• LA POSTE A SAINT-VICTOR-SUR-RHINS

     

     

    LA POSTE A SAINT-VICTOR-SUR-RHINS

     

             En 1850, d’après l’organisation des Postes, Saint-Victor se trouve desservi par un facteur rural (1) de la ville de Thizy.

     

    Ce service n’est pas régulier et très négligé…Ce ne sont que des vieux chemins abandonnés ou des sentiers très difficiles à parcourir surtout en hiver où le service se trouve journellement entravé.

     

    De surcroit, nous n’avons point de service le mercredi où le facteur ne sort point du marché de Thizy, car il y trouve la majorité de ses gens… Aussi le Conseil municipal de Saint-Victor exprime le vœu que le village soit desservi par Régny où il vient d’être établi un bureau de Poste…

     

    On en est encore, à ce moment-là à une seule boîte aux lettres fixée au mur de la mairie.

     

    Un arrêté ministériel, en date du 11 juillet 1895, arrive enfin à la mairie, « portant création d’un établissement de facteur-receveur (2) dans la commune, à condition que la location des locaux de fonctionnement et de logement du titulaire ne dépasse pas 150 frs par an ».

     

    Le 11 août, Mr Delargeville Emile, Directeur des P. et T. de la Loire à Saint-Etienne, envoie au maire Bécot un projet de bail voté l’unanimité par les élus.

     

    Le loyer annuel sera en fait de 150 frs/an payés par les P. et T. et 100 francs par la commune. Les locaux sont loués à Mr Micoud propriétaire à Saint-Victor.

     

    Avec le « local de fonctionnement » arrive quelques temps après, l’installation du télégraphe. C’est un émerveillement pensez donc, en tapant sur un levier manipulateur en laiton, une bobine déroule un ruban de papier ou s’inscrivent des traits et des points…et il parait que ces signes simples qui représentent des lettres, sont reproduit au même instant sur un appareil semblable installé à des centaines de km de là, dans le pays du destinataire de cette « dépêche ».

     

    En 1904, l’un des conseillers, M. Oby, fabricant de tapis, intervient lors d’un Conseil :

    « La commune de St-Victor ayant 2 fabriques de cotonnades, 2 fabriques de tapis, un atelier de décreusage de cocons…les tournées du facteur-receveur ne permettent pas de recevoir le courrier de Roanne à midi…, le bureau n’étant ouvert qu’une demie heure le matin, il est impossible de recevoir du courrier entre 7 h ½ du matin et 7 h ½ du soir.

    Le Bureau du facteur-Receveur ne peut traiter les opérations de Caisse d’Épargne ; il ne peut émettre de mandats internationaux que pour quelques pays seulement…Il est demandé de le transformer en Recette simple des Postes et Télégraphes… »

     

    Arrive 1906, c’est le téléphone : on en parle dans les bistros et les chaumières : « Il paraît que d’ici, on pourra, en quelques minutes, parler à quelqu’un à Paris ou à Bordeaux…et même à l’étranger ».

    Réponse d’un de nos grands–pères : « A c’te distance, on doit pas entendre grand-chose ».

     

    Après discussion, les conseillers acceptent l’installation d’une cabine téléphonique dans le local du receveur et votent « une indemnité annuelle de 100 francs au facteur-receveur pour se faire remplacer, et de 50 francs au distributeur de télégrammes ».

     

    En 1934, le Conseil municipal donne son accord à l’installation gratuite, par les P.T.T., de postes téléphoniques « à la condition qu’une personne se charge de tenir gratuitement ce poste à la disposition du public.. »

    Il est décidé que : ces installations pourront avoir lieu dans les hameaux de :

     

    ·        Péricard (M. Patay Alphonse)

    ·        Chamussy (M. Presles Joannès)

    ·        La Blancherie (M. Buffard Henri)

    ·        Le Gd Paquet (M. Subtil Michel)

     

    En 1929, il y a 11 abonnés au téléphone à Saint-Victor (annuaire téléphonique de la Loire) :

     

    7         Barberet-Bérot (A) Hôtel des Voyageurs

    8         Borce-Bertin, buffet gare St-Victor-Thizy

    2        Chalumet-Luquet et Cie, industriel

    1        Chassagne et Cie, effilochages

    6        Combier et Cie (Les succ.) tissage mécanique

    10    Duret (Louis), boucher

    4         Ferrari (L), tissage mécanique

    9          Fouilland (E), boucherie, hôtel

    5        Giraudière, buffet S.V.C. gare de St-Victor à Thizy

    11   Gondrand Frères, Sté française de transports

    3         Passot (Jean), tissage mécanique.

     

    En l’an 2000, l’Annuaire de France-Télécom comporte 367 abonnés.

     

    Depuis 1923, on avait fait installer pour la somme de 40 frs « …une boîte aux lettres mobile à la gare, vu qu’elle rendait de réels services à la population de St Victor et aux nombreux voyageurs qui prennent ou quittent le train… en raison des embranchements de Thizy  et de Cours ».

     

    Longtemps ancrée dans « la maison Chenaud », en bas et à gauche de la Rue de la Côte. Le Bureau de Poste se voit réserver une place de choix dans la maison Bajard achetée par la municipalité en 1965.

     

     

    (1) Le facteur rural apparaît officiellement avec l’application de la loi de juin 1829 : le 1er juin 1830. 

     

    La loi de 1829 instaura :

     

    ·        La distribution et la collecte du courrier dans toutes les communes rurales dépourvues d’établissement postal. 

    ·       
    La mise en place dans chaque commune d’une boîte aux lettres.

     

    ·        Il faut que le facteur sache lire et écrire et  soit assez sportif d’où le choix de nombreux anciens militaires dans le recrutement.

     

    En 1830, les tournées étaient difficiles et longues (parfois jusqu’à 40 kilomètres). A cette époque, les distributions (dans le principe) devaient avoir lieu un jour sur deux.

     

    A partir de 1832, et sur demande des communes, la distribution commence à devenir journalière. Mais il faudra attendre de nombreuses années pour que toutes les communes reçoivent la visite du facteur tous les jours  

     

    (2) Le terme de « facteur-receveur » remplace celui de « facteur-boitier ». Il s’agit d’un type secondaire d’établissement postal à partir de 1850 ; où le titulaire combinait à la fois les fonctions de distributeur, facteur et commis.

    Il triait le courrier, attendait les clients en boite postale, puis faisait sa tournée en levant les boîtes, et revenait pour tenir le guichet pour les affranchissements et le financier.

     

     

     

     

     

     

     


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