• Le mot de l’auteur

     

    Le livre de référence concernant les évènements de 1814-1815 est celui du journaliste-éditeur Roannais Abel Chorgnon « Roanne pendant l’invasion » publié en 1905.

     

    Des historiens, Marcel Goninet, l’abbé Prajoux, Jean Cabotse ont par la suite, dans des ouvrages généraux concernant l’histoire de Roanne, complété la connaissance de cette période devenue « légendaire » aux yeux des Roannais. Il faut compter également sur les travaux des « sociétés savantes » du Roannais qui par leurs publications diffusent la connaissance historique : les Amis du Musée et de la Médiathèque de Roanne, Ceux du Roannais, Le Coteau d’hier et de demain, Les Chemins du Passé à Saint-Symphorien-de-Lay où j’ai usé quelques fonds de culotte dans la classe de M. Pontille.

     

    Comment vivent les Roannais sous l’Empire ? Qu’est-ce que la conscription et qui sont les conscrits ? La ville de Roanne est un lieu de stratégique avec sa route impériale et son pont : quel sont l’attitude et l’état d’esprit des Roannais et des mariniers ? Populle est-il un « opportuniste » ou « un serviteur du bien public » et qu’a-t-il apporté à la cité ?

     

    Mais qui est donc Gustave de Damas, cet aventurier de vieille noblesse forézienne, fougueux bonapartiste, royaliste, « contestataire » et qui disparaîtra mystérieusement à Téhéran ?

     

    Pour quelles raisons et dans quelles circonstances la ville de Roanne a-t-elle obtenu la Croix de La Légion d’honneur ?

     

    Autant de questions que je me suis posées et pour lesquelles, j’apporte modestement des éléments de réponse qui permettront, je l’espère, de faire vivre la mémoire de « nos glorieux ancêtres ».

                                                         

                                                       Jean-Paul Nomade


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    Saint-Jodard aujourd’hui avec la Communauté Saint Jean qui est un ordre religieux fondé par le père dominicain Marie-Dominique Philippe en 1975. Les frères de la communauté sont surnommés les petits gris, en référence à leur habit gris. Celui-ci se compose d'une tunique grise et d'un scapulaire à capuchon (similaire à l'habit noir des bénédictins) avec, à la taille, un rosaire. Les sœurs contemplatives portent en plus un voile blanc et les sœurs apostoliques un voile gris.

     

    LE PETIT SEMINAIRE DE SAINT-JODARD

     

    Sous le Terreur

     

     

    La Gazette de Lyon contenait dernièrement une notice sur le petit séminaire de St-Jodard, qui vient d'être la proie des flammes. Cet établissement remontait aux temps qui suivirent la terreur. M. l'abbé Devis, prêtre de la mission dite de St-Alban, effrayé de voir le nombre des prêtres diminuer chaque jour par la mort, par la déportation et par la persécution du directoire, forma le projet de réunir quelques élèves en qui il remarquait de la vocation pour l'état ecclésiastique.

     

     Plusieurs zélés missionnaires du Forez avaient entrepris la même bonne œuvre; aucun n'y apporta plus d'ardeur et de dévouement que M. Devis, qui desservait quelques paroisses dans le département de la Loire. Il réunit d'abord quelques jeunes gens à Neulise, canton de St-Symphorien-de-Lay, puis à Saint-Jodard, canton de Néronde.

     

    M. Gardette, missionnaire à St-Romain d'Urfé, se joignit à M- Devis sur l'invitation de M. l'abbé Linsolas, grand-vicaire, et en 1796, on put établir des études avec plus de régularité. Il y eut là jusqu'à 50 ou 60 élèves qui vivaient pauvrement, mais dont la ferveur a fait quelque chose de consolant. M. Devis se partageait entre les soins qu'il leurdonnait et l'exercice du ministère.

     

     Il fallait user de ruses pour se soustraire aux recherches des autorités du département; on était ordinairement averti de ces visites, et alors le supérieur dispersait pour quelques jours son petit troupeau. Cet état de choses dura presque tout le temps du Directoire. Cependant le nombre des élèves augmentait ; en 1798, on résolut de bâtir une maison qui pût les contenir. Le temps n'était guère favorable, et un tel projet paraissait téméraire. M. Devis, qui était allé pour cela à Lyon avec M. Magdinier, chef de la mission, obtint l'approbation des grands-vicaires, offrit le reste de son patrimoine, et fut secondé par des âmes pieuses (1). Les uns procuraient des matériaux, les autres faisaient les transports; les élèves eux-mêmes mettaient la main à l’ouvrage, et le bâtiment fut assez promptement élevé.

     

    En 1801, deux des grands-vicaires allèrent à St-Jodard présider à une distribution de prix, il y avait alors environ cent élèves. En 1803, M. Devis mourut à l'âge de 44 ans, exténué par l'excès de ses travaux. M. Gardette lui succéda dans la direction de l'établissement; il agrandit le bâtiment, et les additions qu'il y fit sont même tout ce qui a échappé à l'incendie du 27 novembre. Ce qui avait été construit sous M. Devis a été consumé en entier. Le feu se manifesta vers six heures du matin, et deux heures après, il ne restait plus que les gros murs. Les élèves ont été forcés de se retirer dans leurs familles, ayant pour la plupart perdu leurs effets. Peut-on espérer aujourd'hui de voir se relever un établissement créé dans des temps si orageux, et qui avait rendu tant de services au diocèse?

     

    M. Gardette, ancien supérieur de cette maison, aujourd'hui supérieur du grand séminaire de Lyon, vient d'adresser une circulaire aux ecclésiastiques du diocèse, pour les engager à contribuer à la reconstruction d'un séminaire, où plusieurs de ceux qui exercent aujourd'hui le ministère avoient reçu leur éducation ; vingt ou vingt-cinq mille francs suffiraient pour cette bonne œuvre. Les offrandes seront reçues au secrétariat de l'archevêché, ou au séminaire St-Irénée, ou chez les curés de cantons.

     

           L'Ami de la religion: journal ecclésiastique, politique et littéraire, Volume 54 Année 1828

    (1)   En particulier deux femmes qui firent cadeau de leur maison d’habitation.

    Vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage : LE PETIT SEMINAIRE DE SAINT-JODARD, origines et souvenirs (1795-1803) de son créateur Barthelemy Devis.

    Hommage d’André Devis, l’auteur à son arrière, arrière grand oncle.

    Cet ouvrage sorti en 2006 est présent dans la Bibliothèque des Chemins du Passé.

     

     

     

     

     

     


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  • LA RIGUEUR MATHEMATIQUE AU SERVICE DE L’HISTOIRE

     

    L’AFFAIRE CAPTIER

     

    Par Jean CHAUMETTE

     

    Salle de l’Orangerie au Coteau, devant un large public, où l’on reconnaissait M. Burdin, Conseiller générale Maire du Coteau, plusieurs de ses adjoints, également plusieurs de nos historiens régionaux et présidents de sociétés et groupements de recherches, Melle Eliane Meunier, présidente de l’Association « Le Coteau d’hier et de demain » présenta M. Jean Chaumette membre éminent de cette jeune société costelloise spécialiste du grimoire et des archives poussiéreuses, dont la patience fut déjà mise à l’épreuve lors de chaque exposition.

     

    Cette fois, il s’est intéressé à « l’affaire Captier », objet de son propos vendredi soir et auparavant d’une plaquette, la première éditée par l’association, M. Pierre Dieudonné, agrégé d’histoire, qui en a signé la préface rappelle dans celle-ci que Jean Chaumette fut son professeur de Mathématiques au lycée Jean Puy. «  Un maître épris de précision et soucieux de clarté »

     

    Ces qualités ont inspiré, Jean Chaumette dans la recherche du passé de l’histoire du Coteau, petit hameau jadis du petit village de Parigny, mais qui grandit assez vite pour prendre son indépendance en 1845.

     

    En 1791, «  l’affaire Captier »

     

    Cette affaire qui troubla un modeste village est un épisode de la guerre de religion en 1791.

    Philibert Captier, curé de Parigny, refusant de prêter serment, entraîna ses ouilles dans une rébellion contre les autorités municipales et républicaines, en majorité notables du puissant Coteau. Faux serment le 30 janvier 1791, refus de faire lecture à ses fidèles du cahier sur la constitution civile du clergé. Idem le 27 mars, d’où une algarade qui faillit se terminer en bataille avec la garde nationale.

     

    Tant fait-il que Captier est signalé comme « perturbateur du repos public s’opposant à l’exécution des décrets de l’Assemblée Nationale, accusé par le bruit du public de tenir des propos incendiaires et d’exciter les fidèles qui lui sont confiés à la révolte et à l’infraction aux lois ».

     

    Nouveau refus en mai, puis en juin. Les autorités sont tout de même patientes. Le 30 juin, le curé manque d’être expulsé par la garde nationale locale. Ca chauffe pour le curé réfractaire, qui finit par être incarcéré le 19 juillet à la prison de Roanne. Il y restera jusqu’au 11 novembre, à temps pour éviter les massacres de 1792, et prit le maquis, entreprenant une action clandestine : baptêmes, rassemblement de fidèles, etc.

     

    Cette grande lutte entre les fidèles de Parigny et les autorités municipales habitant le Coteau creuse la séparation entre le misérable chef-lieu et son hameau en pleine expansion.

     

    Finalement la politique étant chose changeante, en 1800, le curé Captier reprend possession de sa paroisse. Il restera curé de Parigny jusqu’à sa mort, en 1835. Il avait 85 ans. Il fut inhumé dans l’église, où l’on retrouve aujourd’hui son buste en marbre.

     

    Il fonda en 1827 l’hospice Parigny, qui reçut peu de malade et devint « Maison d’instruction, Pension de demoiselles » avec 5 pensionnaires et 5 religieuses.

     

    Ainsi se termina sans drame une affaire qui avait enflammé les esprits, entre un prêtre fanatique et les autorités relativement modérées.

     

    A noter qu’au terme de cet exposé fort apprécié, « Le Coteau d’hier et de demain » offrit une coupe de vin roannais champagnisé aux participants pour marquer sa reprise d’activité 82-83.

     

                                                                       J. Treille « le Progrès » le 27 septembre 1982

     

    Pour des renseignements supplémentaires sur l’Association du Président Jean-Baptiste Ciron ou pour se procurer les ouvrages édités par « Le Coteau d’hier et de demain » voir l'adresse suivante :

    http://coteau.hier.demain.free.fr

     


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  • Tous les supporters de la Chorale ont le « cœur gros » de passer devant une finale.

    Ancien pratiquant (A.S. PONTET) je me joins à cette tristesse, mais ma confiance en l’avenir est totale.

    En illustration : André Vacheresse (la halle actuelle porte son nom) capitaine courageux de l’équipe et notre « grand » Jean-Claude Lefèvre (2,18 mètres).


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  • Chronique :

     

                                     LE TEMPS DE L’ENNUI

     

    Juillet et Août les Vacances ! Les filles aux coiffures effilochées, les garçons aux cheveux trop longs, traînent leurs corps bronzés et leur lassitude entre la plage et le bar. Les heures s’écoulent lentement ; on à le temps de ne rien faire ; on ne sait pas quoi faire.

     

    O l’ennui !... O que l’ennui « est d’un bel usage !.. » pourrait dire le nouvel enfant du siècle dans ses « Conseil à Ninon 1964 ».

     

    Alors vite sur la route, en voiture ouverte, pour, dans le vent, oublier l’ennui. Départ vers rien, pour fuir le vide. Et dès le premier arrêt, dans la campagne tranquille, à tue-tête, les hurlements du transistor pour, dans le bruit, endormir l’ennui.

     

    Des bandes de jeunes gens détruisent n’importe quoi, sans raison, sans plaisir, pour détruire, par ennui. Ils s’agglutinent autour des appareils à sous, sans but, pas même poussés par l’espoir d’un gain, par ennui. Ils méprisent et même insultent leurs ainés, pas par méchanceté, pas par jalousie, par ennui.

     

    Pourtant on leur à tout donné, tous les droits que n’eurent jamais les autres jeunesses : le droit d’être libres et jeunes, le droit de choisir, de dépenser, de préférer. Ils ont d’innombrable jouets, mais on ne leur  a pas donné l’essentiel : la manière de s’en servir, de profiter du plaisir. On pense à leur enseigner les progrès matériels et vingt siècles de civilisation ; on ne leur apprend pas à vivre.

     

    Les hommes ont accumulé des trésors, dans le monde entier, depuis des milliers d’années. Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les bourses ; tout est à la portée de tous, mais une mauvaise fée a jeté un sort sur cette joie possible : l’ennui.

     

    Dans les plus beaux musées, dans les plus beaux temples, en caravanes, les touristes harassés, défilent indifférents. Ils regardent mais ne voient rien ; ils écoutent mais n’entendent pas. Chacun ne rêve que de la prochaine halte où il lui sera permis de se laisser tomber, bras ballants et bouche ouverte devant un verre de bière fraîche. Ennui.

     

    Le grand tourisme, les grandes vacances, c’est le temps du grand ennui ; on en rêve tout au long de l’année ; on en revient saturé pour retrouver un autre ennui.

     

    Les sociologues ont constaté que plus une société est civilisée plus elle s’ennuie. Nous sommes arrivés à un niveau de civilisation très élevé et d’ennui permanent.

     

    Nous allons vers un temps où ces choses vont s’aggraver car les heures de loisir seront de plus en plus longues. Les plaisirs à heures fixes et les distractions passives que dispensent les radios et télévisions ne pourront combler tous les besoins. Même les hommes qui ne le savent pas ont besoin d’activités plus réelles ; il ne suffit pas de rester spectateur. Pour certains, bricolage et jardinage peuvent devenir les deux mamelles des loisirs ; pour les autres, il faudra bien trouver quelques chose pour remplacer la vitesse et les destructions sans raison.

     

    Bien sur, il reste les guerres et les révolutions. Mais ne pourrait-on inventer autre chose avant d’en arriver à ces solutions extrêmes ? Ou alors… quel ennui !

     

     

    Raymond Cogniat pour le Figaro le 12 août 1964

     

    Note : Les choses ont-elles vraiment changé aujourd’hui ? Je vous laisse juge.

     

    J’aime bien cette chronique retrouvée dans de vieilles archives, écrite l’année de mes dix-sept ans, elle précède que d’une quinzaine de jours mon entrée effective dans le Monde du Travail. A cette époque mon patron avait le droit de faire un abattement (compte tenu de mon jeune âge) de plusieurs francs sur mon salaire.

     

     

     

     

     

     

     

     


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