• tilbury postal

    LEVEE DES BOITES AUX LETTRES DANS PARIS (1851)

     

         A  dater du 15 janvier la levée des boîtes dans Paris aura lieu au moyen de voitures légères et découvertes.

     

    Ces voitures portant outre le cocher, un facteur leveur de boîtes, partiront de points extrêmes fixés par l’administration et se rendront successivement aux  boîtes de la tournée en suivant un itinéraire déterminé qui aboutira à l’hôtel-des-Postes.

     

    Le facteur sera muni d’un sac de peau à fermoir de cuivre où il recueillera les lettres de toutes les boîtes de l’itinéraire.

     

    Il sera pourvu à la dépense la somme de 91 585 francs résultant de l’organisation de ce service.

     

    L’Administration des postes est autorisée à faire construire 22 voitures forme Tilbury par voie d’adjudications publique.

     

    Les frais de construction de ces 22 voitures évalués à la somme de 19 800 francs seront imputés sur le chapitre 69 du dit budget.


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  • afacteur

     

    LA PREMIERE TOURNEE D’UN FACTEUR DE JADIS

     

         J’ai pris mon service un jeudi de l’année 1845 et en plein mois de mai, juste au moment où venait de commencer le système de la lettre à timbre-poste(1).

     

         Mes quatre collègues m’attendaient avec amitié en face du café Michelin. Allez donc refuser à de braves anciens d’arroser le service ! J’ai offert le casse-croûte.

     

         Les quatre ont fini par m’emmener bras dessus, bras dessous, heureux d’aller présenter à leur receveuse le fameux débutant…Aussitôt, j’ai commencé à chavirer les sacs de dépêches et a y trier à tour de bras, comme pour charger les gerbes. Je suis sorti du bureau en assurant à la receveuse que j’étais tout à fait l’homme qui lui fallait…un débrouillard et un déluré… Et je suis parti là-dessus, le képi en bataille, la moustache troussée au vent.

     

         Me voici en route pour Morey, sur ce chemin de la Côte, que j’ai trouvé un tantinet zigzaguant, tandis que le soleil jetait feu et flammes pour m’abasourdir. Malgré tout je suis courageusement arrivé à Morey.

     

         Ah ! Morey n’est pas un croquant de pays !... C’est le pays aux gens causants, vivants, liants…Il faudrait être au trois-quarts fou et le dernier quart enragé, pour ne pas s’attacher en un rien de temps avec ces gens là.

     

          Or voilà le pays dans lequel je suis arrivé, sur le coup de onze heures, tout cuit de soleil. Tout de suite, dès les premières maisons, on s’est pris de sympathie pour moi, et on m’a offert le vin frais qui désaltère.

     

         Mais la maison de l’accueil chaleureux, ce fut le café Limousinot. J’étais prévenu : tous les jours le facteur avait là sa table et son dîner gratis. Aussi j’y suis entré la bouche en cœur…

    -   Pauvre gros, fit la patronne, assieds-toi bien vite !...Tu dois être fatigué, pauvre petit !... Charlot ! Presse vite le dîner : c’est le nouveau facteur… Vois-le, tiens !...Quel brave enfant !... C’est notre bon petit Gilles (de Saint-Philibert)…

     

         Tout en parlant de ma sœur, en pleurant, en s’essuyant les yeux au coin de son tablier, la Fanchette me servit un repas formidable arrosé d’un bon petit vin blanc…

    -  Te voilà un peu remis d’aplomb !...Hein, mon pauvre gros ! Me dit-elle tandis que je me levais de table.

     

         Je ne me rappelle plus bien comment je me suis retrouvé sur la place, occupé à distribuer mon courrier aux galopins du village, qui se disputaient et s’arrachaient les paquets de lettres…Il en est venu des gens !...J’étais heureux de leur serrer la main à tous…Et je ne me rappelle pas davantage comment je me suis trouvé par la suite tout seul sur le chemin des Chambertins au soir de cette journée…Je m’étendis dans l’herbe tendre du fossé et m’engloutis dans un sommeil dur comme la corne.

     

                                                                     Gaston ROUPNEL (Le Vieux Garain)

     

    (1) L’auteur se trompe, le premier timbre de France ne datant que du 1° janvier 1849

     

     

     


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  • commissions poste

     

    LA POSTE AU COMMISSIONS DE 1848

     

    dite « Poste à cinq sous »

     

    Après la proclamation de la II° République en 1848 un souffle de liberté balaya la France et on vit se fonder un peu partout des journaux républicains et des associations démocratiques.

     

    Tout le monde sait que les postes n’échappèrent pas à ce zèle qui suit d’ordinaire toutes les révolutions. Les postiers réclamèrent, comme les autres fonctionnaires des augmentations et formèrent des syndicats. Ils eurent même leur journal le « Moniteur des Postes » dont l’unique numéro célèbre les vertus des « esclaves d’hier », maintenant citoyens à part entière…

     

    Une tentative de service privé vit le jour dans l’euphorie générale et ne semble pas avoir duré bien longtemps : il s’agit de la « Poste au commissions. »

     

    Donc en cette année 1848, par acte devant Maitre Bayard, notaire, 22, place du Louvre à Paris, était fondé une « Société de travailleurs organisés » dont le siège social était au 6 de la rue Neuve-Saint-Augustin.

     

    Le capital de 100 000 francs en 4000 actions de 25 francs  ne semble pas avoir été entièrement versé. Le fond de réserve déposé au départ à la Caisse des dépôts et Consignations fut cependant de 25 000 francs. Le but de la Société était de permettre à tout Parisien, commerçant ou particulier d’envoyer un objet quelconque à n’importe quel autre Parisien en quelques heures et de recevoir éventuellement une réponse. De plus les cartes de visites pouvaient elles aussi être apportées ainsi que les imprimés.

     

    Une organisation fut mise en place : Paris était quadrillé en 30 quartiers. Dans chaque quartier plusieurs « relais hommes » étaient établis, de telle sorte que la distance entre chacun ne dépassa pas 200 mètres ! Ainsi « Chaque habitant en trouvera un à 50 mètres de chez lui en moyenne, c’est-à-dire les uns à 100 mètres au plus, les autres dans leur maison même »

     

    Chaque quartier avait droit à un Inspecteur qui avait «  pour mission d’ouvrir des relations avec la population toute entière, de veiller à l’excellente exécution du service, d’entretenir la clientèle dans un état constant de satisfaction ».

     

    Les relais sont numérotés de 1 à 585 mais des numéros sont laissés vacants pour des extensions éventuelles. En plus des « stationnaires centraux » et des « stationnaires répétiteurs » il n’y avait pas moins de 324 courriers qui remettaient n’importe où la « commission » en moins de deux heures.

     

    Tout ce monde était rémunéré  par un partage communautaire des recettes.

    Pour être inspecteur il fallait avoir cependant acheté 20 actions. Une option de salaire sous forme d’action et non d’espèces était prévue pour les camarades peu fortunés mais riches d’espoir.

     

    Le tarif était de 25 centimes par envoi, soit 5 sous, et 30 avec réponse. Il faut noter la vente de cachet à 20 francs le cent qui permettaient aux gros clients de ne payer que 20 centimes. Il y avait là un véritable billet de port payé précédant le timbre-poste de quelques mois ! On ne connaît pas le tarif des cartes de visite. Les clients avaient droit à un récépissé et la Société garantissait en même temps une indemnité en cas de perte et la protection de tout envoi par une toile cirée en cas de pluie. Le service a commencé en octobre 1848.

     

    Hélas notre poste à cinq sous ne semble pas avoir bien fonctionné. Dans un « ordre du jour » du 7 janvier 1847 signé de Ph. Maneiry on peut lire bien  des déboires « Travailleurs, le service ne se fait pas régulièrement, la distribution laisse beaucoup à désirer, les réponses mettent trois fois trop de temps ou manquent tout à fait, les objets s’égarent, on ne tient pas compte des ordres du jour, chacun veut faire le service à sa manière…au lieu de s’unir étroitement dans une pensée commune pour le bien de l’entreprise, comme nous l’avons tant de fois recommandé, chacun déblatère sur son coassocié, rejette les fautes sur les autres et c’est à qui de tous les sociétaires, qui jettera des bâtons dans les rouages de cette affaire pourtant si belle, si sure, et qui ne demande pour progresser qu’un peu de bon sens ».

     

    Le pauvre gérant explique plus loin qu’il est « en buttes aux accusations les plus absurdes », « jusqu’ici quelques amertume qu’il ait pu rencontrer dans l’accomplissement de sa tache, il a tout supporté en vue du succès de l’entreprise…Mais aujourd’hui que les mauvaises passions de quelques travailleurs les ont poussés à répandre des calomnies sur sa personne et son caractère, il prévient qu’il va saisir les tribunaux. » Il ajoute cependant qu’il y a de bons travailleurs qui suivent une voie « honnête et droite ».

     

    Il espère rentrer dans une phase plus brillante et fait un bilan désabusé. Au cours de la semaine écoulée, il y a eu 6787 commissions à prix divers qui ont rapporté 1733,60 francs, lesquels partagés entre les seuls courriers donneraient 5,35 francs à chacun. Il faut prélever sur les recettes des cartes de visite du nouvel an pour porter leur salaire à 6 francs seulement. Ce prélèvement laissera tout juste asse pour donner un acompte de 50 centimes par jour aux inspecteurs qui n’ont rien touché depuis le début (Ils ont cependant versé 500 francs).

    Les stationnaires, eux non plus n’ont rien touché encore. I leur faut faire une demande écrite pour réclamer leur part mais on les avertit qu’il n’y a que 604 franc à leur distribuer.

     

    Après avoir recommandé à tous de bien remplir les imprimés de service blanc et jaune, de les barrer à l’encre lorsqu’ils sont utilisés, de porter en tout temps la casquette « même pour les distributions d’imprimés » le gérant termine par le rituel : « Salut et Fraternité ».

     

    On peut douter que la « Poste à cinq sous » ait fonctionné encore bien longtemps. Il est probable que les « Travailleurs organisés » sont tombés dans l’oubli.

    assiette

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  • facteur rural parapluie

    Journal  « Echo de la Loire » : 29 janvier 1843

     

    Postes – Service Rural

     

    Le Préfet de la Loire aux Maires du département

     

                                                               Messieurs,

     

         Il existe encore, dans le département de la Loire 210 communes qui ne sont desservies que de deux jours l’un par les facteurs ruraux.

     

         Le budget de l’état, pour l’année 1843, contient une augmentation de crédit de 300,000 francs destiné à l’amélioration du service rural des postes ; mais cette somme est insuffisante pour généraliser l’avantage d’un service journalier, en l’étendant à toute les communes.

     

         Cependant, l’administration des postes désirerait être éclairée sur les besoins relatifs des communes pouvant prétendre à cet avantage, qui leur sera offert tôt ou tard.

     

         A cet effet, si votre commune est du nombre de celles dont je viens de parler, je vous invite à réunir le conseil municipal, pour qu’il émette son avis sur l’opportunité de la création d’un service journalier. Ce conseil devra expliquer les motifs qui seraient de nature à justifier la nécessité de cette création immédiate.

     

         Vous m’enverrez sans retard, par l’intermédiaire de M. le sous-préfet la délibération prise dans cet objet, et je la transmettrai à l’administration des postes.

     

                                     Recevez, etc.

     

                                                                           Le Préfet, P. de Daunant


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  • facteur rural

     

    CURIEUSE  LETTRE POSTALE DE 1830

     

                                                            Roanne le 3 avril 1830

     

              Monsieur et cher Collègue

     

         Les facteurs ruraux doivent preter serment

    Devant le Juge de paix du Canton où ils sont employés

         Vous devez verser tous les jours à moi le montant de la

    taxe des lettres que je vous enverrai, mai quand à la taxe

    suplémentaire c’est seulement au Directeur de Lapacaudière

    a qui vous verserez en l’expliquant sur la feuille d’avis

    journalière.

         Vous n’aurez donc plus à tenir un compte par moi comme

    faisiez puisque ce sera tous les jours que m’enverrez le montant des

    lettres que je vous aurez envoyé.

           S’il y en a et il ne faut pas omettre de m’envoyer les feulles

    d’’avis vous devez voir que c’est une pièce de comptabilité qu’il faut

    que j’envoye à la suite de mes comptes demain.

           Les feuilles d’avis pour que les facteurs doivent cous être

    envoyées par le Directeur de Lapacaudière demandez les lui.

           Relisez bien l’instruction que vous avez reçue et penetrez

    vous bien de toutes les dispositions.

           J’ai l’honneur d’être avec ma parfaite considération

                                                                  Votre dévoué

                                          (signature) JOURJON

     

    (A monsieur Chavannes Distributeur des Postes à Saint-Germain-l’Espinasse)

     

                                              

       

        

     

     

     

     

     

                                                                                


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