• EPEES, DAGUES ET POIGNARDS

    ARMES BLANCHES
     

    Les données archéologiques sont très vagues sur les armes blanches de très haute antiquité, car elles ont rarement résisté à la morsure du temps et ont été la proie de la rouille.

    Les seuls documents que l’on possède proviennent des figurations sur les fresques archasiatiques ou nilotiques, et ils sont peu précis. Ce n’est qu’avec l’unification des cités-Etats de ces pays, en Mésopotamie et en Egypte, que l’on trouve une documentation historique plus solide.

    Pratiquement, pour trouver des objets réels dans les collections de musées publics ou privés, il faut arriver à l’Occident protohistorique.

    On ignore l’origine exacte de Gaulois, et on pense que les premiers peuplements de ce qui devait devenir la Gaule proviennent de l’Est, au-delà du Rhin, mais qu’ils trouvèrent cependant le pays déjà sporadiquement peuplé de hordes sauvages.

    Quoi qu’il en soit, quand les Francs envahissent la Gaule, ils trouvent des adversaires parfaitement armés, et même d’un armement luxueux.

    Les montures d’épées sont extrêmement riches, ainsi que les fourreaux, et il suffit de considérer la pièce maîtresse que constitue, au Cabinet national des Antiques, l’épée de Childéric I°. Elle est en d’or et de cuivre rouge en ses garnitures.

    L’épée était en principe, réservée aux chefs.

    La plus courante et la plus commune est la célèbre «  scramasaxe », droite ou à dos courbé, à un seul tranchant, avec des rainures. Le dos est très épais, et la pointe aigüe ou en biseau. C’est l’ancêtre vénérable de toutes les épées et plus spécialement du sabre, dont le coupe-choux du XIX° siècle devait être le dernier descendant direct, mais dégénéré.

    L’épée est le nom générique attribué en général à l’ensemble des armes blanches, qu’elle serve aux coups de taille latéraux ou à ceux d’estoc par la pointe. On réserve celui de sabre aux épées à un seul tranchant, à lame recourbée, inspirée du cimeterre. Enfin le mot « glaive » a été employé surtout par les Allemands dès qu’il exista la chevalerie et qu’il servit aux exécutions capitales.

    La dague est une épée courte, faisant la transition avec les poignards.

    Epées, dagues etr poignards se composent de trois élèments : la poignée, la lame et le fourreau.

    La lame se termine par la pointe en un bout et la soie de l’autre, avec des rainures pour diminuer le poids, et parfois des gravures et inscriptions ornementales

    La poignée est l’élèment principal pour l’archéologue, car elle autorise la datation.

    Elle se compose de diverses parties : le pommeau, la fusée en bois, corne, métal qui entoure et enserre la soie ; elle est parfois nue, mais aussi entourée d’un fil de métal souvent plat.

    La garde destinée à la protection de la main, est simple ou multiple et complétée par la contre-garde pour le dessous de la main. Parfois il y a le « pas d’âne », qui sert à la proctection du côté de la lame, et également les quillons transversaux,entre le talon et la soie.

    Certaines épées sont munies d’un écusson et d’autres, surtout espagnoles de corbeilles et coquilles.

    Au XI° siècle, la soie s’allonge pour que l’épée, parfois très lourde ou immense, puisse être maniée à deux main

    Mais, en ses caractères généraux, l’épée reste invariablement jusqu’après la Renaissance, au moins comme arme de combat. Elle évoluera alors vers l’arme de simple apparat et aboutira à des réalisations de grand luxe, mais mièvres.

    Les épées de chevaliers étaient d’une très grande beauté, surtout par la pureté de leurs lignes. Mais elles n’étaient portées que rarement, restant le plus souvent sur les autels confiées à la garde d’une abbaye, car elles représentaient par l’adoubement un caractère sacré.

    Le perfectionnement des protections offertes par les armures devait aboutir, au XIV°, à la dotation des hommes d’armes en deux épées de longueurs différentes.

    La plus petite ne mesurait jamais un mètre de long et avait une garde simple. La plus grande se maniait à pied et à deux mains. On connaît de ces dernières ayant mesuré jusqu’à 1 m,50.

    Les hommes d’armes portaient également des dagues courtes destinées à éventrer les chevaux ou à trancher la gorge des cavaliers tombés à terre et immobilisé dans leurs lourds harnois.

    C’est au XVI° siècle que l’épée atteindra l’apogée de sa perfection. La simple garde en forme de croix va alors disparaitre, sauf dans les grands estocs de cavaliers et, sous Louis XIIII, elle sera encore l’épée d’arçon de la gendarmerie.

    Il est assez difficile de classer avec exactitude les épées des collections, car les classifications sont surtout théoriques : les longueurs varient selon les régions en fonction de la taille des soldats, et il est peu aisé de les grouper selon leurs usages.

    Toutefois la tradition a imposé certains termes qu’il importe de connaître :

    L’acinace des Romains a donné le cimeterre oriental qui, a son tour, a engendré le sabre. Celui-ci était inconnu des Grecs comme des premiers Romains, et cependant, au temps de Trajan, c’est l’arme d’élection des Daces entre le Danube et les Karpates. Il apparaît en Germanie au IV° siècle, mais ne se généralise dans tous l’Occident qu’après les Croisades.

    L’espadon, à l’origine, est une arme à deux tranchants que l’on manie à deux mains, mais plus tard, son terme s’applique à toute grande et large épée.

    L’estocest également très long, mais tout au contraire étroit, et sert essentiellement aux coups de pointe.

    La rapièrepâraît sous Charles-Quint et constitue une épée d’estoc toujours porteuse de quillons très longs et droits, avec en plus une coquille. Une de ses variétés à lame taillée en carrelets, ayant servi surtout sous Louis XIV pour les duels, est la colichemarde.

    La claymorevéritable est écossaise, sans garde et avec simples quillons, tandis que celle dite fausse possède une garde et, sous le nom deschiavono, armait la garde des doges de Venise.

    L’épée allemande est formidable au XIII° siècle,avec ses quillons droits de 25 centimètres sur une lame pouvant dépasser 1,50 m.

    Le braquemartest au contraire, court à lame large, d’origine italienne, et très pointu.

    La flambergerappelle l’épée allemande, mais affecte une forme flamboyante et est essentiellement suisse.

    La lansquenetteest du XVI° siècle, courte et large, avec une extrémité plate.

    Avec le XVII° siècle, la forme de la poignée ne cese de se compliquer, et c’est le commencement du déclin.

    Les dagues comportent tout autant de variétés que les épées.

    On retient toutefois moins de qualificatifs.

    La miséricorde est un poignard à lame triangulaire servant à donner le coup de grâce à l’adversaire tombé à terre et en agonie, en la passant à travers les points faibles de l’armure.

    L’énélace, dite aussi « langue de bœuf », est très large et son fourreau est caractérisé par la présence d’un poignard accessoire : le batârdeau.

    La main gauchesert surtout dans les duels, en même temps que la dextre est armée d’une grande épée d’estoc. Certaines sont fort curieusement équipées de trois branches normalement repliées, mais s’ouvrant sous la pression d’un bouton pour constituer à la fois une grande garde et un brise-lame.

    A côté de ces armes blanches proprement dites, certains auteurs situent la hache d’arme. La classification exacte est difficile, car, s’il est exact que la hache est la plus ancienne arme connue, il est notoire que la tendance actuelle est de la rapprocher du marteau d’arme, de la masse et du fléau de même nom. Or ces trois derniers sont totalement impropres à trancher.

    Pour terminer cette fresque des épées, on doit mentionner les glaives de justice. Ils représentent deux caractéristiques : d’abord une lame tronquée et, ensuite une riche décoration aux armes des villes qui les possédaient.

                                   Janine Cacciaguerra (de l’école des Chartes) décembre 1953


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