• La vie au début du XXI° siècle


     

    LA VIE AU DEBUT DU XXI° SIECLE<o:p></o:p>

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    (Magasin Pittoresque 1906)<o:p></o:p>

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    Qu’apportera à l’humanité le siècle prochain ? Voila la question qu’un reporter américain a trouvée curieux d’adresser aux plus éminents hommes de science de son pays. La réponse qu’a donnée chaque savant en son domaine a dû étonner les Américains eux-mêmes qui pourtant, comme l’on sait, ne s’étonnent de rien. Notons quelques-unes de ces prophéties plutôt optimistes<o:p></o:p>

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       L’Amérique dans cent ans d’ici, aura une population de 500 millions d’âmes, et son étendue sera accrue en proportion. La taille de l’Américain aura grandi d’un ou deux pouces ; il devra ce résultat à son état de santé amélioré par d’importante réformes dans la médecine, l’hygiène, la nutrition et les exercices physiques. Il vivra une moyenne de cinquante ans au lieu de quarante-cinq comme de nos jours, car il résidera dans les faubourgs et évitera l’agglomération des cités. Il sera défendu par la loi interdisant de construire des blocs. Le trajet du faubourg à la cité, du domicile au bureau nécessitera quelques minutes et coûtera un penny.

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    L’air frais et chaud pour régler la température des maisons seront fournis par des usines et distribués dans les appartements par des tubes. On aura des robinets d’air froid et d’air chaud comme nous avons des robinets d’eau et de gaz. Les cheminées auront disparu car il y aura plus de fumée.

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    L’Américain futur ne sera pas incommodé par les mouches et les moustiques. Des mesures sanitaires auront radicalement détruit ces insectes en desséchant les eaux stagnantes, en comblant les marécages et en appliquant des procédés chimiques aux rivières peu rapides. L’expulsion du cheval et des écuries débarrassera l’homme des mouches d’appartement.

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    Les repas tout préparés seront livrés par des établissements spéciaux comme le pain est fourni par les boulangeries, avec la différence pourtant que les plats arriveront à destination par des tubes pneumatiques. Après les repas, la vaisselle sera retournée afin d’être lavée dans les établissements. Cette cuisine monstre s’effectuera dans d’immenses laboratoires électriques, pourvus de machines pour tout ce qui, aujourd’hui, use la force humaine : c’est l’électricité qui moudra le café, battra les œufs, tournera les sauces, secouera les salades, coupera et hachera la viande, pressera les jus, écraseras les purées et lavera et séchera la vaisselle. Ou ces ustensiles seront nettoyés avec des substances chimiques qui extermineront les microbes.

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    On ne verra plus les provisions de bouches exposées aux devantures et livrées ainsi à l’atmosphère corrompue des boutiques et à la poussière des rues. Des appareils réfrigérants d’air liquide conserveront les aliments.

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    Le charbon, devenu de plus en plus rare et cher, ne sera plus employé pour chauffer et cuisiner. Toute la force motrice des eaux mouvantes, douces et salées, sera exploitée pour fabriquer de l’électricité à la portée de tous.

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    Dans les grandes villes, les moyens de locomotion n’envahiront plus les rues et n’assourdiront personne : la circulation des trains et des véhicules se fera sous terre ou en l’air. Sous les rues, de vastes tunnels bien éclairés et aérés ; au-dessous des rues, de hauts tréteaux avec des trottoirs mobiles seront réservés aux trains et automobiles de toutes sortes aux roues caoutchoutées.

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    Les marchandises des maisons de commerce seront livrées à domicile par des tubes pneumatiques qui distribueront à des distances considérables les paquets de toutes espèces et de toutes dimensions.

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    Des vaisseaux électriques feront en deux jours le voyage d’Amérique en Angleterre. La construction de ces vaisseaux sera perfectionnée à tel point que la plus grande partie des dangers qui, de nos jours, menacent le voyageur sur mer, en seront écartés. Le corps du vaisseau se trouvera au-dessus des vagues, supporté par des roues semblables à celles d’un traîneau. Ces roues seront extrême légères, pourvues sur le côte inférieur d’ouverture qui, en chassant l’air, établiront un courant d’air entre le vaisseau et l’eau. Cette couche d’air, ainsi que la surface minime des roues, réduiront le frottement des vagues au plus faible degré possible. Les navires artificiellement rafraîchis seront à l’abri du feu ; en cas de tempête, ils plongerons sous l’eau où ils pourront attendre sans crainte le retour du beau temps.

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    L’homme du début du 21° siècle assistera à des événements qui se passeront à des milliers de lieues de distance de lui. Assis dans son fauteuil, il pourra, suivre de l’œil, sur une énorme toile, les péripéties d’une guerre en Orient ou les solennités d’un couronnement de souverains en Europe. L’appareil électrique auquel on devra ces spectacles sera accompagné d’un système de téléphone géant qui transmettra chaque son approprié au mouvement.

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    Des téléphones et des télégraphes sans fil relieront le monde : on téléphonera en Chine sans aucune difficulté. Plus de demoiselles du téléphone ! Elles seront avantageusement remplacées par des signaux automatiques. La photographie sera télégraphié d’une distance quelconque. S’il y a une bataille dans une partie lointaine du monde, une heure après, les journaux publieront les instantanés des scènes les plus intéressantes. La photographie se sera en couleurs.

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    La musique par téléphone sera introduite dans les maisons particulières, où l’on entendra un opéra aussi distinctement qu’au théâtre même. Les grands musiciens qui joueront dans une salle de New York, par exemple, produiront en même temps, par une savante manipulation de clefs électriques, la même musique sur plusieurs instruments installés dans des salles de ville éloignées. Pareillement, de grands orchestres donneront simultanément plusieurs concerts en divers endroits.

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    L’éducation universitaire sera gratuite pour les deux sexes. Il y aura dans ce but de nombreux et formidables établissements. On groupera ces études de manière à faire perdre à l’élève le moins de temps possible. Les lettres C, Q, X, seront bannies de l’alphabet, comme étant superflues. Les mots s’écriront tels qu’il se prononcent. La langue anglaise, parlée et écrite en mots condensés, sera la plus répandue ; le russe tiendra le second rang.

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    Les étudiants pauvres se verront pourvus de nourriture, de logement, de vêtement et de livres ; ils circuleront sans payer dans les trains et omnibus. Des inspecteurs médicaux visiteront et surveillerons régulièrement les écoles gratuites, distribuant soins et médicaments. Pendant les vacances, les enfants nécessiteux feront des voyages aux frais de l’institution. Les bonnes manières et la parfaite tenue de l’intérieur formeront la base de l’éducation des jeunes filles.

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    La gymnastique est appelée à jouer un rôle important dans la vie du futur Yankee. Elle fera son apparition à la nursery où, sous formes de jouets elle fortifiera les tendres muscles  des bébés. Dans les écoles, elle sera obligatoire. Un homme ou une femme, incapable de faire plusieurs lieues de marche sera considéré comme un avorton.

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    Et ce n’est pas tout ! Le « Ladies’ Home journal », où le reporter américain a déposé son enquête, en dit bien d’autres.<o:p></o:p>

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    L’agriculture aussi accomplira des prodiges : des courants électriques appliqués au sol augmenteront le volumes des légumes et des fruits, et détruiront les mauvaises herbes.

    De rapides réfrigérateurs transporteront en quelques jours sur terre et sur mer les produits savoureux des tropiques. Les fermiers de l’Amérique et de l’Afrique du Sud, de l’Océanie, dont les saisons sont opposées aux nôtres, pourvoiront pendant l’hiver les pays du Nord de frais produit estivaux. De délicieuses oranges pousseront dans les faubourgs de Philadelphie ; les fruits se vendront au prix de la pomme de terre d’aujourd’hui. Les arrière-petits-fils de l’Américain mangeront, à leur dîner de Noël, des fraises grosses comme des pommes ; elles pousseront sur des arbustes. Melons, cerises, raisins, prunes, pommes, poires, pêches, n’auront ni noyaux, ni pépins. On récoltera des figues dans toutes les parties des Etat-Unis.

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    La canne à sucre produira deux fois plus de sucre que la betterave. Les plantes seront protégées contre les microbes, comme l’homme l’est contre certaines épidémies. Le sol s’enrichira par des plantes qui prendront leur nourriture par l’air et rendons la terre fertile.

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    Les roses seront aussi grosses que les choux ; il y en aura des noires, des bleues et des vertes. La modeste violette atteindra les dimensions de l’orchidée, et la pensée qui, il y a un siècle n’avait guère plus d’un demi pouce de diamètre, pourra se mesurer avec un soleil. Toute fleur sera susceptible d’avoir toute couleur et tout parfum.

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    Les médicaments pour les diverses maladies ne passeront plus par l’estomac que lorsqu’ils s’adresseront exclusivement à cet organe. Les drogues destinées aux poumons, par exemple seront appliquées directement aux poumons, à travers la peau et la chair ; des courants électriques distribueront dans le corps, sans douleur, les médicaments nécessaires. Grâce aux microscopes, le corps vivant sera devenu transparent pour le médecin qui sera à même de voir et de photographier même les organes malades.

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    Tout cela sera bien beau. Mais quel dommage nous ne serons plus là !<o:p></o:p>

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                                                                                                               Thérèse Mandel<o:p></o:p>

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