• LES PAROISSES DU CANTON DE SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY SOUS L’ANCIEN REGIME

     

    LES PAROISSES DU CANTON DE SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY SOUS L’ANCIEN REGIME

    Première Partie

     

        Autrefois les paroisses du canton actuel de Saint-Symphorien-de-Lay  étaient pour la plus grande partie, situées en Beaujolais et, pour le reste, en Forez. Guichard III, seigneur de Beaujeu et beau-frère par alliance du roi Philippe-Auguste, avait grandi considérablement le territoire de sa baronnie ; et ce fut sous son règne que le Beaujolais devint une véritable province.

     

       Une charte datée du 8 mai 1222, nous fait connaître les limites de la nouvelle province, du côté de Saint-Symphorien-de-Lay et de la Loire. Ces limites étaient : le cours supérieur de la rivière de Gand ; le hameau de Rastilles, sur la paroisse de Croizet ; le quartier de Flandre à Neulise ; puis la vieille route gauloise qui, partant du port de Roanne (Rodumna) allait jusqu’à Feurs et s’appelait « chemin de la Sayette. Ce chemin, qui porte encore dans le cadastre sa même dénomination, suivait la rive droite de la Loire, d’après Alphonse Coste, il passait à Vernay, Joeuvres, Cordelle-la-Vieille, Romagny – où la Mure signala des antiquités -, Moilon près de Saint-Jodard, et Balbigny. Notons d’en dehors de la ligne que nous venons de tracer, Fourneaux, Chirassimont et une partie de Saint-Just (la partie où se trouvait le clocher) étaient aussi du Beaujolais.

     

       Toutes nos paroisses appartenaient au diocèse de Lyon, sauf Régny et Pradines qui dépendaient du diocèse de Macon. Roanne était le siège de l’archiprêtré, qui comptait 47 paroisses et 4 annexes, et dont le dernier titulaire, avant la Révolution, fut Messire Coret, curé de « Nulize ». Car en ce temps-là, l’archiprêtre ne résidait p&as nécessairement au chef-lieu. Vers 1780, le diocèse de Lyon, qui n’englobait pas encore les régions de Beaujeu, Thizy, Perreux et Charlieu, mais qui s’étendait en Bourgogne, en Bresse, en Bugey, dans les Dombes et le Dauphiné, comptait 20 archiprêtrés, 708 paroisses et 130 annexes.

     

       Signalons pour mémoire qu’à la Révolution il y eut à la fois, dans les limites un peu élargies de notre canton actuel, trois chefs-lieux : Saint-Symphorien-de-Lay, avec les localités de Lay, Fourneaux, Saint-Priest-la-Roche, Vendranges et Sainte-Marguerite-de-Neaux ; Saint-Just-la-Pendue, avec Croizet, Chirassimont, Machézal (qui n’était encore ni paroisse ni commune), Neulise et Saint-Cyr-de-Valorges ; Régny, avec Naconne, Pradines, Combres, La Gresle, Sevelinge et Saint-Victor.

     

    L’agriculture devait être à peu près ce qu’elle est aujourd’hui ; « Pays bon à blé » est l’étiquette que Louvet applique à la plupart des paroisses de notre canton. Il indique pourtant que Vendranges et Neaux, « lieux fort montueux, ne portent que seigle » ;

     

    Pour l’industrie, il y avait à Pradines une blanchisserie (on disait alors une blancherie) et un moulin à papier, à Saint-Symphorien-de-Lay une tannerie, d’où le nom de « Tanneur » qui désigne encore un de nos quartier. Un commis pour la marque des cuirs résidait sur la paroisse.

     

       A l’époque carbonifère, les débris d’immenses forêts avaient formé les précieux dépôts de combustible de Bully, Cordelle et Saint-Symphorien-de-Lay, et au XVII° siècle nos mines d’anthracite étaient déjà exploitées. Il existe en effet une ordonnance prise à la requête du procureur du roi et datée du 24 mai 1639, « interdisant au nommé Antoine Chisses, de Saint-Symphorien-de-Lay, et à tous autres, de travailler ou faire travailler à la mine de charbon que le dit Antoine Chisses a fait ouvrir dans le pays depuis quelques années.

     

       Mais la grande industrie de toute la région, depuis Beaujeu jusqu’à Saint-Symphorien, était l’industrie des toiles et des futaines. Louvet parle d’un bourgeois de Saint-Bonnet-le-Troncy qui possédaient, à lui seul plus de quatre-vingts métiers pour la fabrication de ces tissus. Il note que « la plupart des ouvriers de Lay et de Saint-Symphorien travaillent au tissage de toiles, futaines ou serviettes ». Dans plusieurs de nos paroisses un bureau était ouvert pour la visite et la marque de ces articles ; et un marché pour les toiles existait à Fourneaux.

     

    FUTAINE : La futaine, étoffe croisée dont la chaîne est en lin et la trame en coton , était généralement un sergé de trois ou quatre brins. La technique de production se développa à partir de l'industrie destoiles de lin. Plus souple et plus légère que la toile, la futaine (Parchat, Schürlitz, Sardoch en Suisse alémanique) se teignait facilement grâce à son pourcentage de coton, ce qui contribua à son succès. Produite en différentes qualités, blanchie, teinte ou non, elle était utilisée pour l'habillement, le linge de maison ou les doublures. Aux XVIe et XVIIe., elle était offerte comme prix dans les concours de tir. Celles d'Augsbourg et de Milan étaient les plus prisées.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :