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    A CHAUCHARD
     

    Il est né en 1821 aux Mureaux, ancien département de la Seine et Oise, aujourd’hui les Yvelines et mort le 5 juin 1909 à Paris.

     

    En 1856, Alfred Chauchard est commis au magasin : Au Pauvre Diable, aux appointements de 25 francs par mois.

     

    Il s’associe avec Auguste Heriot et Charles Eugène Faré pour louer le rez-de-chaussée du Grand hôtel du Louvre où ils créent un magasin de mode : les Galeries du Louvres qui ouvrira ses portes à l’occasion de l’exposition universelle.

     

    L’immeuble appartient à la Compagnie Immobilière de Paris représentée par les frères Pereire qui investiront et prendrons des parts dans la société. En 1857, Faré, se retire alors que l’entreprise est en plein essor.

    En 1865, ils réalisent 15 millions de ventes, et 41 millions dix ans plus tard.

     

    Chauchard et Hériot deviennent très riches.

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    En 1879, les deux associés vont racheter l’ensemble de l’immeuble et après deux ans de travaux ils ouvrent Les Grands Magasins du Louvre. Pouvoir satisfaire tous les désirs de la clientèle, tel est leur slogan. 52 départements et comptoirs offraient à la pratique un grand choix de marchandises : soieries de toutes les couleurs, châles des Indes, tartans, articles de Paris, et tout le nécessaire pour la bonneterie, les jouets, l’aquarelle, etc.

     

    En 1885, Chauchard vend ses parts pour se consacrer à l’art. Il possède rapidement de vastes collections de peintures et d’objets d’art. En 1898, il se fait connaître en acquérant pour l’énorme somme de 750 000 francs-or,l’Angélus de Jean-François Millet. L’œuvre était alors très convoitée par plusieurs musées américains. Des Corot, Delacroix, Daubigny, Meissonnier, actuellement au musée d’Orsay, font partie de ses prestigieuses collections.

     

    Féru d’art africain, ses relations avec l’ambassadeur du Mali, lui permettront de rassembler un ensemble de belles pièces.

     

    « De son vivant, affirme André Becq de Fouquières, il se faisait beaucoup prier avant de consentir à montrer ses chefs-d’œuvre. Mais lorsqu’on était parvenu à vaincre sa résistance, il vous en récompensait en vous offrant un souvenir. Dans ses magasins, on donnait aux enfants un ballon. Dans sa galerie de l’avenue Vélasquez, les adultes recevaient soit une médaille à l’effigie de Chaudard, soit un moulage de son buste ! »

     

    Alfred Chauchard loue à la ville de Paris le château de Longchamp, dans le bois de Boulogne et habite un vaste hôtel particulier 5, avenue Vélasquez (Paris VIII°) à proximité du parc Monceau.

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    Il étend ses relations jusqu’à la présidence de la République, en particulier avec le ministre de l’Instruction publique Georges Leygues qui lui fait obtenir la décoration de Grand-croix de la Légion d’honneur. Chauchard lui lèguera une partie de sa fortune.

     

    Selon André Becq de Fouquières : «  Le personnage était infiniment plus complexe qu’il n’y parait. Ainsi avait-il dressé un perroquet enfermé dans ses appartements privés à le saluer par une raillerie. Chaque fois qu’il pénétrait dans sa chambre, l’oiseau criait : Chauchard, tu es une bête ! Chauchard tu es une bête ! ».

     

    Il a soigneusement organisé ses funérailles, il les veut grandioses, à la mesure de sa considérable fortune : un cercueil en bois d’amarante orné de ciselures de bronze et de cuivre, au prix de 48 000 francs,  un habit noir le vêt avec le cordon de la Légion d’honneur en sautoir, un gilet boutonné de perles précieuse d’une valeur de 500 000 francs, un linceul en drap d’or…Il n’en faudra pas moins aux malfrats pour violer sa sépulture ! Il repose dans un mausolée au cimetière du Père Lachaise.

     

    Il devient un des mécènes du musée du Louvre auquel il lèguera toutes ses collections.

    Il attribue une somme de 12 millions de francs à l’homme politique Georges Leygues, dont la femme et les deux filles reçoivent un million chacune.

    Gaston Calmette, directeur du Figaro, hérite de deux millions, le sénateur Lozé de 500 000 francs, et la maîtresse de Chauchard hérite de son hôtel, entièrement meublé, de l’avenue Vélasquez et d’une importante donation. Et, les valets de chambre, sujet de la Carte postale ancienne servant d’illustration de départ : 500 000 francs-or chacun, Alfred Chauchard n’était pas un ingrat !!!

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    Son importante propriété de Versailles, avenue de Paris, deviendra un lotissement pavillonnaire privé, appelé parc Chauchard. Les 105 lots seront distribués à ses employés méritants. En son centre son ancienne demeure existe toujours.

     

    Que devient l’immeuble du Louvre ? Il subira les bombardements de la seconde guerre mondiale et sera partiellement détruit.

     

    Les Grands Magasins du Louvres disparaîtront en 1974, l’immeuble abrite aujourd’hui le Louvre des Antiquaires ainsi que des bureaux.

     

     

    Article de Jean-Claude Baudot pour la Revue : CP MAG  du mois de mai 2014)

     

    http://www.cartes-postales-magazine.fr/

     


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  • PONT DU DIABLE 2
     

    UN PONT DU DIABLE SUR LE LIGNON

    Légende Forézienne

     

     

    Achetez à la foire de La Bouteresse un cheval de montagne, petit râblé, à tous crins à l’œil vif, au pied sûr, campez dessus une forte femme forézienne et voyez-là passer coiffée du large chapeau de paille bordé de velours enrubanné de rose. Elle enfourche sa monture de ses jambes robustessous les bas bleus et hue ! hue ! la belle Marion ne barguine jamais au bord d’un précipice.

     

    C’est une Sauvagnarde de Sauvain qui revient du marché de Boën vendre ses chevretons et ses formes. Elle passe au Sail-de-Couzan sans descendre de sa bête ; elle  trempe ses lèvres dans l’eau de la Fontfort, cette eau qui vaut du vin et que lui tend galand, dans un cristal à deux sous, le gardien de la source, un beau gars.

     

    Gros rieurs ne lui chechez pas noise, elle est taillée à coups de serpe, trapue, elle a le teint coloré, le nez hardi, le bras rond à force de revirer tous propos insolents. Il y en a qui goûtent eux  la blancheur, la haute taille et la tournure des filles de Chalmazel ; longuettes ou courtaudes ne les a pas qui veut.

     

    La cavalière va vite comme si le diable la trafiquait ; des vivants elle n’a pas peur, mais passé Saint-Georges-en-Couzan les chemins vont tous de guingois, les bois sont noirs, les vallées rapides ; le Lignon fait grand bruit et il faut le traverser sur un pont dont le renom est malotru, à l’endroit de ce qu’on dit avoir eu de mauvaises rencontres  c’est « le Pont du diable ».

    PONT DU DIABLE
     
    A mon idée je ne connais que deux sortes de gens qui puissent sur ce pont passer sans trembler :les plaideurs et les amoureux. Qu’y risquent les premiers ? Sur le chemin des procès on n’est pas à moitié qu’on loge le diable en sa bourse ; quand aux amoureux, ils ne vont à leur gré jamais assez vite, se plaignent des chemins de travers, soufflent aux montées, éteignent leurs feux aux rivières. Patience, mes petits, le diable vous fera des ponts ! Et voilà pourquoi, n’est-ce pas gentille Sauvagnarde, on appelle celui-ci Pont du diable.

     

    -   Faites excuse, galant, ce n’est point ouvrage d’amour, ce mauvais goujat, mais bien œuvre de méchanceté, puisque ça dure si longtemps ? Le pont ne serait point bâti sans brouillerie du seigneur de Couzan et de celui de Sauvain ? Ils avaient plaidé devant le juge de Saint-Georges ; après l’arbitrage, ils furent plus ennemis que devant. (Ne vous en étonnez-pas, ils étaient cousins !)

    - Ah ! le diable a dû se prendre les cornes de rire.

    - Ca se pourrait. Cependant, après une mission prêchée à Saint-Georges, par saint Martin, évêque de Montbrison, les seigneurs eurent un remord de leur fâcherie. Le sire de Couzan invita celui de Sauvain à une paix qui ne fut pas de pail et lui donna une fête à grand carillon.

    - C’était encore l’affaire du diable, n’est-ce-pas Sauvagnarde. Ceux qui avaient suivi la mission se redammèrent, on redansa, on but, le lutin démenait l’archipot.

    - Peut-être bien ! Les deux chevaliers s’assirent l’un à côté de l’autre, s’embrassèrent, se prirent les mains, burent dans le même verre. Mais marches-tu, bidet mon ami… Ah ! voilà le pont passé !

    - Comme vous dites cela ! bourgeoise, vous avez donc peur ?

    - Oh ! non, non mais on ne sait pas. L’endroit est désert et puis je ne vous connais pas.

    - Bon, vous m’allez prendre pour le diable… Continuez gentille Sauvagnarde.

    - On faisait donc grande fête, les bonnes femmes pleuraient avec leurs maris, le marguillier sonnait les cloches, les gendarmes s’essuyaient les yeux avec leurs buffleteries, tout le monde était content.

    - Mais vous poussez votre bête trop vite. Sauvargnarde. Oh ! quel coupe de sabot !.

    - L’endroit n’est pas rassurant : et il était tard quand le seineur de Sauvain s’en alla de la fête tout seul ; il avait le cœur à  l’aise, jetait sa rancune aux buissons et cheminait droit au gué de la rivière. Tout à coup arrive un chevalier, lance fourchue, tête de fer ; ses gants laissent pointer ses griffes :

     « En garde, Sauvagnard » , crie-t-il. « Traîte, maudit Couzan, tu viens m’assassiner. Oh ! Notre-Dame, je vous fait vœux, si je suis vainqueur, d’élever ici un pont pour les voyageur en détresse ». « Et moi , criaCouzan, je me recommande aux Fayettes et au diable. Ah ! Je vais donc pouvoir me venger, damnation, je tiens mon ennemi ! Lucifer me fasse le plus fort, je me donne au diable ! » Sauvain d’un coup d’épée tomba en criant« Notre-Dame ! Mais il avait enferré Couzan à la gorge, et le traîte roula ensanglanté dans les gourds.

    « Notre Dame de Sauvain, dit le chrétien se relevant : je vous fais vœu de bâtir ici un pont, j’ai occis ce démon, que ce soit le Pont du diable ».

     

    -   Ce n’est donc point planche d’amour, Sauvagnarde ma mie !

    -   Adieu vous comand, notre galant !

     

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     Frédéric Noëlas (cité par Jean Tibi, N° 7 de Musée et patrimoine de Roanne et sa région)
    PONT DU DIABLE 5

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