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  • TRAVAIL DIMANCHE 5
     

    Dans les conséquences funestes de la profanation du dimanche, une part très grande et spéciale de responsabilité revient aux acheteurs. Il est bien évident que tous les magasins seraient fermés, que tous les négociants et leurs employés jouiraient du repos du dimanche s'il n'y avait pas d’acheteurs. Contradiction lamentable ! Étrange et honteux mystère de notre nature humaine ! Cette profanation du dimanche qui est, je l'ai démontré, un crime contre l'ouvrier et sa famille, un crime religieux, social et national, un crime sans excuse, des hommes, des femmes qui prétendent être honnêtes, qui prétendent être catholiques, et même catholiques zélés, lui donnent un concours sans lequel elle disparaîtrait immédiatement avec tous ses désastres et toutes ses hontes. Ces prétendus catholiques, ces prétendus honnêtes gens, qui parlent avec tant d'émotion de l'ouvrier, sont sans entrailles pour ces multitudes d'ouvriers et d'employés qu'ils condamnent à un travail sans repos. Voici, d'un côté, toutes les conséquences déplorables, effrayantes du travail du dimanche, et voici, de l'autre, ce plaisir, cette satisfaction, ce raffinement de gourmandise, cette vanité qui veut être satisfaite à tout prix,

    TRAVAIL DIMANCHE 3

    en un mot, ce criminel égoïsme qui ne veut accepter aucun sacrifice, aucune privation. Nous ne voulons pas nous priver, le dimanche, de petits pains frais et de pâtisseries sortant du four. Nous ne voulons pas renoncer à ces robes qui ne peuvent être achevées que par le travail de la nuit et du dimanche. Nous ne voulons pas favoriser les négociants qui respectent la loi de Dieu et renoncer à enrichir ceux qui condamnent leurs employés à un travail incessant. Nous ne voulons pas faire la moindre démarche pour seconder la réforme que vous nous demandez au nom de Dieu. Vous nous parlez de l'ouvrier, de l’employé et de leurs familles, de liberté et de justice, de religion et de patrie. Qu'est-ce que tout cela on comparaison de nos habitudes, de nos aises, de notre orgueil et de notre égoïsme ? En vérité, ô honnêtes gens, ô catholiques, ô chrétiennes qui proclamez si haut votre sensibilité et votre charité, vous méritez ces paroles sévères de Proudhon : «  Je méprise, disait-il, ces faiseurs d'homélies sanglotantes, ces amis du peuple, ces amis de la classe ouvrière, ces amis du genre humain, ces philanthropes qui méditent à leur aise sur les maux de leurs semblables et qui souffrent au soin de leur molle oisiveté de ce que le peuple n'a que six jours de fatigues ! » C'est surtout aux femmes dont la vanité et l’égoïsme imposent à de pauvres filles le travail de la nuit et du dimanche que s'adresse ce passage d'une chanson anglaise exprimant les souffrances des esclaves de l'aiguille ; « Hommes qui avez des sœurs que vous aimez, hommes qui avez des épouses et des mères, ce n'est pas du linge que vous usez chaque jour, ce sont des vies de créatures humaines. Pique ! Pique ! Dans la pauvreté, dans la faim, dans la fange! Cousant à la fois, avec un double fil, un linceul aussi bien qu'une chemise. » Prétendriez-vous que votre responsabilité n'existe pas parce qu'elle disparait dans le nombre si considérable de ceux et de celles qui agissent comme vous ? Étrange morale, en vérité! Où avez-vous appris que le nombre de ceux qui s'unissent pour commettre l'iniquité et qui les rend plus puissants pour le mal détruit la responsabilité de chacun ? Où avez-vous appris qu'une société qui se formerait pour dépouiller et écraser le faible écarterait, par le nombre très considérable de ses membres, la responsabilité qui pèse sur eux ? Admettez-vous pour vous-mêmes, pour vos intérêts et vos droits, une pareille morale? Moi, je vous dis, avec la justice là plus élémentaire et le simple bon sens, que vous avez une part redoutable de responsabilité dans la profanation du dimanche et dans ses conséquences funestes. Je vous dis que votre conscience ne peut être en paix, que votre piété et votre charité sont hypocrites, puisqu'elles se contredisent si impudemment. Je vous dis que vous êtes Voilà la cause première de l'impuissance des catholiques et des honnêtes gens, l'explication de tant de défaites. Des protestations bruyantes à la place de l'action sincère, égoïsme repoussant l'effort et le sacrifice, l'inertie que rien n'émeut, la lâcheté qui recule toujours, l'obstination que ne peuvent vaincre les suprêmes périls. Parmi les acheteurs dont l'obstination s'oppose à la grande et nécessaire réforme que nous réclamons, nous devons compter les habitants des campagnes qui viennent acheter le dimanche à la ville et de grands négociants qui consacrent chaque année des sommes considérables à solliciter, par les publications et les réclames les plus attrayantes, les habitants des campagnes à venir acheter chez eux ce jour-là. Ces négociants sacrifient ainsi à leurs intérêts matériels, à leur amour implacable du gain, les intérêts les plus élevés de ces populations. C'est ce qu'il importe souverainement de faire comprendre. Il faut que MM. les curés répètent sans cesse sur ce point leurs démonstrations et leurs exhortations, et s'efforcent d'arrêter un pareil courant. En effet, les villageois qui viennent à la ville le dimanche s'imposent d'abord les dépenses du voyage. Ils manquent très souvent à la sainte messe et aux offices religieux. Ils font dans les cafés et les auberges des dépenses souvent considérables et prennent l'habitude des boissons alcooliques. De l'aveu des négociants eux-mêmes, ils achètent presque toujours des objets qui n'ont aucune sérieuse utilité, des objets de fantaisie et de luxe Que les habitants des campagnes n'objectent pas qu'ils ne trouvent pas dans leurs villages ce qu'ils veulent acheter : ce n'est là généralement qu'un très mauvais prétexte. Nous venons de dire quels objets ils achètent ordinairement à la ville le dimanche. Pourquoi ne font-ils pas gagner les négociants de leurs villages ou de leurs petites villes ? On paie plus cher dans nos campagnes, dira-t-on. — Ceci n'est pas toujours exact. Et puis, à quel prix vous reviennent les objets achetés à la ville, si vous tenez compte du prix du voyage, des dépenses du café et de l'auberge et d'autres dépenses encore? Et d'ailleurs, les habitants de la campagne ne viennent-ils pas dans les villes les autres jours de la semaine aux foires et aux marchés, où ils vendent souvent leurs produits pour 2 ou 3 franc, tandis qu'ils dépensent 8 francs, 10 francs, et plus encore ? Dieu veuille qu'ils ne trouvent pas le dimanche à la ville d'autres périls et qu'ils n'y laissent pas, avec une part de leur petite fortune, leurs croyances et leur vertu. Aussi, non seulement le clergé, mais tous les hommes influents qui s'intéressent au sort de nos cultivateurs, doivent lutter avec énergie et persévérance contre ces habitudes qui sont pour les habitants de nos campagnes un véritable fléau.

                                                      Ch. TURINAZ,  Evêque de Nancy et de Toul.

    TRAVAIL DIMANCHE 6


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  • TRAVAIL DIMANCHE 4

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  • A PAUVRES 2
     
    AIDONS LES PETITS FRERES DES PAUVRES
     
    A PAUVRES 1
     
    AUJOURD'HUI NOUS ALLONS BIEN : MAIS DEMAIN ?
     
    A PAUVRES 3
     

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  • SOIR D'OCTOBRE  1
     

    SOIR  D’OCTOBRE

     

    Soir d’octobre ! Le vol attardé des palombes

    Tourne dans le ciel mauve au ras de chênes bleus ;

    Le village dissout ses pignons anguleux

    Autour du froid clocher qui veille sur les tombes.

     

    Un chariot qui crie emporte, vacillant,

    La dépouille des bois sur la route déserte,

    Et, dans le vide obscur de la campagne inerte,

    Un paysan lointain chante un vieil air dolent.

     

    La romance se perd, ineffablement triste,

    Derrière le brouillard qui monte des guérets,

    Laissant de longs échos et de vastes regrets

    Dans l’âme où la lueur de l’enfance persiste.

     

    Aux vergers, par instants, la chute d’un fruit mûr

    Retentit : le retour d’une génisse tinte ;

    Comme la nue en feu, la rose s’est éteinte.

    Et lasse, au vent furtif, s’effeuille sur le mur.

     

    L’heure est douce et, pourtant, de l’amertume traîne

    Dans l’air où les celliers épandent leur odeur,

    Car le fruit ne vaut pas l’ivresse de la fleur.

    La tige n’atteint point au désir de la graine.

     

     

    Les songes d’un passé vibrant d’illusions

    Et les vaines ardeurs d’une jeunesse veuve,

    Ainsi que les fanaux aux berges d’un grand fleuve

    Projettent dans le cœur de vagues visions.

     

    La barre du couchant, déjà, s’est embrunie

    Et la nuit douloureuse a voilé les hameaux.

    Seule, dans le silence, à travers les rameaux

    Une cloche lointaine annonce une agonie.

     

                         Joseph POMIE


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