• poetes
     

    AUX LARMES DE L’ENFANT GUERRIER

     

    Pour les canons voleurs de joie

    Et les parents semeurs de lois

    Sur le sol fatigué de sang versé

    Cœur d’enfance martyrisée

    Espérance porteuse de croix

     

    Et sur le temps qui les foudroie

    Sourires sans méfiance je vois

    Aux frontières d’esprit apaisé

     

    Pour les canons voleurs de joie

     

    Au reflet des pages du droit

    Adulte n’est pas un exploit

    Pour ton âme trop dirigée

    Sur la peinture des barbelés

    Je peux décliner Toi et Moi

     

    Pour les canons voleurs de joie

     

                   Martine Gobelet.


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  • OUVRIERS ABATTUS PAR LEURS PATRONS
     

    Illustration du 31juillet 1904 : Le Progrès Illustré

    http://collections.bm-lyon.fr

     

     

     

    EN MARGE DU 1 MAI : LA TRAGEDIE DE CLUSES (1904)

     

    Le 1 mai 1904, des élections municipales ont lieu à Cluses. La liste modérée du maire sortant, Drompt, grand ami du fils Crettiez, s’oppose à la liste avancée, « socialiste » disent certains, conduite par le petit patron horloger Rannaz, maître de la loge maçonnique, et qui comprend plusieurs syndicalistes. Drompt l’emporte et ses adversaires manifestent leur mécontentement par des cortèges précédés du drapeau rouge, au chant de l’Internationale et de la Carmagnole. On conspue Claude Crettiez, le plus gros industriel de la ville.

     

    Le 7 mai, Crettiez, prétextant la baisse réelle des affaires, licencie sept ouvriers tous syndiqués. Les rapports officiels signalaient que le maire a encourager l’industriel à « ruiner le syndicat ». Le 10 mai, 42 ouvriers se mettent en grève. Crettiez continue de travailler avec les non-syndiqués et fait exécuter le surplus de l’ouvrage par ses façonniers d’Arâches. Les travailleurs sont divisés et leurs collègues syndicalistes les incitent à se joindre à eux.

     

    La fédération nationale de métallurgie envoie à Cluses un militant originaire de Dijon, nommé Braut, qui pendant tout le mois de mai conseille les grévistes tout en leur prêchant une certaine modération. Cependant le ton monte et le maire obtient un renfort de trente gendarmes. Le 17 mai, une conciliation est tentée devant le juge de Paix, Forestier. Les ouvriers réclament la réintégration de leurs camarades renvoyés, l’obligation de n’employer à l’avenir que des travailleurs syndiqués, l’engagement de ne pas procéder à aucun licenciement dans les 18 mois avenir et l’éviction du contremaître Effrancey, particulièrement mal vu. Claude Crettiez s’emporte contre ce qui est pour lui une insupportable immixtion dans ses affaires privées. Il refuse tout net car, dit-il, « il ne peut entendre de pareilles orgies » (sic !). Le 18 mai, dans la soirée, sa maison et son usine sont entourées par des manifestants qui brisent les vitres à coups de pierres et scient deux arbres fruitiers du jardin.

     

    Le maire demande par téléphone l’envoi de la troupe. Une compagnie du 11° Bataillon de Chasseurs Alpins et un demi-escadron du 4° Régiment de Dragons arrivent le 19 mai au matin.

     

    A Scionzier, 400 ouvriers horlogers ont déclenché une grève de solidarité avec les travailleurs de chez Crettiez et en ce même jour du 19, un cortège part de Cluses pour Scionzier. Les gendarmes et les Chasseurs Alpins barrent les ponts sur l’Arve, des bagarres violentes éclatent avec le service d’ordre et le commissaire de police d’Annemasse, dépêché sur les lieux, écrit au préfet que « la situation a été bien plus celle d’une émeute que d’une grève ». La présence de la troupe ramène cependant un calme apparent.

     

    Jusqu’au 15 juin, un mois se passe en pourparler menés par les autorités préfectorales. Les fils Crettiez sont d’avis de faire des concessions mais leur père se montre intraitable sur un point : les manifestants doivent payer une partie des dégâts commis dans ses immeubles. Un nouveau mois s’écoule et la tranquillité paraît revenue. On pense que cette grève qui s’éternise va se terminer dans la lassitude générale. Les gendarmes en renfort et les soldats sont retirés et il ne reste plus à Cluses que la brigade locale de gendarmerie pour assurer l’ordre.

     

    Pourtant les grévistes tiennent bon et, dans les premiers jours de juillet, la nervosité croît. Les ouvriers non-grévistes, les « jaunes » sont violemment pris à partie ; des militants genevois viennent haranguer les Clunisiens. La fédération nationale de la métallurgie est vivement sollicitée d’envoyer un nouveau délégué, « que l’on attendait comme le messie tous les jours à la gare » mais elle se dérobe et déconseille la grève générale, dont on parle de plus en plus. Elle se contente d’envoyer des émissaires dans le Doubs et le Jura pour faire boycotter la maison Crettiez. La maison d’habitation de Claude Crettiez est à nouveau criblée de pierres et les fils du patron répondent en tirant en l’air des coups de révolver.

     

    Le 11 juillet au soir la grève générale est proclamée. Le père Crettiez déclare le lock-out et ferme son usine. Son collègue Bretton veut continuer à travailler avec une partie de son personnel qui refuse d’adhérer au mouvement mais, le 12 son usine est envahie. Elle n’est dégagée que par l’intervention de son fils et de son contremaître qui font reculer les manifestants en les menaçant de leurs révolvers.

     

    « L’affaire de Cluses », comme on la nomme désormais, prend une dimension nationale. Les syndicalistes de la région, puis le quotidien socialiste de Paris l’Humanité ouvrent des souscriptions pour les grévistes. Les dirigeants locaux vont être débordés par leurs troupes dont la colère subite embrasera la cité horlogère d’une des plus violentes émeutes ouvrières du début du XX° siècle.

     

    LE SANG COULE

     

    Le 11 juillet 1904, la grève générale est proclamée à Cluses et le 16 juillet les pourparlers entre Claude Crettiez et ses ouvriers sont définitivement rompus. Au lendemain de la tentative d’invasion de l’usine Bretton, le 12, le maire Drompt demande l’envoi d’une compagnie du 30° régiment de Ligne qui arrive d’Annecy sous les ordres du capitaine Lapierre. Mais le maire, dont l’indécision pèsera lourd dans la balance des responsabilités, ne fait pratiquement pas exécuter son arrêté municipal du 19 mai interdisant les cortèges et les manifestations. Du 13 au 17 juillet, on assiste à une véritable escalade dans tous les domaines .Escalade verbale tout d’abord, sans doute la moins dangereuse. Les actes du procès ont recueilli une véritable anthologie de la violence. On s’excite en paroles on se déchaine contre Crettiez et les patrons.

     

    Escalade dans les actes ensuite. Le bruit se répand qu’une émeute va éclater, que l’usine Crettiez va être attaquée. Une psychose de peur se diffuse et les gens mettent en sureté leurs biens. On est encore tout près de la crise anarchiste de la fin du siècle et la presse libertaire et la chanson ont vulgarisé le thème du « grand soir » qui verra le peuple détruire la société bourgeoise. Dès le 10 juillet le père Crettiez a commandé en hâte à la manufacture de Saint-Etienne des révolvers, des fusils de chasse et des munitions pour armer ses fils.

     

    Le dimanche 17 juillet, dans la soirée, une nouvelle bagarre éclate. Elle met aux prises les gendarmes et les fantassins, et un cortège de manifestants particulièrement violents qui poussent des cris de mort contre Crettiez. Pendant deux heures la lutte se poursuit. On procède à des arrestations qui déchaînent « une mêlée indescriptible ». Les pierres volent, le juge de paix et plusieurs agents de l’ordre sont légèrement blessés.

    Sous la pression de la foule, il faut relâcher les personnes arrêtées mais les soldats, serrés de près, doivent faire les sommations réglementaires. Devant cette aggravation, le maire demande un nouveau renfort de dragons. Le lendemain est un lundi, jour où de nombreux ouvriers ne vont pas au travail. Les défenseurs des Crettiez diront que « oisifs et inoccupés, on les excitera par de copieuses libations » : « Tenez-vous bien sur vos gardes pour ce soir, il doit y avoir un grand chambard. Il leur faut absolument une de vos têtes. Assure-toi du personnel d’Arâches pour ce soir. Occupe-toi si les dragons arrivent pour affirmer qu’on s’attend à des évènements graves ».

     

    Il n’est pas facile de reconstituer le déroulement de la tragique journée du 18 juillet, à travers les déclarations de plus de 200 témoins, que la défense et l’accusation ont exploitées dans des sens diamétralement opposés. Dès 6 heures du matin, puis à 9 heures, des cortèges défilent, proférant des menaces de mort contre les Crettiez mais passent sans s’arrêter devant leur fabrique pour se rendre à Scionzier d’où ils reviennent avec de nouveaux manifestants. Vers quatre heures de l’après-midi, une troupe d’environ deux cents personnes part du café Michaud et se porte sur la place de la Grenette, en face de l’usine Grettiez. Les avocats des Grettiez voulant établir la préméditation, affirmeront au procès que les manifestants ont « un plan et un chef » mais la chose ne pourra être prouvée.

     

    Autre élément important : les manifestants n’ont pas d’armes à feu. Ils sont munis de gourdins et de cailloux dont les femmes ont fait provision dans leurs tabliers. Les autorités sont encore une fois prises de court. Les gendarmes sont consignés à l’hôtel de ville. Les fantassins du 30°, qui viennent d’arriver, font l’exercice sur la route de Scionzier et seuls quelques hommes ont pris position devant l’usine Crettiez. L’officier commandant le détachement est à son hôtel. Le maire, qui aurait dû, ceint de son écharpe, être à la tête du service d’ordre, est absent. On dira au procès qu’il « faisait la sieste sur son canapé ! » Le cortège s’arrête entre la Grenette et la fabrique. On entend, au milieu des vociférations : « A bas les Crettiez ! Du pain ou du sang ! À la potence ! À la guillotine ! ».

     

    Dans l’usine, les quatre fils Crettiez, ave la femme et l’enfant d’Henri se sont barricadés au second étage ; le locataire Veillet est enfermé dans son appartement et un ouvrier, Alexandre Marchand se trouve lui aussi par hasard dans la maison. Des pierres volent et brisent les vitres.

    C’est alors que le premier coup de fusil part d’une fenêtre. Le capitaine Lapierre, accouru sur les lieux, se place devant les portes avec trois sections de soldats. Pendant un quart d’heure, les Crettiez tirent sur la foule, de 20 à 50 coups de feu, selon les témoignages. Trois hommes tombent mortellement atteints : Joseph Baudet, Léopold Larrivaz et François Rassiat ; une trentaine d’autres sont blessés. La troupe contient les manifestants qui veulent envahir l’usine, ce qui permet aux Crettiez de s’enfuir en toute hâte, avec les deux autres occupants des lieux.

     

       Pendant deux heures, les soldats font face à une foule de plus en plus difficile à contenir. Le capitaine Lapierre prend sur lui de ne pas donner l’ordre d’ouvrir le feu après les sommations réglementaires, et il parvient à faire sortir la jeune Madame Crettiez et son enfant. C’est alors que les émeutiers enfoncent vers les six heures du soir, les deux portes de l’immeuble.

     

    Camille Chautemps, député de Haute-Savoie, présent sur les lieux, dira : « à moins d’un massacre il eut été impossible d’empêcher la foule d’accomplir son œuvre ».

    Pendant deux heures, c’est une scène de pillage et de dévastation. Les machines horlogères de précision, l’outillage, les pièces terminées sont brisés à coups de marteaux, jetés par les fenêtres ou emporté. Du pétrole répandu sur les murs et l’incendie embrase la fabrique, qui sera presque totalement détruite. On estimera les dommages à 400 000 francs or. A la nuit, Cluses stupéfaite, pleure les victimes et contemple les ruines.

     

     

    UN PROCES A ANNECY

     

    Au lendemain de l’émeute du 18 juillet, les envoyés spéciaux des journaux français et étrangers s’abattent sur la petite ville de Cluses où les commentaires et les polémiques vont bon train. Les fils Crettiez ont été aussitôt écroués à la prison de Bonneville. Leur père, que seule l’intervention des soldats avait empêché d’être lynché dans sa maison du Bossey après l’incendie de la fabrique, s’est réfugié à Thonon. Le 8 octobre 1904, les Crettiez sont renvoyés devant les Assises de la Haute-Savoie, inculpés du crime d’homicide volontaire de tentative d’homicide. La chambre des mises en accusation décide de faire juger, en même temps, Joseph Molliex, François Lacroix, Louis Carquillat, Lazare Caux, Joseph Chevret et Eugène Sonnerat accusés du crime de « pillage, dégâts de denrées ou marchandises, effets ou propriétés mobilières ». L’imputation d’incendie volontaire n’a pas été retenu contre eux. La session extraordinaire des Assise d’Annecy, du 14 au 25 novembre 1904, donne lieu au procès le plus retentissant jamais plaidé en Haute-Savoie. Tous les grands journaux ont à nouveau dépêché leurs chroniqueurs et l’écrivain Henry Bordeaux est l’envoyé spécial du « Figaro ».

     

     

    Deux mondes s’affrontent dans le prétoire, incarnés par les avocats de la défense et de l’accusation. Les victimes de la fusillade qui réclament un total de 113 000 francs de dommage, sont représentées par Me Fernand David, député radical de Saint-Julien, et Me Paul Jacquier, de Thonon, futur parlementaire.

    Les fils Crettiez  sont défendus par une équipe d’avocats savoyards : Mes Thévenet et Pacthod, de Bonneville, ce dernier, vieux routier du barreau, ont préparé le dossier. Les plaidoiries sont prononcées par Me François Descostes, humaniste et littérateur, auteur d’études sur Joseph Maistre, homme politique conservateur catholique, est alors le grand ténor de l’éloquence judiciaire savoyarde, à l’apogée de sa carrière. Sa plaidoirie, imprimée par la suite, comme touts les actes du procès, est à l’image du style oratoire de l’époque, très longue et pleine de digressions littéraires et historiques, émaillée de citations classique et de sentences latines. En face, les accusés du pillage ont pour avocat deux « étrangers » venus de Paris, au frais du Parti socialiste, Mes Wilm et Lafon et, surtout, Aristide Briand, député socialiste de Nantes. Briand, le futur homme d’Etat, le « pèlerin de la paix » des années de la Société des Nations, est alors un militant de 42 ans, à la pointe du combat d’extrême-gauche.

     

     

    Deux cent soixante-dix témoins, à charge et à décharge, défilent à la barre.

    Dans une plaidoirie qui occupe l’après-midi et la soirée du 23 novembre et la matinée du 24, Descostes développe la thèse de la légitime défense des frères Crettiez, attaqués dans leur propre maison par les grévistes. La harangue de Briand, efficace et sobre, pleine d’une mordante ironie, fait grande impression. L’avocat socialiste a demandé que tous les accusés aient les menottes ôtées. Sa harangue sera imprimée par « La Vie Socialiste », sous la forme d’une petite brochure à couverture rouge, vendue 15 centimes et préfacée par le leader socialiste Pierre Renaudel qui écrit : « Cluses, c’est le résumé de tout ce qui constitue cet antagonisme d’intérêt qui sépare la classe capitaliste du prolétariat, et que l’on reproche tant au socialisme de mettre en lumière ». Briand, dont la « voix de violoncelle » est déjà célèbre, commence par poser une banderille caustique : « Je dois l’avouer en toute humilité, je n’ai pas l’honneur d’être Savoisien. Si j’en juge par l’insistance avec laquelle mon très éloquent et habile confrère Me Descostes s’est réclamé devant vous de cette qualité, ce doit être pour moi une cause d’infériorité que de ne pouvoir la partager avec lui. Pourtant de ce que les hasards de la naissance ne m’ont pas fait votre compatriote, il ne s’ensuit pas, je pense, que je doive renoncer à votre justice, qui ne peut être différente en Savoie de ce qu’elle est dans le reste de la France ». L’avocat socialiste se range hardiment du côté des ouvriers : «  Nous sommes ici par affinité de pensées et d’aspiration avec ces hommes, moins comme avocats plaidant pour les clients qu’en amis assistant des amis ». Il ajoute : «  Le meneur, c’est donc le bouc émissaire de toutes les grèves. Savez-vous ce que c’est qu’un meneur ? Tenez, moi qui vous parle, j’en suis un. J’ai été souvent dénoncé, menacé comme tel, pour aller dans les grèves porter à des travailleurs l’appui de mes conseils, le concours de ma parole ».

     

    Briand dénonce la partialité des autorités qui ont sontenu les Crettiez, « ces hommes de haine et de guerre civile » qui ont poussé à bout leurs ouvriers par leur intransigeance. Il réfute l’accusation de complot, de préméditation et explique l’émeute par l’exaspération spontanée d’une foule « qui agissait sous l’empire de passions violantes mais qui sont restées pures de toute arrière-pensées ». C’est contre ces travailleurs honnêtes – car, dit-il, il n’y a pas eu pillage –contre ces hommes et ces femmes désarmés qu’on a employé tout un arsenal répressif. « C’est la foule anonyme, la foule irresponsable, qui a commis les actes le 18 juillet ».

     

    Le jury rend un verdict d’apaisement : les accusés sont acquittés. Henry Crettiez bénéficie des circonstances atténuantes et est condamné à 8 mois de prison ; ses frères Michel, Jean, et Marcel le sont à un an, minimum prévu par la loi. « La foule se retire en silence, écrit un témoin. Dans les couloirs du Palais, les accusés de pillage expriment le regret que les fils Crettiez n’aient pas été acquittés comme eux.

     

     

     

    UN AMER EPILOGUE

     

    Une fois dissipés les éclats oratoires du procès, Cluses reprend, dans la morosité, sa vie de tous les jours. L’atmosphère est pesante et le sous-préfet de Bonneville note « l’état d’âme vraiment inquiétant qui semble s’accumuler de plus en plus ». La crise horlogère persiste et s’aggrave pour atteindre son point culminant avec la violente récession européenne de 1907. La plus belle fabrique de la ville montre ses ateliers dévastés et ses murs noircis par l’incendie. Les Crettiez, condamnés à payer 12 700 francs d’indemnités aux blessés et aux parents des victimes sont ruinés car leur fortune est réduite à 31 000 francs. Le maire Drompt abandonne son écharpe municipale et son poste de professeur à l’école d’Horlogerie. Il est remplacé à l’hôtel de ville par M. Dancet. Les critiques pleuvent sur ce malheureux homme coupable de mollesse et qui s’est présenté aux assises « un certificat de médecin à la main constatant un état nerveux », « un maire incroyable qui s’est sauvé le jour sanglant et qu’on n’a plus revu », écrit Henry Bordeaux dans le Figaro. La haine a disparu et le 13 octobre 1904 le père Crettiez écrivait aux parents des victimes pour « compatir à leur malheur » et leur offrir « un secours que je prélèverai sur le peu qui me reste après tant de désastres ».

     

    De leur côté, après le procès, un grand nombre d’ouvriers, dont beaucoup de grévistes, signent une pétition pour la libération de Crettiez, Henri bénéficie d’une grâce du Président de la République et sort de prison le 1° janvier 1905 suivi, en mars, par ses trois frères. Peu après la famille quitte le pays. « L’affaire de Cluses » connaît un prolongement juridique qui va lui aussi passionner les milieux politiques et faire jurisprudence en matière de responsabilité des communes en temps de grève. Les Crettiez, déclarés civilement responsables de l’émeute, se retournent contre la commune de Cluses. Ils accusent le maire d’avoir manqué aux responsabilités de sa charge qui lui faisaient obligations, d’après la loi municipale de 1891, d’assurer le maintien de l’ordre et de prévenir les désordres. Déboutés en octobre 1906 par le tribunal de Bonneville, ils font appel et la cour de Chambéry leur donne raison, en mai 1907, prononçant la responsabilité civile de la ville de Cluses.

     

    Le drame de l’été 1904 marque un tournant capital dans l’histoire industrielle de la vallée de l’Arve. La longue période artisanale, avec une dépendance presque patriarcale des travailleurs envers leurs patrons, se termine pour laisser place à l’ère syndicale.

     

     

     

     

    Les organisations ouvrières sont intervenues activement dans l’évènement de 1904 et Merrheim, leader cégétiste et président de la Fédération Nationale de la Métallurgie, est venu en personne à Cluses pour encourager les grévistes.

     

    Désormais la grève est une arme couramment utilisée. De février 1905 à août 1907, on en compte dix, dont quatre touchant tous les ouvriers. L’été 1907 est particulièrement « chaud » : 1800 horlogers des communes rurales arrêtent le travail et 1200 ouvriers des fabriques débraient en juillet-août. Désormais tous les salariés de l’horlogerie ont, dans chaque commune une section syndicale dont l’action est coordonnée par un syndicat régional qui siège à Scionzier. Le leader en est Paul Rey qui donne au mouvement la couleur anarcho-syndicaliste de la tendance la plus avancée de la CGT et diffuse la « Voix du peuple » et « L’Ouvrier métallurgiste ». En 1905, les ouvriers de l’usine électrochimique du Giffre adhèrent au syndicat horloger de Marignier ; en juin 1906 les travailleurs du Chedde s’organisent à leur tour et les cheminots du dépôt d’Annemasse se réunissent dans un syndicat particulièrement actif et batailleur.

     

     

    Alors qu’Annecy et le reste de la Haute-Savoie n’ont encore aucune cohésion ouvrière, le Faucigny connaît, jusqu’en 1914, une vie sociale agitée avec des grèves qui à Chedde, paralysent l’usine et sont l’occasion de manifestation de solidarité de toutes les branches professionnelles. Dans le domaine industriel, l’affaire Crettiez a, par contre, un effet négatif. Elle traumatise durablement les patrons qui, par crainte de complications sociales, hésitent à donner à leurs fabriques une plus grande envergure.

     

    Dès ce moment, l’horlogerie décline inexorablement. En 1923, la suppression de la grande zone lui porte un coup dont elle ne se relèvera pas. Les artisans ferment leurs ateliers les uns après les autres et à la veille de la seconde guerre 400 personnes à peine travaillent encore dans le secteur de Cluses, soit moins de 20% de l’effectif du décolletage. Ce dernier, fort de plus de 2 000 salariés, a commencé à s’affirmer en 1914-1918, avec les besoins de la Défense Nationale. Malgré la grande crise des années trente, le Faucigny horloger a accompli sa mutation vers le décolletage et acquis sa pleine indépendance industrielle. La fusillade de 1904, que l’écrivain Louis Aragon a évoquée dans son roman «  les cloches de Bâle », appartient désormais à l’histoire du mouvement ouvrier français.

     

     

     

                                                                            REVUE DE L’HORLOGERIE

     

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  • chapeaux vichy
     

     

    LES MEFAITS DE LA MODE

     

    Au début du XX° siècle, beaucoup de dames portaient un chapeau souvent volumineux, dont une longue épingle traversant la chevelure assurait la stabilité.

    Cet accessoire et ornement du chapeau n’était pas sans danger, à tel point, que le 5 octobre 1912 le Préfet de la Loire réglementait par un arrêt, l’emploi des épingles sur les chapeaux.

     

     

    Le Préfet de la Loire

     

    • Considérant que la partie acérée des épingles fixant les chapeaux féminins dépasse parfois de plusieurs centimètres sans être munie d’aucun appareil protecteur et que des accidents se sont déjà produits de ce chef.
    • Considérant que le port d’épingles de coiffure à pointe nue apparente constitue une menace et un danger pour autrui dans les endroits fréquentés par un public nombreux notamment dans les voitures publiques, tramways, salles de spectacles, etc.…

     

    Arrête

     

      Article 1er : L’accès des chemins de fer d’intérêt local, tramways, voitures publiques, salles de spectacles et de réunions est interdit aux personnes portant un chapeau fixé ou orné, par une ou plusieurs épingles à pointe apparente si cette pointe n’est pas munie d’un cache pointe constituant une protection suffisante.

     

      Article 2 : Ces dispositions doivent être affichées dans chaque commune par les soins du maire et par les soins des exploitants dans les salles de spectacles et de réunions, les gares de chemin de fer, les tramways et les voiture publiques.

     

    Messieurs les sous préfets, les maires sont chargés de l’application du présent arrêté.

                                                                            Le Préfet de la Loire

                                                                    Charles LALLEMAND

     

     


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    LA « PROLETAIRE » OU « MONTRE DU PAUVRE »

    (Seconde partie et fin)

     

     

    « Approuvé en séance, à Paris, le 24 janvier 1868 »(1)

     

    Ce fut encore par son ami Louis Favre (2) que Roskopf (3) eut la première nouvelle de la décision ci-dessus. En effet, Favre lui écrivait de Neuchâtel, en date du 29 janvier :

     

    Mon cher ami, je m’empresse de vous annoncer une bonne nouvelle, c’est que la Société d’encouragement de France vient, dans une de ces dernières réunions, de s’occuper de votre montre et qu’elle a porté un jugement favorable. Le rapport imprimé vous sera transmis prochainement. Comme vous le voyer, elle y a mis son temps, mais le témoignage n’en est que plus concluant, puisqu’il est le résultat d’une enquête pour la conclusion de laquelle rien n’a été négligé.

     

    Ce que je vous écris m’a été communiqué par M. Sacc, qui vient de recevoir une longue lettre du secrétaire de la Société Impériale d’encouragement. Hier il s’est empressé d’en faire copier les passages essentiels pour la rédaction de « l’Union libérale » et cela paraîtra demain jeudi. Vous pourrez le lire dan ce journal.

     

    Mais si Breguet avait su faire la part des louanges et procurer à l’invention de Roskopf un hommage public que justifiaient les réels mérites de sa nouvelle montre, il voulut rendre plus tangible encore sa sincère admiration, en s’occupant activement du placement des montres « du pauvre » à Paris. C’est lui qui fut le premier client important de Roskopf, et nous le voyons sans cesse dans les années 1867 à 1870, envoyer des commandes régulières de 100, 120 à 200 pièces par mois.

    Mais n’anticipons pas. Dans l’entre-temps, Roskopf avait saisi de son invention des personnalités marquantes dans la fabrication et le commerce de l’horlogerie. C’est ainsi que M. Jurgensen, du Locle, s’y intéressa et voulut y intéresser son frère, de Copenhague, qui tenait en cette ville un grand commerce de montres. Roskopf lui en exprime sa reconnaissance. « L’intérêt, lui écrit-il, que depuis le commencement vous n’avez cessé de prendre à la création de la montre de l’ouvrier, me laisse croire que vous n’êtes pas insensible à ses succès… » Dans une autre lettre, répondant à des réclamations de M. Jurgensen au sujet des livraisons qui tardent trop, Roskopf d’en excuse : « Quoique ayant, dit-il des ouvriers spéciaux, j’ai dû dans plusieurs parties subir les effets des grèves et de la grande presse qui existe depuis quelque temps chez les ouvriers de notre région, entre autres sur les ébauches. J’avais un engagement, malgré cela, on m’a fait subir des augmentations injustifiées… » D’autre part son ami Louis Favre ne reste pas inactif. Roskopf lui a remis quelques-unes de ses « prolétaires ». Il les place à droite et à gauche chez des connaissances qui, presque toujours, sont des personnalités notables, dans les sciences, dans les arts, dans la bonne société (4).

     

    La grande maison Sève de Bruxelles, qui était un des plus anciens clients de Roskopf , s’y intéresse aussi « pour faire plaisir à M. Roskopf ». L’enthousiasme ne vint que plus tard, mais cette maison s’entremet activement pour faire connaître la « prolétaire » en Amérique du Sud, où des envois de plusieurs douzaines sont faits périodiquement pour son compte.

     

    Une grosse maison de la Havane, celle de MM. Jensen et Compagnie, fit également l’essai et devint un preneur régulier.

     

    Plusieurs importantes maisons suisses d’exportation, notamment les maisons Grandjean, Tissot, Huguenin-Wuillemin du Locle, Bovet et Fol, à Genève, s’employèrent à faire connaitre à l’étranger la montre du « prolétaire ».

     

    Mais il s’agissait là que d’essais et de petites quantités. Il fallait attendre les résultats.

     

    Jusque là, la fabrication marchait doucement, mais Roskopf n’était pas sans inquiétudes pour le moment où la rentrée des montres finies se ferait sur une plus grande échelle. Il songeait qu’il lui serait difficile d’enrayer le mouvement après avoir engagé tant d’ouvriers à s’occuper de sa fabrication. La question financière était pour une bonne part dans ses soucis. Distraire quoi que ce fût du capital de sa fabrication habituelle, il n’y fallait pas songer. Et cependant, bien que toutes ses montres « prolétaire » ne fussent pas vendues autrement qu’au comptant, un certain capital de roulement lui était indispensable. Ce fut son fils, établi à Genève, qui le sortit d’embarras en lui avançant 5 000 francs.

     

                                              Eugène BUFFAT (Revue Horlogerie Ancienne 1981).

     

     

    (1) Plus tard la Société d’encouragement décernait à Roskopf une médaille d’argent.

     

    (2)Avant d’être appelé comme professeur au gymnase de Neuchâtel, c'est-à-dire avant la révolution de 1848, Louis Favre était maître de la première classe au collège de la Chaux-de-fonds. C’est à cette époque qu’il s’était lié d’amitié avec Roskopf, qui plus tard mis son fils en pension chez lui à Neuchâtel.

     

    (3) Georges-Frédéric Roskopf(1813-1889), est un horloger d'origine allemande, émigré en Suisse, inventeur de la montre bon marché de type.

     

    (4) Louis Favre ne manquait pas non plus de citer la montre Roskopf  dans les divers ouvrages qu’il faisait paraître à cette époque ; ainsi, dans « L’Electricien », des « Récits neuchâtelois » » on lit, page 323 : « …il glissa dans la poche de son gilet une excellente montre Roskopf dont il était fier ! ».

    Dans une autre revue montée en 1869/70 au théâtre de Genève par M. Rossi, il avait aussi été fait une place à la montre Roskopf.

     


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    LA « PROLETAIRE » OU « MONTRE DU PAUVRE »

    (Première partie)

     

    C’est dans les années 1865 à 1867­ qu’après une période de gestation de longue durée, la construction du mouvement rêvé par Roskopf (1) entra dans la phase d’exécution pratique.

     

    Georges-Frédéric Roskopf, qui avait lu les quelques rares ouvrages traitant de l’horlogerie de poche et s’était ainsi acquis de solides connaissances théoriques, se mit à l’œuvre.

     

    Il s’agissait, d’arriver à produire et de livrer pour le prix de 20 francs, une montre robuste, donnant l’heure exacte.

     

    C’est autour de cette unique condition que gravitait toute l’entreprise, et toute la mentalité de Roskopf se trouve dans cette sorte de problème que son esprit positif avait décidé de résoudre. Il ne pouvait pas comprendre que l’on pût fabriquer, vendre ou porter une montre, si humble fût-elle, qui ne remplit pas sa fonction, c’est-à-dire qui ne marquât pas l’heure juste.

     

    Tout était donc conçu à l’avance dans son cerveau, jusqu’au nom qu’il allait donner à sa nouvelle montre : ce serait la « Montre du pauvre » ou la « Prolétaire » destinée « aux classes laborieuses ». Pourtant il hésitait, heureusement son ami Louis Favre (2) lui écrivait « Quand une entreprise est lancée, il faut envisager les difficultés avec sérénité. Il est superflu de faire part à des indifférents des luttes qu’on a soutenues, des obstacles qu’on a renversés, des craintes que l’on peut concevoir pour l’avenir. C’est s’exposer à être mal compris. En général, les chalands courent au succès et tournent le dos à celui qui a l’air de manquer de confiance » Roskopf en pris note.

     

    Il va sans dire que si, en esprit, Roskopf voyait déjà sa nouvelle montre portant l’heure aux déshérités de la terre, tout était à créer lorsqu’il s’agit de passer à la pratique : calibre, outillage, etc., sans compter le personnel à former et à gagner à ce genre de travail.

     

    Dans les premiers mois de 1867, les montres commencent à rentrer en fabrication.

     

    Il y avait cette année là une exposition universelle à Paris. On suggéra à Roskopf d’y envoyer une de ses montres et de la soumettre au jury. C’était un peu hasardé, car comment une montre aussi brute, aussi inélégante, parviendrait-elle, au milieu de tant d’autres objets riches et apparents, à retenir l’attention d’un jury ?

     

    Il se trouva cependant que l’un des experts suisses pour l’horlogerie, qui était même temps amis de Roskopf, se promit de faire valoir les solides qualités de la nouvelle montre. Il sut y intéresser aussi l’un des experts français qui n’était autre que le célèbre Breguet, de Paris. Ce dernier, après un examen attentif de l’invention de Roskopf, fut frappé autant de la simplicité extraordinaire de cette montre que des principes sérieux qui étaient à la base de sa construction. Il fut frappé aussi du mobile généreux qui avait poussé l’inventeur à résoudre le problème de « fournir l’heure exacte aux classes laborieuses ».

     

    C’est grâce sans aucun doute, à cette circonstance, que la montre de Roskopf dut d’être remarquée à l’exposition et d’y être récompensée par une médaille de bronze.

    Mais Breguet ne s’en tint pas là : sans en être sollicité par Roskopf, il signala son invention à la « Société d’encouragement pour l’industrie nationale en France », qui le chargea de présenter un rapport au nom du « Comité des arts mécaniques ».

     

    Ce rapport sur « les montres à bon marché fabriquées par M. Roskopf à la Chaux-de-Fonds (Suisse) » débute ainsi :

     

    « Messieurs l’époque où nous vivons est celle d’une activité fiévreuse de travail ; on sent le besoin de régler l’emploi de son temps et d’en perdre le moins possible. Le temps est de l’argent, tel est l’esprit du moment aussi bien pour l’ouvrier que pour le patron…Il est pour ainsi dire indispensable d’avoir une montre, c’est-à-dire une de ces petites machines si extraordinaires et si loin d’être appréciées comme elles le devraient l’être, que vous exposez sans transition au chaud, au froid, que vous suspendez à volonté ou posez à plat sur le verre ou sur le fond, etc. et qui malgré tous les mauvais traitements que vous lui faites subir, doit chaque fois que vous la consultez, vous donner l’heure exacte.

     

    Procurer à l’ouvrier une montre à très bas prix et capable de lui donner des indications assez exactes pour lui permettre d’arriver à son atelier à l’heure règlementaire, tel était le problème à résoudre.

     

    Or voici comment, il a été résolu par un fabricant d’horlogerie, M. Roskopf, de la Chaux-de-Fonds canton de Neuchâtel en Suisse, qui, suivant nous, à complètement réussi au point de vue du bon et du bon marché.

    M. Roskopf, est parvenu à confectionner pour le prix de 20 francs des montres qu’il a appelées « montres d’ouvriers ».

     

    Pour établir à ce prix une montre solide et donnant une marche bien suffisantes pour l’usage journalier, M. Roskopf a dû nécessairement simplifier autant que possible le travail se la main-d’œuvre, surtout en ce qui concerne le luxe, et ne s’en tenir strictement qu’au nécessaire, à l’utile, c'est-à-dire à tout ce qui concerne les questions de solidité et de bonne application des principes.

     

    La boîte est très forte, à savonnette ou à verre. Dans le rouage, on a supprimé une roue, au moyen d’un changement dans le nombre des dents employées ordinairement ; la minuterie, partie du rouage qui porte les aiguilles, est placée sur le barillet, et tout le mécanisme est maintenu entre deux platines.

     

    L’échappement cette partie si essentielle du mécanisme, est à ancre. A lui seul il réunit deux qualités : 1° facilité de construction en fabrique, à cause de ses formes plates qui permettent de le faire au découpoir ; 2° excellence relative de la marche, car établi dans des conditions aussi économiques, c’es encore celui qui est le plus susceptible de donner la meilleure.

     

    Suit une ample description de la montre.

    Le rapport se termine ainsi :

     

    « Messieurs, des montres à bon marché ne sont pas chose nouvelle ; on en a fait à plus bas prix, que celle-ci ; mais la qualité était en rapport. Ce qu’il y a de neuf ici, c’est d’être arrivé à livrer de bonnes et solides montres dans des conditions de prix que les bourses les plus minimes peuvent aborder.

     

    Votre Comité des arts et mécaniques, appréciant les efforts qu’il a fallu faire pour arriver à ce résultat, et le service rendu aux classes laborieuses, à l’honneur de vous proposer de remercier M. Roskopf de sa communication et de voter l’impression du présent rapport dans le Bulletin avec le dessin de la montre.

     

                                                           (signé) L. Breguet, rapporteur.

     

     

    (1) Georges-Frédéric Roskopf(1813-1889), est un horloger d'origine allemande, émigré en Suisse, inventeur de la montre bon marché de type

    (2)Avant d’être appelé comme professeur au gymnase de Neuchâtel, c'est-à-dire avant la révolution de 1848, Louis Favre était maître de la première classe au collège de la Chaux-de-fonds. C’est à cette époque qu’il s’était lié d’amitié avec Roskopf, qui plus tard mis son fils en pension chez lui à Neuchâtel.


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