• 50 ans d'archives expliqués par le Docteur Broisin


     

    50 ANS D’ARCHIVES LOCALES DE SAINT-SYMPHORIEN-LAY<o:p></o:p>

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    par le Docteur Jean Broisin<o:p></o:p>

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    (Causerie du 2 avril 1966 à la mairie de Saint-Symphorien-de-Lay)

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    Nota : Le docteur Broisin nous a quittés en novembre 2005, sa disparition est une perte énorme pour les Chemins du Passé où il oeuvrait depuis la création. Ancien maire de Pradines, il était aussi un des responsables du Centre de transfusion de sang de Roanne et l’auteur avec le Père Mancey d’un important ouvrage faisant toujours référence sur « les Faïences de Roanne »

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                                              Mesdames, Messieurs,

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         Le passé nous a laissé d’innombrables témoignages de l’activité des générations qui nous ont précédé, malgré les disparitions et les destructions dues au temps et aux hommes. Si l’on veut se donner la peine de faire des recherches patientes et minutieuses, pour faire revivre les temps révolus, il est rare que l’on aboutisse à rien. Ainsi de trouve vérifié le proverbe qui dit » qui cherche trouve ». Mais le proverbe ne précise pas en combien de temps on trouve. Je dirai seulement à ce propos que seule la ténacité est récompensée.

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       Selon l’époque étudiée, le chercheur doit orienter son activité, vers les fouilles, l’étude des monuments, la lecture des écrits du temps, les archives, pour ne citer que quelques voies qui lui sont ouvertes. De toutes façons, il doit toujours s’appuyer sur des preuves impeccables, car, en matière de résurrection du passé, il n’y a pas de place pour l’imagination.

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       Donc, toute tentative supérieure de faire revivre le passé doit s’appuyer sur des faits, sur des témoignages surs, contrôlables, donc l’origine est facile à retrouver et à vérifier par quiconque le désire. Je pense que je ne serai pas contredit par les chercheurs qui sont ici, si j’avance que tout ce qui est écrit sur le passé, doit porter l’indication d’une source, je veux dire la référence des archives où le fait a été trouvé, ou, par exemple de la fouille d’où provient la pièce qui est décrite. J’oserai ajouter que trop souvent les écrits sans références contrôlables ne servent qu’à propager des erreurs qui se recopient de siècle en siècle.

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       Je dois vous parler ce soir des registres Paroissiaux en particuliers. Ces documents donnent au jour le jour, l’Etat-Civil d’une paroisse. Toute mention d’un individu, d’un métier, ou d’un fait qui s’y trouve consigné, peut être aisément vérifiée par la seule indication de la date à laquelle on l’a rencontrée, et en disant aussi, naturellement, dans le registre de quelle paroisse on l’a trouvé. Ainsi les registres paroissiaux apportent des documents parfaits du point de vue de l’authenticité.

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       Avant d’entrer plus avant dans le sujet, je veux en quelques mots vous préciser ce que sont ces archives. Des registres paroissiaux, sont des livres. Ce sont des livres, ce ne sont pas des feuillets. Ils sont le plus souvent, et presque toujours reliés. Ce sont des livres dont certains datent du XV° siècle. Ils étaient tenus par le clergé qui y inscrivait les baptêmes, les mariages, et les enterrements.

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       Le pouvoir Royal, et l’autorité diocésaine, réglementaient la tenue des registres paroissiaux au XVI° siècle, et, en particulier, ils interdirent toute autre preuve de l’Etat Civil des personnes. Cet état de fait dura jusqu’à <st1:personname productid="la Révolution" w:st="on">la Révolution</st1:personname>, où l’Assemblée Constituante décréta que désormais, ce serait les autorités civiles qui établiraient l’Etat Civil.

       Malgré des immenses destructions d’archives, que les siècles ont accumulées, les registres paroissiaux ont été le plus souvent bien conservés, et je crois que cela tient au fait qu’ils contenaient seuls les preuves de l’Etat Civil des personnes.

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       Je voudrais vous montrer, assez rapidement, qu’en s’appuyant sur l’histoire, l’histoire générale, sur l’histoire de notre région, il est possible, par l’étude des archives, et plus particulièrement des registres paroissiaux, de faire revivre la vie d’autrefois.

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       Je tiens à vous dire, avant de m’engager plus avant, que je ne vous parlerai pas en archiviste. Je n’en ai, ni le savoir, ni la compétence. Je n’ai qu’une modeste expérience qui se borne à avoir lu des milliers d’actes depuis des années.

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       Nous allons envisager une période de 50 ans, allant de 1685 à 1734 à Saint-Symphorien. Pourquoi cette date de  1685 ? Tout simplement parce-que les registres que j’au pu consulter commençaient à cette date.

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       Nous allons donc découvrir certains aspects de la vie à Saint-Symphorien-de-Lay à la fin du règne de Louis XIV, sous <st1:personname productid="la Régence" w:st="on">la Régence</st1:personname>, et au début du règne de Louis XV.

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       Au cours de ce demi-siècle, il y a eu 3824 naissances, 726 mariages, 3306 enterrements, ce qui correspond à peu près à 7824 actes. Je dis « à peu près », parce-que les baptêmes de jumeaux sont consignés dans un seul acte, et que dans les périodes de grandes mortalités, il y a souvent plusieurs enterrements dans le même acte.

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       Cela fournit une masse de renseignements qui peuvent être analysés de plusieurs façons. Tout d’abord du point de vue de la démographie et de l’Etat Civil. L’établissement d’un graphique montrant les variations du nombre des naissances (les naissances sont tracées en rouge, les enterrements en bleus et les mariages en vert) pourrait presque se passer de commentaires. Pourtant l’on remarque au premier coup d’œil, les mortalités exceptionnelles de 1693 (il y a eu 133 décès) et l’année suivante 1694 (il y en a eu plus de 250) et celles qui correspondent aux années 1709 et 1710.

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       L’histoire nous apprend qu’en cette fin du règne de Louis XIV les malheurs abondaient et que 1694 et 1709 furent deux années terribles où sévirent la famine et une immense misère. Des hivers exceptionnellement rigoureux détruisirent les récoltes les fleuves furent gelés, ils servaient beaucoup, à ce moment-là, aux transports des marchandises, surtout des marchandises lourdes, et cela ne permettait aucun transport.

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       Nous en voyons donc déjà la répercussion à saint-symphorien-de-lay. Il y a eu 257 enterrements en 1694. Tous ces morts ne sont pas de Saint-Symphorien-de-Lay. Beaucoup sont des malheureux chassés par la misère, de leur pays, et qui, meurent de dénuement en passant par ici. Des registres nous apprennent qu’ils sont de Joux, de Chirassimont, de Machézal. La plupart sont des inconnus. Peut-être ces malheureux essayaient-ils de gagner Roanne pour y trouver du secours. Dans le reste de la province, d’ailleurs, les populations affamées affluèrent sur Lyon pour profiter des œuvres charitables de cette ville, de l’aumône générale. C’est pour ça que je pense peut-être que les gens qui descendaient, partaient, fuyaient la montagne pour aller à Roanne où ils espéraient trouver la nourriture qui leur manquait.

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       Les décès sont particulièrement nombreux au moi de Mai 1694. Il y a 40 enterrements, et en Juin 1694, la même année, il y en a 56.

       Les registres paroissiaux se font l’écho de ce malheur. Si nous les ouvrons, nous pouvons lire en 1694 : le 4 <st1:personname productid="mai Toinette ROLIN-FAGOT" w:st="on">mai  Toinette ROLIN-FAGOT</st1:personname>, 6 ans, Jeanne, 13 ans, autre Jeanne, décédées de misère – 14 mai : enterré 5 personnes inconnues – 18 mai : enterré un petit garçon d’environ 11 ans, mort de misère dans la boue taudière de Bénard.

    Le 19 mai : JEAN, 12 ans et Catherine, 11 ans, VADOUX mort de misère –21 mai : deux pauvres femmes inconnues mortes de misère du côté de Ronffin – 24 mai : une pauvre femme de Pradines, et une pauvre inconnue – 27 mai : un homme inconnu trouvé mort de misère dans un près de Marigny – 1 juin : 5 petits enfants morts de misère.

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       Ce ne sont pas seulement les décès du mois de Mai. Je passe sur les décès des gens de Saint-Symphorien-de-Lay qui ont été enterrés, pour ne citer que le décès de gens inconnus, ou lorsque le prêtre qui a rempli le registre a réellement marqué « mort de misère ». Vous voyez que toujours reviennent ces trois mots « mort de misère ».

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       En 1709, année également terrible où il y a eu 170 décès, le curé a renoncé à transcrire tous les enterrements, et, à la fin de l’année, il a écrit de sa main à la fin du registre : « Nota : que cette année 1709, il est décédé plus de 100 pauvres, qui ont été insérés dans ce registre ». Donc si l’on ajoutait ces 100 personnes aux 170 dont je vous ai déjà parlé, on aurait  270 décès, donc 270 enterrements, ce qui fait plus qu’en 1693.

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       Notons, donc que cette année 1709, il est décédé plus de 100 pauvres, qui n’ont pas insérés dans le registre, et c’est pour ne pas savoir leur nom, ou pour les avoir apportés à la porte de l’église sans les nommer.

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       La misère a était si grande qu’on ne saurait l’exprimer, la mesure de seigle a valu jusqu’à <st1:metricconverter productid="6 livres" w:st="on">6 livres</st1:metricconverter> 10 sols. Les trois-quarts de la paroisse, et pour le moins, ont vécu de pain de fougères, pain de glands, pain d’écorces, pain d’avoine, d’orge etc. Le vin a valu <st1:metricconverter productid="33 livres" w:st="on">33 livres</st1:metricconverter> l’année. Le curé et le vicaire ont mangé du pain de seigle pendant l’année et bu du vin de paroisse blanc tiré avec une corde. On ne recevait pas un liard de la paroisse et l’église ne pouvait pas entretenir une lampe que le dimanche à la messe. Les habitants entendaient la messe de leurs maisons à cause des voleurs.

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       Voilà n’est-ce pas un renseignement de première main qui n’a pas besoin d’être commenté.

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       Toute <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> est décimée par la famine en ces deux années. Des traits semblables à ceux-ci se retrouvent en particulier dans la région Roannaise, ou par exemple, dans les environs de St-Just-en-Chevalet, où ils sont mis en lumière par monsieur l’Abbé Canard.

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       Les mortalités exceptionnelles entraînent, naturellement, une baisse des natalités, qui n’est  peut-être pas sensible en 1694, mais qui est beaucoup plus sensible en1709, et aussi une baisse du nombre des mariages.

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       Voilà donc une série de renseignements que peut nous donner l’étude des registres paroissiaux, lorsqu’on veut bien les rapporter à l’histoire générale ou à l’histoire locale.

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       Il est possible de tirer bien d’autres enseignements de ce graphique, et d’y trouver en particulier d’autres sujets de recherches. Je ne vous en signalerai que quelques-uns au passage.

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       On sait que les grandes mortalités dépeuplèrent presque complètement certaines régions de France. Il ne semble pas qu’il en soit ainsi à  Saint-Symphorien-de-Lay. Si l’on veut bien considérer les courbes de naissances et des mariages, qui se relèvent assez rapidement, après ces calamités, un peu moins rapidement  après 1710, ce qui peut être, je pense, une séquelle de la première mortalité en 1709 n’avaient que 14 ans, donc n’étaient pas d’âge à se marier, c’est peut être pour cela qu’il y a un tel faiblisse ment dans la courbe des naissances.

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       Des comparaisons avec les paroisses voisines seraient instructives très certainement.

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       Une autre confrontation semble assez curieuse, c’est celle du nombre des décès à ROANNE et à SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY. Faute de temps, je n’ai pu l’établir sur un grand nombre d’années. Je ne peux citer que ces quelques chiffres pour ROANNE : ROANNE en 1707, il y a eut 96 décès, ce qui correspondrait à 87 pour SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY, donc il y aurait une différence de10. En 1708, il y eut à ROANNE  87 décès, à SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY 43. En 1709, il y en eu 214 à ROANNE, 170 SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY, mais, est-ce que ce sont uniquement des décès de « roannais » ? Là je ne peux dire que ces 170 décès de 1709, sont des décès certainement uniquement des gens de SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY, puisque, comme je vous l’ai dit, le curé à pris soin de nous dire que, les pauvres qu’il avait enterrés et dont il ne savait pas le nombre, il ne les avait pas marqués.

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    Donc, les chiffres semblent quand même se suivre, et en 1710à Roanne, il y a 133 décès, et à Saint-Symphorien-de-Lay, il y en a 140.

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       Je me propose de continuer la comparaison, qui pourrait peut-être fournir des données sur les populations respectives des deux localités. Sans vouloir abuser de votre attention, je veux vous citer encore quelques chiffres, sans vous imposer le détail des calculs, que je tiens pourtant à la disposition de qui voudrait les connaître.

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       La durée de vie dans la population de  Saint-Symphorien-de-Lay pendant cette période est de 28 ans. Actuellement, elle dépasse assez notablement 60 ans. La mortalité infantile est effroyable. Sur 100 personnes enterrées 30,7 % sont des enfants qui ont de 1 jour à 11 mois. Il y en à 56% qui ont de 1 jour à 10 ans, et 95% des mors ont moins de 31 ans, ce qui est normal puisque la moyenne en réalité est de 28 ans.

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       Ces calculs ont été possibles du fait que, dans la grande majorité des cas, les actes de décès portent mention de l’âge de la personne décédée. Il a été possible de les vérifier, au bout d’un certain nombre d’années, quand  c’était des décès d’enfants qui étaient morts dans leur 4,5 ou 6° année, et c’était toujours juste.

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       Par ailleurs, j’ai essayé d’établir la fréquence approximative des naissances, sur une période de 35 ans, et je trouve qu’il y a environ 1 naissance, dans une majorité de famille, tous les 17 mois

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       La natalité est évidemment très forte. Vous pouvez remarquer qu’ici c’est 83 par an, ici, il y a eu 108 naissances dans l’année, ici 100 naissances, là c’est descendu à 32, mais c’était une période vraiment terrible.

    D’ailleurs cette moyenne de naissance d’une tous les 17 mois semble un peu forte, parce qu’on donne à ces époques, dans d’autres sociétés semblables, une naissance environ tous les 20 mois.

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    L’extrémité du graphique semble montrer un écart croissant entre les naissances et les enterrements, au XVIII° siècle, où a augmenté la population européenne et surtout la population française. Est-ce à l’amorce de ce phénomène que nous assistons à Saint-Symphorien-de-Lay ? Cela est possible, car à la fin du graphique, le chiffre des décès a tendance à remonter dangereusement. La suite de l’étude nous le montrera.

    Voilà ce qu’on peut dire de la démographie en ne considérant que les chapitres les plus importants.

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    Venons-en maintenant si vous le voulez, aux individus, à leurs métiers, et à leurs noms de familles. Dans chaque acte, les noms des personnes sont cités ; un ou plusieurs. Dans un acte de baptême par exemple, on commence à citer le nom de l’enfant, et on dit « fils d’untel et de une telle et dont le parrain a été un tel et la marraine a été une telle et quelques fois il y a des témoins. Du mariage naturellement, on cite le nom de deux époux, leurs parents, et à l ‘enterrement, on cite le nom de la personne qui est enterrée, et quelques fois il y a des témoins.

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    Donc on rencontre des quantités de noms de famille, et de prénoms.

    Malheureusement, le prêtre qui dresse l’acte n’a pas toujours indiqué le métier ou la profession de l’intéressé. D’ailleurs, il n’y été pas tenu. Il est rare de savoir ce que faisait la personne dont il était question dans l’acte bien souvent, et cela est bien dommage.

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    Combien de noms trouve-t-on durant ce demi-sièclee ? Je n’enai pas fait le compte exact, mais je peux les évaluer à plusieurs milliers et pour être plus précis, ils sont de 15 à 20 000.

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    Bien sur très souvent, paraissent les mêmes noms et si l’on prend un individu à son mariage, ce qui va paraître dans l’acte, et puis, étant donné la fréquence des naissances il est à peu près  probable qu’on va le retrouver l’année suivante baptisant sa fille ou son fils, et puis peut-être l’année  après… jusqu’au jour, évidemment, où on le retrouvera dans son acte de décès.

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    Mais, entre-temps il est peut être encore parrain, et encore témoin d’un mariage, d’un enterrement. Il peut donc paraître plusieurs fois, ce qui explique ce nombre un peu extraordinaire de noms que l’on rencontre dans une population qui, de toutes façons, était réduite.

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    Le premier problème qui se pose est de différencier toutes ces personnes. Ce n’est pas un petit problème. Il est possible de le faire en notant le métier, lorsqu’on le connaît, et surtout, ce qui est assez fréquent car il y avait peu de célibataires en ce temps là, le nom de la femme de l’individu qu’on a trouvé.

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    Le métier, mis à part une dizaine d’exceptions est toujours un métier d’homme. Les familles sont très nombreuses, ce qui complique beaucoup la tache, il y a de nombreux homonymes, par exemple à la même époque, et autour de 1701, 1702,1705, il  doit y avoir 5 personnes qui s’appellent Jean Rodet et je suis sur que ces 5 Jean Rodet qui vivent à la même époque ne sont pas les mêmes puisqu’ils ont tous une femme différente.

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    Donc, en notant les noms et les prénoms des individus, leurs métiers, quand on les connaît ou leurs professions et en y ajoutant le nom de leurs femmes, il a été possible d’établir 834 fiches. Toutes ces fiches peuvent avoir un intérêt au point de vue des noms de famille. Je n’ai pas cherché à faire des recherches généalogiques, mais simplement une étude sur les métiers.

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    Voici comment ces métiers se répartissent. D’abord les métiers de l’agriculture, qui comprennent les laboureurs, les fermiers, les locataires, vignerons (il y a très peu de vigne) les jardiniers, les meuniers. Les meuniers sont très nombreux. Pendant cette période de 50 ans j’en ai trouvé 34.

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    Tous les individus qui travaillent dans ces métiers sont 358, donc plus de 40% des fiches que j’ai trouvées (pas de la population mais des fiches). Ensuite, il y a les gens qui travaillent dans le tissage. Il y a 75 tisseurs. Ce n’est pas beaucoup, 17 sont aussi des laboureurs. L’Abbé Prajoux, déjà, avait noté que, dans la région, les gens étaient bien souvent laboureurs et tisseurs. D’ailleurs, quelques-uns uns sont encore laboureurs et tisseurs.

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    Enfin dans ces métiers du tissage, j’ai trouvé un futenier, 7 blanchisseurs de toile, 4 marchands drapiers, 1 marchand toilier, 3 peigneurs de chanvre, donc, ce qui prouve que dans la région on devait cultiver le chanvre puisqu’on avait à le peigner (on le cultivait d’ailleurs dans toute la région, c’était assez connu à ce moment là) et toutes ces personnes feraient à peu près 10% des riches.

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    Il y a aussi les métiers en rapport avec la route. La route devait être, quand même, non pas l’affaire principale de Saint-Symphorien, mais devait être la grande affaire de Saint-Symphorien, et au point de vue historique, devrait nous amener à faire des découvertes intéressantes. C’était la grande route de Paris à Lyon et à l’Italie.

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    Il y a 5 celliers, 5 charrons, 13 maréchaux, 3 postillons, 1 garçon de poste, 1 commis au bureau des postes, et puis il y a 25 personnes tenant, je n’ose pas dire ce que l’on appellerait maintenant « hôtels », mais il y avait 25 hôtes. D’ailleurs la maison qu’ils tenaient devait être d’importance plus ou moins grande, car, de temps en temps, on retrouve les uns ou les autres cabaretiers.

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    Et enfin, nous devons savoir pourtant qu’il y avait à  Saint-Symphorien certains relais importants. Il en reste d’ailleurs un, qui est un beau vestige du passé, et qui est l’hôtel de <st1:personname productid="la Tête Noire." w:st="on">la Tête Noire.</st1:personname> Quelquefois on trouve le nom des logis. On trouve « Le Cheval Blanc » 3<st1:personname productid="La Bouteille" w:st="on">La Bouteille</st1:personname> », la « Tête Noire », « L’Ecu de France », « Le Louvre », « Le Lion d’Or », « Saint-Pierre ». Cette liste n’est certainement pas limitative. Peut-être y en avait-il encore, mais je n’en ai pas trouvé jusqu’à maintenant.

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    Il y a des gens qui travaillent dans l’Administration. Vous savez que Lay était une ville, et que c’était le siège d’une châtellenie. Pas mal de gens qui travaillaient dans l’Administration habitaient Saint-Symphorien, et ce sont des Procureurs fiscaux, c’est le châtelain de la châtellenie, etc. Il y a aussi la maréchaussée. En tout, ces gens-là sont au nombre de 26. Dans la maréchaussée, il y avait un lieutenant, un brigadier, trois cavaliers, un sergent, etc…

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    Il y a diverses professions : 40 marchands. Les marchands sont toujours un problème puisqu’on trouve toujours des marchands dans les registres paroissiaux, ou même dans les actes notariés. C’est un problème parce-que, en principe, hélas, on ne dit jamais marchand de quoi ils sont. On peu penser que dans des agglomérations ou dans des paroisses, qui étaient très rurales, les marchands étaient peut-être de gros fermiers. C’est possible, mais pas à coup sur, parce qu’il arrive, de temps en temps, de trouver des gens « marchands », « marchands » 4–5 fois à un baptême, à différents actes, et puis un jour on les trouve « hôtes » et puis une autre fois on les trouve « maître-tailleur d’habits », « cordonnier » 

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    10 boulangers, répartis sur les 50 ans.

    3 bouchers

    2 tailleurs de pierre

    10 maçons

    1 vitrier

    2 serruriers

    15 cordonniers

    15 tailleurs d’habits

    1 mercier

    1 tonnelier

    10 menuisiers ou charpentiers

    2 scieurs de long

    11 domestiques, dont 2 servantes

    11 chirurgiens et pharmaciens (il y en a un ou deux qui font étalage de tous leurs titres, et qui se disent « chirurgiens-jurés »).

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    C’est vers 1690-1700 que les chirurgiens de Roanne se sont fondés jurande. Est-ce que ce chirurgien en faisait partie ? Je ne le crois pas en réalité. Il dit qu ‘il est chirurgien-juré de Villefranche. Peut-être faisait-il autre chose que simplement saigner les gens. Souvent les chirurgiens étaient en même temps pharmaciens, c’est à dire qu’ils vendaient des drogues et préparaient des médicaments. C’est pour cela qu’il y avait 11 chirurgiens et pharmaciens.

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    Il y a 5 mères-sages (ce sont des sages-femmes).Les sages-femmes sont comme les pharmaciens en ce temps-là. Ce n’était pas des sages-femmes diplômées, mais qui aidaient aux accouchements.

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    1 docteur en médecine, qui est suivi d’un rhabilleur de corps humain

    5 notaires

    6 bourgeois

    32 ecclésiastiques, dont 3 curés.

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    I y a eu 3 curés dans cette période, et les vicaires ne restaient pas très longtemps à Saint-Symphorien.

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    1 mendiant, si tant est que ce soit un métier.

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    Ces fichiers m’ont permis de constituer la liste que je viens de vous énumérer. C’est fichiers ne représentent pas l’ensemble de la population, puisque, je vous l’ai dit, dans de très nombreux cas, les noms d’individus paraissent sans être suivis de l’indication du métier. Pourtant, elles donnent une vue assez juste de l’activité des gens de Saint-Symphorien, à une période considéré.

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    Certains ecclésiastiques, en particulier les curés, bien souvent mettent la profession, ou certains vicaires mettent la profession du père de l’enfant qu’on baptise, du parrain, du futur époux etc…

    Il se trouve que, les professions, lorsqu’on les met sur un graphique, on s’aperçoit qu’elles se retrouvent toutes à la même période naturellement à la période où le prêtre était là et les inscrivait. On arrive donc à avoir des échantillons des professions à Saint-Symphorien-de-Lay.

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    On a ainsi presque tous les métiers de Saint-Symphorien-de-Lay, et la proportion est bien représentée.

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    Quant aux noms de famille, je ne peux, évidemment, les citer tous. Je ne vous indiquerai que ceux que j’ai relevés pendant 18 mois, au cours des années 1729 et 1730, à titre, si j’ose dire, d’échantillons. Quelqu’un étant de Saint-Symphorien-de-Lay depuis plus longtemps que moi en aurait retenu d’avantage. Ce sont des noms du pays, ou de la proche région, que j’ai reconnus. Je vous les cite, comme je les ai trouvés, sans être classés.

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    JALLON, LESPINASSE, SAUNIER, FABRE, BOURA, LAFAY, VALFORT, DESCHALAND, PIVOT, FESSY, GOUTTENOIRE, CHAT, BERNAND, MOINE, FROGET, BERNARD, DELORME, CHERPIN, MAGAT, DELAYE, RECORBET, DENIS, GALICHET, BOUQIN, CURIEU, LATA, PAPILLON, DAMAIS, PARDON, VIAL, DURET, DURAND, JOURNEY, DUPIN, THIMONIER, GIRAUD, TERRIER, GEORGES, BOULA, GIVRE, PERRON, PUISSANTR, TIVOYON, MARBALIN, DESVERNAY, DUPERRAY, DECHELETE, GOUTAILLER, THEVENON, FARJOT, RAFFIN, CHANELIERE, MASSON, ROMAGNY, REY, ANDRE, DUFAY, NOYEL.

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    Les passagers qui traversent notre pays sont parfois inscrits dans les registres paroissiaux, le plus souvent, hélas, parce qu’ils sont morts ici  et bien sur quand on était mort à Saint-Symphorien, en ce temps là, on y était enterré. Tel un cocher de la diligence de Paris, un maître-tailleur de la province de Lamarche, un maçon d’Auvergne, (je ne vous cite pas leurs noms, cela a peu d’importance), un soldat, qui passait, (et même un jour un habitant de Saint-Symphorien, fut un jour tué par un soldat d’un coup de fusil), des forçats, parce que la chaîne des forçats passait là en se rendant à Toulon (ces gens qui étaient condamnés aux galères voyageaient, naturellement sur la route, à pied, et on les trouvait dans les périodes de grandes disettes, de grande mortalité), un Messager de Tours, un marchand-mercier de Tours.

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    Parfois c’est à l’occasion d’un baptême qu’on voit passer des étrangers. Par exemple : 1°septembre 1721, baptême de Jean-François, fils de Pierre Forby, et de (je n’ai pas pu lire le prénom) Forcey, se disant « du Royaume d’Ecosse », allant à la ville de Lyon.

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    Mesdames, Messieurs, voici très rapidement exposé, et très partiellement, comment les registres paroissiaux éclairent notre passé. Cet exposé vous a peut-être paru bien froid, et peut-être auriez-vous préféré plus d’anecdotes, plus de mouvements, plus de vie.

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    Cela se trouve dans d’autres archives, en particulier dans les Minutes de notaires, qui abondent en renseignements et en faits  pris sur le vif, descriptions d’intérieurs, de mobiliers, de vêtements, d’outils, de marchandises, de richesses et parfois bien sur de pauvreté. Contrats de mariages, testaments, ventes, contrats de toutes sortes ! On faisait beaucoup dans ces époques de contrats de mariages. Les gens les plus humbles faisaient faire un contrat de mariage, et on voit les choses assez misérables qu’ils apportent dans leurs mariages, et beaucoup de gens, de même faisaient un testament.

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    Donc, tous cela permet, si j’ose dire, d’entrer dans l’intimité de ces siècles passés.

    Ces archives notariales sont d’une richesse inépuisable. Bien d’autres archives existent ; justice, maréchaussée, baillage. Je vais vous donner un petit échantillon, pour vous montrer que ces archives sont beaucoup plus vivantes que les registres paroissiaux, qui donnent des renseignements assez secs, tiré des archives de la bibliothèque de Roanne, que j’ai trouvé, il y a déjà quelques années. C’est le Bureau des Conciliations. Ce n’est pas dans l’époque où nous sommes, mais c’est un exemple que je vous donne.

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    22 mai 1793, An II de <st1:personname productid="la République." w:st="on">la République.</st1:personname> « Est comparu Michel Augagneur, charpentier demeurant à Roanne, fondé de pouvoir de Jean-Joseph Fleury, aussi charpentier, lequel  a fait citer le Maire et Officiers Municipaux de Saint-Symphorien-de-Lay, aux fins de se concilier sur les demandes que ledit Fleury entend former contre eux en paiement en denier d’une quittance valable, la somme de <st1:metricconverter productid="990 livres" w:st="on">990 livres</st1:metricconverter> pour le prix de l’adjudication à eux donnée et exécutée pour la reconstruction du beffroi du clocher de Saint-Symphorien-de-Lay en 1787. Est comparu Gilbert Janson, maire de Saint-Symphorien-de-Lay, assisté d’Antoine Comby, membre du Conseil de la commune, lesquels, au nom de la dite  Municipalité de Saint-Symphorien-de-Lay ont répondu qu’ils ont  en leur pouvoir que depuis quelques jours, les rôles, qui on été faits par les habitants de la paroisse pour le paiement des dits ouvrages, que néanmoins, ils offrent de payer le dimanche dudit mois etc, etc… » cela s’arrange naturellement puisqu’on paye.

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    Enfin, au lieu de ne retenir qu’un nom, une profession, on arrive, dans un acte comme çà, à trouver le nom du Maire, et on sait que le clocher a été reconstruit, donc il avait été démoli.

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    Evidemment, ces archives sont plus vivantes et apportent plus de faits que les registres paroissiaux, qui eux, sont plus secs.

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    Pourtant je crois qu’il faut commencer à l’échelle d’une paroisse comme on disait avant <st1:personname productid="la Révolution" w:st="on">la Révolution</st1:personname>, par les registres paroissiaux, qui seuls apportent une masse de renseignements ne se rapportant qu’à cette paroisse. Il est nécessaire, d’abord de connaître la population d’un pays, ses activités, ses familles, et de la voir vivre un peu sur elle-même de l’intérieur, avant de chercher à connaître ses relations avec l’extérieur. En ce sens, les registres paroissiaux me semblent à la base de l’étude de la vie d’autrefois, dans une région, une ville, ou un village.
    <o:p></o:p> 

    Pour compléter la causerie du docteur Broisin, voici la description de se terrible hiver de 1709, Vougy est une petite bourgade qui se trouve à moins d’une dizaine de kilomètres de Roanne<o:p></o:p>

    Le "grand hyver" 1709 à Vougy (Loire)<o:p></o:p>

     par Thierry Sabot

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    "Le soir du six janvier, il commença à faire froid, et ce froid fut si extraordinaire et si violent pendant cinq à six jours qu’on disait n’en avoir jamais vu un semblable. Le temps se radoucit et il fit quelques pluies et neiges, qui rétablirent en apparence tout ce que la rigueur du froid avait beaucoup mortifié. Mais il survint un second froid vers le vingt janvier, qui fut plus violent et plus aigu que le premier qui fit beaucoup de mal, puisqu’il tua et fit mourir beaucoup de pauvres, qui, s’étant couchés se portant assez bien, on les trouvait le lendemain matin morts par la rigueur du froid. Il mourut beaucoup de bétail, boeufs, vaches, chevaux, ânes, beaucoup de brebis et d’ agneaux. On crut que toutes les brebis et agneaux périraient et on fit tout ce qu’on put pour en échapper quelques uns. On les mettait auprès du feu ; on les y faisait manger, et où les étables ne se trouvaient pas assez chaudes pour empêcher le bétail de souffrir extraordinairement, le poil tomba à la plus grande partie des boeufs, des vaches, des chevaux et des ânes, de manière que les pauvres bêtes faisaient horreur. J’ai enterré une douzaine tant d’hommes que de femmes qui sont morts par la violence du froid. J’ai oublié de parler de la quantité en poules, dindes, oies qu’on a trouvées mortes de froid, dans les génissiers, aussi bien que de petits oiseaux de toutes espèces qui se retiraient dans les maisons pour se mettre à couvert et se garantir du froid. On a trouvé beaucoup de perdrix, de lièvres ainsi que beaucoup de petits oiseaux morts par le froid, et jamais on n’a vu moins d’oiseaux dans les campagnes surtout au printemps de 1709 et 1710. Ce n’est pas encore le plus grand mal que nous a fait l’hiver. Voici le fléau violent. Tout ce qu’on avait semé en blé, froment et autres grains qui passent l’hiver en terre gela entièrement et universellement dans tous les meilleurs pays et provinces du royaume ; si bien qu’on ne recueillit aucun blé ni froment, pas même pour semer en 1710. Il y eut quelques particuliers qui semèrent incessament après l’hiver quelques mesures du seigle qu’on appelle tramois et qui en cueillirent assez honnêtement pour le peu qu’ils avaient semé. Enfin la cherté du blé commença au moins de janvier 1709 et alla toujours en augmentant de prix jusqu’au mois de juin, si bien que le seigle se vendait au commencement de mai jusqu’à huit livres dix sols, mesure de Charlieu, et le froment neuf livres dix sols, le pain blanc cinq sols et demi et quatre sols celui de seigle gros pain. Jamais on n’a vu tant de pauvres misérables, tant de larrons ni de fripons. La pauvreté donnait lieu et inspirait à beaucoup de personnes à voler et à dérober. Les personnes qui avaient quelque chose avaient bien de la peine à empêcher d’être dérobées. On volait de nuit et de jour boeufs, vaches, moutons et meubles. On ne laissait rien dans les jardins. Il y avait très peu de personnes qui se trouvassent en état de secourir les pauvres par quelques aumônes. Les années précédentes, les pauvres étaient difficiles à contenter par l’aumône qu’on leur faisait et ils la méprisaient surtout lorsqu’on ne donnait que du pain ; mais ces deux années ils en ont demandé et ils n’en ont pu avoir que dans quelques maisons. Ils étaient bien aise lorsqu’on leur donnait une rave grosse comme un oeuf et ils la prenaient avec plus d’humilité et faisaient plus de remerciements pour cette petite rave qu’ils n’en faisaient pour une livre de pain lorsqu’il était commun. La famine a été si grande qu’on ne peut concevoir la quantité de personnes mortes de faim dans les chemins en allant demander l’aumône. Il y en eut beaucoup de dévorées par les chiens et les loups ; enfin il est mort pour le moins la moitié des habitants de cette paroisse. Il est resté très peu d’enfants. Il est peu resté de monde à Pouilly et à Nandax. De quatre cent dix communiants que j’avais en 1708, il ne m’en est resté que 240. Il se faisait beaucoup de pain de fougère, et en toutes les paroisses voisines, aussi bien qu’en celle-ci, on voyait à l’issue de la messe paroissiale, à la porte des églises, beaucoup de pains de fougères et de gaufres qu’on vendait assez chèrement. On vendait une gaufre un sol et deux sols la livre de pain de fougère. On n’avait jamais tant vu de ravanelles dans les terres qu’il y en eut cette année-là. Il s’en mangea une prodigieuse quantité. On en faisait cuire de grands pleins chaudrons, que l’on mangeait sans pain, sans sel et sans beurre. J’ai vu beaucoup de personnes ramasser des herbes dans les prés qu’elles mangeaient toutes crues. Il se mangea beaucoup de chiens et de chats que l’on écorchait ; on mettait la viande sur le gril, qu’on mangeait à moitié grillée. Il y en a beaucoup qui mangeaient la viande toute crue. Il ne se cueillit presque point de vin en 1709. Il fut extrêmement cher au mois de juillet et d’août de 1710. La botte de vin se vendait cent dix livres et s’est vendue jusqu’à cent cinquante livres. Des marchands de Fleury, au delà de Charlieu, en menèrent quelques pièces du côté d’Orléans qu’ils vendirent jusqu’à soixante escus. En 1710 il se cueillit assez de blé, seigle et froment pour le peu qu’on avait semé, mais beaucoup de menus grains, fèves, bréchères, orges, avoines, ce qui sera d’un grand secours, parce que l’on a semé et l’on sème la plus grande partie de froment et de seigle qu’on a cueillie. Il en est resté si peu, que les trois quarts des gens ne mangèrent que du pain d’orge, buchère et fèves. On n’a jamais vu faire si peu de vin et l’on ne l’à jamais vu si cher qu’en cette année 1710, en vendanges, car il se vend jusqu’à 60 sols la pièce, et c’est à qui des marchands de Paris et d’ailleurs pour en avoir."

    (Registre paroissial de Vougy, A.D. de <st1:PersonName productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:PersonName>).

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