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     Illustration  Alphonse Gallaup de la Pérouse dit "Zo d'Axa"

     

    « De voter Blanc, de voter Nul, tout en se faisant entendre ».

     

    1898 : Alphonse Gallaup de la Pérouse dit "Zo d'Axa" dénonce avec fracas le système électoral républicain qui consiste, pour les citoyens à « se nommer des maîtres », et propose aux abstentionnistes refusant ce choix d'un bourreau, de voter cependant, en apportant leurs voix à un âne blanc appelé Nul qui bientôt fait scandale.

                                                                                                    Hugo Brémont

     

    Lors des élections législatives de 1898, le journaliste satirique Zo d’Axa – pseudonyme d’Alphonse Gallaud de La Pérouse et descendant de l’illustre navigateur – surnommé le « mousquetaire de l’anarchie », informe les lecteurs de son journal La Feuille, dont 25 numéros paraîtront entre octobre 1897 et mars 1899, qu’il a trouvé le candidat idéal à même de réconcilier les abstentionnistes avec le vote : un âne blanc appelé Nul. Le jour des élections, « la Bête qu’il faudrait à la Belle Démocratie » traverse Paris entourée de ses partisans, déclenchant une bagarre et entraînant l’intervention de la police

    Ces élections sont pour Zo d’Axa l’occasion de consacrer trois numéros de sa Feuille à l’abstention et aux travers du système électoral, son âne offrant enfin la possibilité aux mécontents refusant d’ordinaire d’apporter leurs voix, « de voter blanc, de voter Nul, tout en se faisant entendre ».

     

    LE CANDIDAT DE LA FEUILLE (La Feuille n°9)


    Simples Réserves


    J’avais toujours cru que l’abstention était le langage muet dont il convenait de se servir pour indiquer son mépris des lois et de leurs faiseurs. Voter, me disais-je, c’est se rendre complice. On prend sa part des décisions. On les ratifie d’avance. On est de la bande et du troupeau. Comment refuser de s’incliner devant la Chose légiférée si l’on accepte le principe de la loi brutale du nombre ? En ne votant pas, au contraire, il semble parfaitement logique de ne se soumettre jamais, de résister, de vivre en révolte. On n’a pas signé au contrat. En ne votant pas, on reste soi. On vit en homme que nul Tartempion ne doit se vanter de représenter. On dédaigne Tartalacrème. Alors seulement on est souverain, puisqu’on n’a pas biffé son droit, puisqu’on n’a délégué personne. On est maître de sa pensée, conscient d’une action directe. On peut faire fi des parlottes. On évite cette idiotie de s’affirmer contre le parlementarisme et d’élire, au même instant, les membres du parlement.

     

    Je me garderai d’insister. Dans le peuple même on perd la foi : les derniers électeurs ricanent. Le paysan renonce à implorer. L’ouvrier songe à d’autres moyens… Rien de bon n’est sorti de l’Urne. Jamais, pour cause de misère, il n’y eut autant de suicides. Qu’a-t-on fait contre le chômage ? Que n’a-t-on pas fait contre la pensée ? Lois d’exception, lois scélérates… Bientôt, plus que le suffrage, le dégoût sera universel. Je tiens pour prudent de décréter vite le fameux vote obligatoire. Sans cela, au vingtième siècle, je présume que les fonctionnaires seraient seuls en carte d’électeur. Voterait, par ordre, l’état-major. Voteraient aussi les magistrats, les recors [officier de justice] et les gens de police. L’Urne, dont rien n’est sorti de bon, serait la boîte à Pandore — le gendarme. 

    Le plus Digne
    La conquête de quelques fiefs électoraux par tels ou tels chefs de partis serait d’ailleurs insuffisante pour modifier la situation. On rêve plutôt d’une sorte de boulangisme qui permettrait aux honnêtes gens de manifester à la fois, et sans la moindre ambiguïté, sur toute la surface du pays. On voudrait qu’un cri populaire résumât les aspirations, les colères, ou, tout au moins, les mépris d’une nation qu’on a trop bernée…

    C’est pénétré de cette pensée que nous sommes allé, dans sa retraite, trouver un Maître auquel personne n’avait songé, un modeste dont personne pourtant ne niera la signification précise. Aujourd’hui, l’honneur m’échoit de présenter ce maître au peuple. On l’appelle Maître Aliboron. Ceci soit pris en bonne part. L’âne pour lequel je sollicite le suffrage de mes concitoyens est un compère des plus charmants, un âne loyal et bien ferré. Poil soyeux et fin jarret, belle voix.

    Un âne, vous dis-je — quatre pattes et deux grandes oreilles. Un âne qui brait et doit penser, en voyant grouiller les bipèdes ……..  

    LA SUITE A LIRE SUR LE SITE CI-DESSOUS 

     

    http://www.democratie-royale.org/


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    Elias Howe: L’aiguille
    de la machine à coudre

     

    Prenons un autre exemple de rêve créatif. L'Américain Elias Howe (1819-1867) était un ouvrier lorsqu'il réinventa après le Français Thimonnier (voir le l’intéressant Musée de nos voisins et amis d’Amplepuis) une machine à coudre qu'il fit breveter.

     

    Cet homme simple avait travaillé des années durant sur cette idée avant de parvenir au succès.

     

    Lors de ses nombreuses tentatives infructueuses, Howe fabriquait pour sa machine des aiguilles avec un chas au milieu de la tige. Obsédé nuit et jour par cette invention, son cerveau travaillait jusque dans son sommeil.

     

    Une nuit, raconte-t-il, il rêva qu'il avait été capturé dans la brousse africaine par une tribu de sauvages qui l'amenèrent prisonnier devant leur roi.

     

    - Elias Howe, rugit le monarque, je vous ordonne de terminer cette machine immédiatement, sous peine de mort.

     

    Dans son cauchemar, son front se couvrit d'une sueur froide, ses mains tremblèrent de peur, il se mit à claquer des dents, ses genoux s'entrechoquèrent. Quoi qu'il tentât, le dormeur ne pouvait trouver la clef du problème sur lequel il travaillait depuis si longtemps.

     

    Au cours du songe, tout lui semblait si vrai qu'il se mit à pousser de grands cris. Sa vision se peupla de guerriers nus, à la peau sombre et au visage féroce, peints de couleurs vives, qui l'escortaient jusqu'au lieu de son exécution.

     

    Soudain, il remarqua, à la pointe des lances que portaient ses gardes, des trous en forme d'œil. Il venait de trouver le truc, le secret recherché. Ce dont il avait besoin pour le fonctionnement de sa machine, c'était d'une aiguille avec un chas près de la pointe!

     

    Lorsqu'il s'éveilla, il bondit hors de son lit et réalisa aussitôt le dessin de l'aiguille avec le chas entrevu dans son rêve, grâce auquel il put mener à bien le prototype de sa machine à coudre.

     

    (D'après W. Kaempffert A popular history of american Invention).

     

    www.graha-museethimonnier.org


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