.
    2. L'on dira, sans doute, que ce moyen est presqu'impraticable à Paris et dans les grandes villes ; mais on peut répliquer que les petites villes et toutes les campagnes forment l'immense majorité de la population ; et que déjà, à l'égard des mourants, cet usage abusif, auquel nos Parlements, se sont constamment opposés, semble devenir commun même dans la capitale. Voyez, sur ces billets de confession exigés à la mort, les principes démontrés par nos Parlements dans ses remontrances du 4 mars 1751.

     Tiré de l’ouvrage : Henri IV et les Jésuites (Adrien Egron, imprimeur, Paris 1818).

     

     


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  • Illustration : un Caudron "Luciole" passe sous le pont de Presle

     

    LE PONT DE PRESLE

    Entre CORDELLE ET BULLY SUR LA RD 45

     

    Depuis 1889, ce pont situé en pleine campagne assure le passage de la Route Départementale.

    La première construction métallique bien modeste de 136 mètres reposait sur deux piles.

    Il sera le théâtre de deux exploits sportifs assez extraordinaires puisque un avion Caudron Luciole(1) passera dessous en 1938. Exploit renouvelé après guerre avec un Stampe piloté par Jimmy Palabaud

    Ce pont est remplacé en 1979 par un ouvrage plus adapté aux changements géographiques induits par la construction du barrage de Villerest (élargissement du lit de la Loire).

    Le nouvel édifice s’étend sur 300 mètres, presque le double de son prédécesseur, et nécessite de nombreux travaux de raccordement sur les Routes Départementales. Mis en service en octobre 1981, le nouveau pont repose sur trois piles et se dresse à une hauteur variant de 30 à 40 mètres.

    Le modernisme envahit alors une région si paisible jusqu’ici.

    (1) Pourquoi ce nom de Luciole ? Caudron a voulu donner à cet avion le nom de la vieille jument de la ferme paternelle qui, en 1909 , faute de moteur accepta de tirer le premier planeur construit par les deux fréres.

    Source : Programme du Cinquantenaire des Ailes Roannaise 1986

     


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