• L’USINE A COCONS DE ST VICTOR EMPOISONNE LE RHINS (1880) seconde partie

    Catastrophe écologique :  seconde et dernière  partie

     

    L’USINE A COCONS DE ST VICTOR EMPOISONNE LE RHINS (1880)

     

    « Lorsque Mr l’ingénieur Meurguy est venu à Régny avec Mr Villy et le directeur de l’usine, nous avons regretté de ne pas l’avoir vu… Il n’aurait pas confondu je pense, les matières mousseuses provenant des fécules avec les matières animales putrides et infectantes provenant des chrysalides…Depuis plus de 40 ans les féculeries dont parle l’ingénieur, existent et jamais les animaux ni les personnes qui ont bu de cette eau n’ont été malades ». écrit le docteur Besse

     

    « Les habitants sont obligés de creuser des puits…, des hommes, des enfants ont été malades…, des vaches d’une ferme appelée La Blanchisserie à St Victor ont succombé à une sorte de fièvre putride après s’être désaltérées dans le Rhins…, Mr le juge de paix de St Symphorien, vu ces accidents aussi graves, a ordonné la fermeture de cette usine…. Veuillez agréer, Mr le préfet… »

     

     Malgré ces interventions, l’usine continue de tourner…

     

    D’autres lettres partent qui font part de constats et de calculs :

     

    « Nous avons fait avec Mr Joubert directeur de l’usine de crayons du Forestier un calcul des plus curieux qui vous donnera une idée de l’insalubrité de l’eau de Rhins.

    Mr Villy envoie tous les jours d’Amplepuis à son usine de St Victor 4 voitures de cocons décreusés ou déchets de cocons. Chaque voiture pèse au moins 2000 kilos.

     

    Admettons que chaque cocon décreusé, avec le ver qu’il contient, pèse 3 grammes, chaque voiture contient 680 000 vers. Si vous multipliez par 4 (voitures), vous arrivez à 2 720 000 vers écrasés par jour par Mr Villy dans l’eau du Rhins… Est-il possible d’avoir une eau potable ? »

     

    Mr le maire de St Victor déclarait par ailleurs au Juge de Paix de St Symphorien, « qu’il était bien préférable pour sa commune de voir l’industrie de Mr Villy au-dessous de St Victor qu’au-dessus, car lorsque cette industrie était à Amplepuis, l’eau du Rhins à St Victor était infecte, impossible à boire et d’une odeur repoussante… » (1)

     

    Le C.M.  du 16 avril 1881 se prononce : « …Concernant l’usine de décreusage par macération établi au Moulin Darcy, approuve parfaitement que Mr Villy fut obligé de cesser son décreusage 4 mois chaque année durant les eaux basses, et soit obligé de se conformer aux mesures de salubrité qui lui seront imposées ».

     

    Il faudra 4 années de protestations pour qu’enfin le préfet prenne un arrêté (28 juillet 1884) interdisant le fonctionnement de l’usine durant les mois d’été.

     

         Tiré de l’ouvrage « St-Victor-sur-Rhins » Auteurs : G. Fouillant,  P. Bissuel,  M. Chartier, N. Jusselme

     

    (1)La rivière était donc polluée sur plusieurs kilomètres entre Amplepuis et St-Victor. La mauvaise foi de l’ingénieur semble manifeste, comme celle du préfet de la Loire (Pourquoi ne pas avoir appliquée la réglementation du département du Rhône ?). Nous ne le serons jamais, mais il y a fort à parier que ces deux sinistres personnages, devaient être « arrosés » par l’industriel.

     


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