• MEDAILLE DE COCHER DE FIACRE

     

       Tout cocher de fiacre, ou conducteur de cabriolet de place doit être inscrit à la préfecture de police et y avoir obtenu un livret (Ordonnance du 4 mars 1813, article 36), il n’est point inscrit s’il n’est âgé au moins de 18 ans et porteur d’une carte de sureté ou d’un permis de séjour.

     

       Les cochers de fiacres et de cabriolets sont tenus en prenant leur livret, de prendre en même temps une médaille, ainsi que les loueurs qui conduisent eux-mêmes une de leur voiture.

     

       Les médailles sont délivrée à la préfecture de police, elles sont en cuivre pour les cochers ; elles peuvent être en argent ou argentées pour les loueurs.

    Chaque médaille porte le nom et prénom du cocher avec la légende « COCHER DE CARROSSE DE PLACE » ou « COCHER DE CABRIOLET DE PLACE ».

    Sur celle du cocher, il y a le numéro de son livret, sur celle du loueur cocher, il y a le mot propriétaire (Ordonnance du Directeur général de la Police du 27 janvier 1815, articles : 2, 3, et 4.)

     

       Les cochers qui prêteraient leur médaille à qui que ce soit sont privés irrévocablement de leur médaille et de leur livret. Les loueurs dans le même cas sont privés du numéro de leur voiture.

     

    Dictionnaire de Police moderne pour toute la France

    Volume 1 (1823).

    Par Julien ALLETZ


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    REGNY : UNE FETE INTERDITE PAR LOUIS XVI


    Par arrêt du 10 février 1778, le parlement fait défense, sous peine de punition corporelle, à tous garçons de la ville, de Régny et des paroisses des environs, de s'afférer à l'occasion d'une espèce de réjouissance allez semblable aux fêtes baladoires déjà supprimées, et dont il ne pouvait résulter que des désordres. La requête du procureur-général contient la description de cette fête, si digne, des siècles d'ignorance qui l’ont vu naître.

    « Cette réjouissance consiste, dit ce magistrat, en ce que tous les garçons de la ville de Régny, et  ceux de la campagne, au-dessus de l'âge de 18 ans s’assemblent au son du tambour, le jour du mardi-gras, dans une place de la ville de Régny, où ils se rendent, ayant chacun sur l'épaule une hache ou quelques autres outils tranchants ; ils vont ensuite dans les bois taillis des environs , où ils coupent du bois, et font des fagots, dont ils chargent une charrette tant qu'il peut  en contenir: le dimanche suivant, qui est le premier dimanche de Carême, et qu'on appelle le dimanche des brandons, ces mêmes garçons s'assemblent au son du tambour et exigent que tous les hommes qui se sont mariés à Régny dans le courant de l'année, les suivent dans l'endroit où ils ont placé la charrette, et qu'ils s'y attèlent deux à deux, ce qui se fait au moyen d'une grosse et longue corde qu'on attache au timon de la charrette , à laquelle on met des bâtons en travers, de distance en distance ; lorsque tous les hommes mariés sont attelés, ils traînent la charrette chargée de fagots dans la ville ; ils sont escortés par les garçons, qui ont chacun un gros bâton sur l’épaule, etqui marchent à pas réglés au son du tambour; ils arrivent presque toujours dans la ville au moment où l'on sort des vêpres, et que les rues font pleines de monde ; quand on entre dans la ville, on double le pas ; et comme les rues font en pente, il arrive souvent que la charrette verse, ou qu'elle soit entraînée par la pente, en sorte que les personnes qui passent dans les rues, ainsi que celles qui traînent la charrette, sont souvent blessées et estropiées, et courent les plus grands dangers pour la vie ; la charrette, nonobstant des  événements qui peuvent arriver, est traînée dans une place appelée la place Notre-Dame ; les garçons en déchargent les fagots, dont ils font une pyramide fort haute entremêlée de paille , cette pyramide est appelée  foagan; ils dansent autour, et se retirent ensuite dans les cabarets , où ils boivent jusqu'à la  nuit ; ils se rassemblent de nouveau pour mettre le feu à la pyramide ; la place de Notre Dame, où cette pyramide en bois s’élève, est fort étroite, et environnée de maisons fort baissées , le toit de l’ église de Notre-Dame avance beaucoup sur cette place, en sorte que ceux qui habitent ces maisons sont toujours dans la crainte que leurs maisons et effets soient consumés par le feu

    Lorsqu'un homme marié s'absente de la ville et s'en expatrie, pour ne courir aucun danger, et ne pas s'atteler pour traîner la charrette , et qu'il reparaît dans la ville après quelque laps de temps que ce puisse être, ils se saisissent de lui, le promènent par toute la ville au son du tambour , le mènent à la place Notre-Dame , où il y a un grand puits , auprès duquel ils le font asseoir fur une chaise , où ils l'attachent pour qu'il ne puisse pas se relever, lui découvrent la tête , et chaque garçon tire un seau d'eau du puits qu'ils lui jettent sur la tête, le changent ensuite de chemise et d'habits,  le conduisent enfin au cabaret, où ils le contraignent de boire avec eux. »

    Tiré de : Journal Politique ou Gazette des Gazettes Année 1778.



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  • Pétition au Directoire pour la Continuation de la Guerre

    Une curieuse lettre de Naconne près de Cleppé tiré de l’ouvrage : « Paris pendant l’année 1797 » de Jean-Gabriel Peltier

    Citoyens, j'ai toujours été très-glorieux, et je le suis devenu davantage encore depuis la révolution. Je suis parvenu, il est vrai, à être capitaine de la garde mobile de mon pays, mais cela ne suffit point à ma gloire. Je ne vous cacherai pas que je vois avec un extrême déplaisir les préliminaires de la paix qu'on nous annonce. Je devais m'attendre à être général d'armée un jour, et à acquérir par conséquent, une bonne portion de gloire ; car la gloire est une chose absolument nécessaire à mon existence. Ne pourriez-vous pas, citoyens, avant de faire la paix, me confier, pour mes menus plaisirs, un corps d'environ cinquante mille hommes? Je me chargerai, avant qu'il soit peu, d'en faire tuer ou estropier la bonne moitié, de massacrer quelques milliers d'Autrichiens ou de Hongrois, et de ravager une province, de manière à n'y laisser que des cendres et des ossements. Quoique je n'aie jamais vu la mer, je me chargerai volontiers d'une flotte de 30 ou 40 vaisseaux, pour les conduire sur les côtes d'Angleterre ou d'Irlande : après quoi je me retirerai chez moi, bien tranquille et couvert de gloire, sans parler des dépouilles».

    Je vous dirai, .citoyens, que la garde mobile que j'ai l'honneur de commander, est une garde tout-à-fait immobile, à la tête de laquelle je n'ai pas plus l'air d'un héros que d'un manche à balai. Les administrateurs de mon département avaient dernièrement requis les gardes mobiles de leur ressort, pour marcher contre Montbrison, afin d'y assurer la liberté des élections. Nous nous proposions à cet effet de livrer bataille aux électeurs, et je comptais bien en tuer un bon nombre pour ma part : mais ma malheureuse étoile m'a privé de l'honneur d'une victoire sur laquelle j'avais fondé d'avance ma renommée ; car mes gardes mobiles ont refusé de nous seconder, ils sont demeurés plus immobiles que jamais.

    Je suis donc réduit, citoyens, à ne tuer que des moineaux dans mon village, au lieu de tuer des hommes, comme je le désirerais. Je vous supplie de vouloir bien prendre soin de ma gloire ; je pense que vous ne refuserez pas à mon ambition la vie de quelques milliers d'hommes qui se feront un véritable plaisir de mourir, à cette fin de me procurer la réputation d'un héros. Que si vous ne voulez pas favoriser mes vues et me fournir des occasions de faire parler de moi en Europe, je déclare que j'emploierai, pour y parvenir, les moyens les plus violents et les plus désespérés. Je brûlererai plutôt un temple, comme Érostrate, ou je couperai la queue à mon chien, comme Alcibiade

    Mais j'attends votre réponse avant d'en venir à aucune extrémité.

    (Signé) Makics Gonin. Capitaine de la Garde mobile, à Naconne, sur les bords de la Loire


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