• La Nationale 7 en Mode VINTAGE avec Thierry DUBOIS

    THIERRY DUBOIS  D1
     
     

    LA ROUTE BLEUE EN MODE « VINTAGE »

     

    La Nationale 7 connaît un retour de flamme qui se propage à travers la France

     

    (Article de presse de LA MONTAGNE Centre France Dimanche (magdimanche) du 12 mai 2014, ISSOIRE).

     

    Pour les fans de la Nationale 7, comme le dessinateur Thierry Dubois, la vague de nostalgie ne peut s’arrêter en route. Il y a la place pour une seconde jeunesse

     

    « Vous connaissez l’histoire des Belges roulant sur la RN 7 en 4 CV ? Ils entendent un bruit bizarre et soulèvent le capot croyant que ça provient du moteur. En fait, ce sont les cigales ».

    Thierry Dubois ne se lasse pas de l’anecdote. Pour l’illustrateur, fondu de vieilles voitures elle dessine la cartographie du mythe de la Nationale 7 chantée par Trenet et dont il prolonge la légende par la bande dessinée. (1)

     

    Chaque été, cet adorateur de la Route Bleue figure parmi la vingtaine de « doux dingues » à se coltiner le labyrinthe périurbain de Lyon et les dédalle de l’Ile-de-France pour retrouver les essences de   la route des vacances et un peu de l’insouciance des années cinquante et soixante : 900 kilomètres jusqu’à Menton qui faisait « d’Paris un p’tit faubourg de Valence ».

     

    « Les oliviers sont bleus »

    Cette blague belge à  trois balles trace aussi les contours d’une géographie plus personnelle : « Dans mon dernier bouquin, il y a une photo pas légendée. C’est ma mère en 1951, sur le pont d’Avignon, les yeux éblouis, et pas seulement par le soleil.  Elle est Belge et découvrait le Sud de la France, la mode, la Côte d’Azur. Comme tous ces gens du Nord pour qui « les oliviers sont bleus », ils en étaient et en sont encore plus accrocs que nous. »

    Le déclic pour le fils survient en 1995 entre Paris, adresse principale, et Grasse, résidence secondaire.

    Six ans auparavant, j’avais roulé sur ce même tronçon en descendant sur Clermont-Ferrand, et je me suis rendu compte que plein de choses avaient disparu (des restaurants, des hôtels fermés, des pubs démolies…) Les autoroutes, les déviations avaient entamé leur travail de sape. Et ça allait vite, très vite. »

    THIERRY DUBOIS  B1« Eparpillée façon puzzle »

     

    Il s’empresse alors, saute sur l’instant, accumule les photos, se rue sur les documents, parcourt la route de long en large, additionne les rencontres, interroge les riverains…Et devient « Monsieur Nationale 7 »

    « D’un travail, j’ai fait une passion. » Il est le premier à souffler l’idée de « L’Embouteillage » à Lapalisse, dans l’Allier, énorme happening à la bonne franquette. « C’est un jeu de rôle. On retrace une ambiance idéalisée ». L’avantage avec le passé, c’est qu’on ne retient que les bons côtés, y compris les gendarmes et les poids lourds qui étaient les bêtes noires des automobilistes coincés pendant des heures dans les bouchons. Lapalisse avant la déviation, c’étaient 3.000 camions par jour. Invivable ! »

                             

    Les gens se sont réveillés en 2006. Depuis, c’est la ruée sur ce must du « Vintage » de la nostalgie pour une époque plus confortable, entre un présent pas très joyeux et un avenir incertain » 2006, c’est l’année où la Nationale 7 est sacrifiée sur l’autel de la décentralisation, partiellement transformée en départementales de tous poils, émiettée, « éparpillée par petits bouts façon puzzle » pour reprendre une réplique d’Audiard. « On a loupé le coche. Le Var a été plus intelligent en la reclassant en DN7. Mais les chiffres ont fleuri, y compris les plus improbables, par manque de concertation. »

     

    Pour se retrouver dans ce gruyère, Thierry Dubois va lancer un « road-book » cet été dans l’hebdo La Vie de l’Auto avant la sortie d’un guide pratique étoffé pour se repérer, suivre l’ancien itinéraires, ses vestiges, les vieilles plaques en fonte Michelin, les anciennes bornes.

     

    « Slow tourisme »

    « On a de la chance, notre pays entretien bien ses routes et le réseau secondaire n’a aucun équivalent au monde ». « L’intérêt architectural n’est pas négligeable non plus. » On garde tous en mémoire ces garages des années cinquante, comme dans Le Corniaud (de Gérard Oury, ndlr). Il n’en existe plus qu’une dizaine mais maintenant on ne les détruit plus. On en retrouve même des traces dans les bâtiments modernes – comme à Lyon ou à l’entrée de Montélimar - ce qui n’aurait pas été le cas il y a encore vingt ans ».

     

    La Nationale 7 dans dix ans ? « Cette route abrite deux millions de sites archéologiques, pour donner une idée de l’étendue des richesses en si peu de kilomètres ; c’est l’inverse de la Route 66 aux Etats-Unis. J’imagine un dispositif interactif, des panneaux explicatifs, une charte graphique, qui déjà se dessine, des bornes équipées pour les smartphones… »

     

    Du « slow tourisme » pour un nouvel âge d’or ? Françoise Sagan, qui dévorait la route, la nuit, de Saint-Germain-des-Prés à Saint-Tropez, n’aurait jamais pu imaginer un tel scénario. Même pas en roman.

     

                                                    Nathalie Van Praagh

     

    (1)  Le dernier-né : « La Nationale 7 en autorama » (Editions Paquet) www.thierrydubois.com


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