• A cheval


     

    A CHEVAL
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    Buffon désigne le cheval comme la plus noble conquête de l’homme. Mais cette conquête fut longue et difficile. Il y a bien peu de siècles que les Européens savent tirer le meilleur parti de la force des animaux  de selle et de trait.

    Jusqu’aux environs de l’an 700, les Occidentaux ignorent l’usage de la selle et de l’étrier, employé par les Chinois depuis deux mille ans. Ce sont les Arabes qui font connaître au Francs, aux cours des combats qui les opposent, ces deux pièces du harnachement. A la même époque des inventeurs anonymes créent en Europe, la ferrure à clous. Ainsi naît, dans nos pays la monture moderne. Le cheval s’agrippe au sol sans user ses sabots. Le cavalier connaît plus de stabilité avec moins de fatigue qu’auparavant. La course de vitesse, la charge et le choc d’escadrons ennemis deviennent possible ; Dès le VIII° siècle commencent les temps de <st1:PersonName productid="la Féodalité" w:st="on">la Féodalité</st1:PersonName> et de <st1:PersonName productid="la Chevalerie. Le" w:st="on">la Chevalerie. Le</st1:PersonName> cheval règne sur toute l’Europe comme principal instrument de guerre.

    Autour de l’an Mille, une autre invention d’auteurs anonymes bouleverse l’attelage : le collier d’épaule. Auparavant les bêtes de trait portaient un collier souple, appuyé sur la gorge. La tête de l’animal était tiré en arrière. La menace d’asphyxie paralysait son effort. Maintenant le collier porte sur les muscles et sur les os à la base du cou. L’animal peut s’arc-bouter sur le sol et pousser sa tête en avant pour tirer la charge. La charge d’un véhicule passe ainsi de <st1:metricconverter productid="500 kilogrammes" w:st="on">500 kilogrammes</st1:metricconverter> environ à plusieurs milliers de kilogrammes. Il suffit de placer plusieurs bêtes « en flèche », à la queue leu leu, pour augmenter la puissance de l’attelage, alors que les Romains se contentaient de placer plusieurs bêtes « en ligne », sur un rang, sans augmenter de beaucoup le rendement de leurs chars. Le cheval devient dès lors un grand instrument de travail. Il tire aussi bien la voiture particulière ou publique que la charrue du paysan.

    Cette double révolution dans le harnachement du cheval de selle et du cheval de trait a d’immenses conséquences historiques. L’esclavage auquel on demandait, depuis la plus haute antiquité de fournir la force pour transporter et élever les plus lourdes charges peut enfin disparaître, après sa condamnation par le Christianisme. L’attelage et la monture du cheval donne un surcroît d’activité à l’Europe ; les plus mauvais temps de <st1:PersonName productid="la Féodalité" w:st="on">la Féodalité</st1:PersonName> sont passés après l’an Mille. Les hommes reprennent confiance et se risquent sur le chemins.

    La navigation fluviale et maritime décline au profit de la circulation routière, l’essor des transports est décisif avec le développement du commerce à partir du XI° siècle.

    Cependant le cheval reste longtemps un animal luxe, monture du riche, du soldat et du courrier jusqu’à <st1:PersonName productid="la Renaissance" w:st="on">la Renaissance</st1:PersonName> : quelques centaines de riches seigneurs possèdent des écuries immenses et quelques milliers de bourgeois ont de quoi atteler une voiture, mais le peuble va à pied et il n’y a que très peu de chevaux chez les villageois. Le Moyen-Âge distingue déjà le cheval de combat, le cheval de voyage, le cheval de selle ordinaire, le cheval de bât ou de labour. Mais prenons garde que leur type est peu différencié, quel que soit l’usage qu’on en fait, que leur taille reste petite et leurs qualités inférieures, comparées à celles que nous exigeons aujourd’hui. Les montures de louage, d’ailleurs médiocres coûtent cher, sans compter la nourriture.

    A partir du règne d’Henri IV la vogue du cheval ne connaît plus de limites. La bourgeoisie, l’église , le paysan aisé délaissent leurs anciennes montures pour se mettre au goût du jour. Silhouettes légendaires de la vieille France que celle du riche marchand courant aux affaires sur son cheval fringuant, du magistrat provincial partant lentement rendre compte à ses chefs au pas lent de sa jument, du « coq de village » (le riche fermier) se rendant à la foire voisine avec sa « jeune épousée » en croupe sur une méchante rosse maigre et efflanquée.

    Le mulet du médecin, la mule du curé de campagne, l »âne du meunier donnent maintenant prétexte à la fable et à la chanson.

    Le renouveau des transports stimule l’élevage du cheval (d’importateur le pays devient alors exportateur de chevaux). En 1607, l’introduction en France de quelques coursiers anglais permet d’accentuer , par sélection, la différence entre chevaux de selle e chevaux de trait et d’affiner les races françaises. Louis XIV et après lui Napoléon I° disposent d’une des meilleure cavaleries d’Europe. Les haras et les écuries françaises défendent encore une illustre réputation qui devrait faire attribuer dans notre Histoire au XVII° et XVIII° siècles le surnom d ‘ « âge du cheval » !


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