• A PROPOS DE LA "RUE FROIDE" A ROANNE

     

     A PROPOS DE LA « RUE  FROIDE » A ROANNE

     

    Le citoyen Foray, qui habite rue Rabelais, adresse un jour à la ville la lettre suivante (elle n’est pas daté : sans doute fut-elle écrite entre 1885 et 1887 :

     

    Monsieur,

     

    J’ai l’honneur de venir vous exposer qu’habitant au faubourg Mulsant, une partie de ma propriété borde une rue dite « Froide » (actuelle rue de La CHAIZE ???), qui se situe d’une part à la rue des Elopées, et d’autre part à la rue Rabelais.

     

    Cette dénomination, pour une voie assez longue, entièrement construite ou close de murs, est évidemment susceptible de refroidir le locataire ou l’habitant le plus enthousiaste, ce qui implique un injuste et certain préjudice qu’il ne tient qu’à votre bienveillance de faire cesser.

     

    En conséquence, j’ai l’honneur de solliciter le changement de dénomination de ladite rue, et me permets d’indiquer à titre de pur renseignement les quelques noms suivants représentant à des titres différents des gloires ou des sympathies nationales :

    Charcot, Parmentier, Pierre Dupont (NDLR : l’auteur, décédé en 1870, de la fameuse chanson : J’ai deux grands bœufs dans mon étable, dont le refrain édifiant n’est autre que :

    S’il me fallait les vendre,

    J’aimerai mieux me pendre ;

    J’aime Jeanne ma femme, eh bien ! J’aimerais mieux

    La voir mourir, que mourir mes bœufs…)

    (Encore un mauvais coup pour le "Féminisme")

    Thiers (NDLR : mort en 1877),

    Hoche

    Meissonnier (NDLR : Ernest Meissonnier (1815-1891), peintre pompiériste très apprécié à l’époque, et célébré par Dali ; s’inspire des Hollandais du XVII° siècle pour ses scènes de genre (Campagne de France, 1864 ; La Halte).

    Amiral Courbet (NDLR : Anatole Courbet, amiral français, né à Abbeville en 1827 et décédé en 1885, établit le protectorat français sur l’Annam et combattit les Pavillons Noirs et les Chinois).

     

    J’offre bien entendu de payer à la ville les plaques indicatrices nécessaires à cette transformation.

     

    J’ai l’espoir, Monsieur, que vous voudrez bien accueillir favorablement cette requête et vous prie d’agréer, Monsieur le Maire l’assurance de ma considération la plus distinguée

     

                                                           Signé : M. Foray, 38 rue Rabelais.

     

     

    A noter que monsieur Foray fait relier son domicile du 38 rue Rabelais au réseau téléphonique de Roanne en septembre 1893.

    Son numéro d’abonnement principal porte le n° 58

     

    Sur sa feuille d’abonnement adressée par la Direction générale des Postes et des Télégraphes nous pouvons lire :

     

    Déclare contracter un abonnement principal d’un an, aux clauses et conditions énumérées dans le décret dont le texte est reproduit ci-dessous, moyennant le prix de : deux cents  francs

     

    200 cents francs, une belle somme pour l’époque (soit environ 800 € d’aujourd’hui)

     

            Tiré de l’ouvrage LE FAUBOURG MULSANT (Thoba’s éditions 2007)                    

     


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