• Le moine et les migrants


     

    A PIED : LE MOINE ET LES MIGRANTS
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    Autre piéton respectable et bien connu de toute l’ancienne France : le moine.

    Il parcourt inlassablement les rues et les routes dans l’exercice de son apostolat. Il prêche, confesse, dirige  une mission, donne l’absolution et distribue des indulgences. Il visite les maisons, tantôt pour mendier, tantôt  pour faire la charité. Mais quel embarras ce devait être pour nos pères de reconnaître, l’uniforme et les insignes distinctifs des innombrables ordres monastiques installés dans le royaume !

    Pendant tout le Moyen-Age et même encore plus tard, beaucoup d’étudiants pauvres font à pied le chemin entre leur terre natale et leur ville d’Université. Les « écoliers », c’est ainsi qu’on nommait jadis les étudiants, vivent au long du chemin, d’aumônes et de bienfaits. Les paysans les accueillent mieux que les bourgeois, qui ont trop souvent à se plaindre de la fantaisie et de la turbulence des universitaires.

    Tout le temps du voyage, les étudiants restent sous la protection puissante de leur Faculté. Cet avantage et l’importance d’autres privilèges expliquent que trop de mauvais sujets, maraudeurs, voleurs, se déclarent faussement comme des « écoliers ». Il ne manque pas de jeunes gens pour tourner mal. Tel cet ancien étudiant, plusieurs fois mis en prison pour de graves méfaits, au temps de Louis XI et de Charles VII, réchappé à grand-peine du dernier supplice, et qui devint immortel comme poète sous le nom de François Villon.

    Depuis les premiers siècles de notre histoire jusqu’à nos jours, les routes ont été suivies par des voyageurs de profession. De tout temps les hommes se sont déplacés en quête de travail. Certaines régions trop peuplées ou trop pauvres, ou les deux à la fois, se sont vidées d’une partie de leurs habitants.

    L’Ancienne France a connu, d’autre part, un mouvement d’ouvriers considérable, avant l’époque des manufactures et des usines. Le commerce s’est diffusé à  travers tout notre pays grâce aux routes qui ont permis la fixation de foires et de marchés. Sans parler des liens qui  se sont créés entre les villes et leur banlieue. N’oubliez pas le tableau de Perrette, légère est court vêtue pour y vendre son lait.

    Que de silhouettes sont restées familières pendant des siècles à nos aïeux : l’émigrant provincial à Paris, le colporteur, le marchand, le compagnon du Tour de France.

    Chaque année les provinces se vident d’hommes et d’enfants qui vont dans les grandes villes et surtout à Paris exercer un petit métier.

    De vieilles chansons  nous ont transmis les cris modulés qui annoncent l’objet de leur commerce :

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    « Charbon de jeune bois !<o:p></o:p>
    Il n’est qu’à trois sous le minot »

                           (le charbonnier du Morvan)

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    « Faites-moi gagner ma journée<o:p></o:p>
    A ramoner : je m’y esbas »<o:p></o:p>

                  (Le petit Savoyard)

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    « Chaudronnier, chaudronnier !<o:p></o:p>
    Je mets la pièce auprès du trou. »

                 (le réparateur Auvergnat )

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    « Peignes de buis, la mort aux poux !<o:p></o:p>
    C’est la santé de la tête,<o:p></o:p>
    Et aux enfants fait faire fête ;<o:p></o:p>

    Et guérit les chats de la toux. »

                 (le montagnard du Jura)

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    Et nous passons sur certains métiers curieux, apanages de provinciaux, tels les épiciers d’enfer (vendeurs ambulants de poivre, gingembre et autres épices brûlants le palais).

    <o:p> </o:p>Après une saison, une année, voire plus, les émigrants retournent à pieds au pays natal, les poches lestées de quelque argent.


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