• CHERS CHRYSANTHEMES


     

    CHERS CHRYSANTHEMES<o:p></o:p>

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    En voilà une fleur désagréable, tout d’abord parce qu’on ne la voit le plus souvent que dans les cimetières, ou bien souvent il faut l’emmener dans le froid et la grisaille de la Toussaint.  Son orthographe est difficile, bien des élèves ont tiré la langue, pour l’écrire correctement dans les journalières dictées de l’école primaire. Et en plus, chrysanthème est un nom masculin la chose ne saute pas aux yeux tout de suite. Il sent l’hiver, le déclin et la mort des choses. Ce nom est dû, expliquent les botanistes à la couleur caractéristique jaune doré que présente le type primitif de cette fleur.

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    Aujourd’hui grâce à des sélections plus ou moins heureuses, nous possédons des chrysanthèmes où toutes les couleurs se marient, à l’exception justement du jaune d’or.

    Il y a dit-on  quatre ou cinq cents variétés de cette fleur, avec de nombreux noms quelquefois rébarbatif : hybride, pompon mais aussi chrysanthème matricarioïforme…

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    Le chrysanthème, depuis 1876, est promu à la dignité d’ordre impérial. C’est l’empereur Mutsuhito qui a fondé cet ordre, peu répandu, à vrai dire, et conféré seulement aux princes et aux chefs d’État : le ruban est rouge, liseré de violet ; la décoration elle-même, par ces capitules et ses rayons, évoque assez bien l’image de la fleur nationale des Nippons. 

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    Chez nous, le chrysanthème ne pouvait aspirer à un destin si glorieux. Plante d’ornement, il est devenu néanmoins avec l’immortelle, la fleur du souvenir. On le préfère même, pour cette destination, à l’immortelle, qui reste seulement employée pour la confection des couronnes funéraires.

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    Les fleurs comme les livres, ont leur destin. Jusqu’en 1815, l’helicrysum orientale ou immortelle jaune était à peu près inconnu en France. Originaire de la Crète et de Rhodes, il fut importé chez nous sous la Restauration, et la Provence en monopolisa quelques temps la culture industrielle. Tout de suite, sa faveur fut grande ; son nom, plus que sa couleur, lui valut de symboliser la pérennité du souvenir que nous gardons à nos morts. Cette plante avait des sœurs : l’immortelle de la Malmaison, l’immortelle Blanche, l’Immortelle des Alpes (edelweiss).

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    Après trois quarts de siècle d’une faveur sans partage, l’immortelle est à peu près détrônée dans la sympathie publique par le chrysanthème. La chose dure encore aujourd’hui mais pour combien de temps encore ?

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