• NOTRE-DAME de la ROCHE (Les Sauvages 69)

    Hebergeur d'image

    De ce promontoire rocheux et escarpé qui festonne les crêtes des Monts de Tarare et d’Amplepuis, la vue plonge sur le lyonnais et le lointain massif du Mont-Blanc ;

     

    Dans ce Haut-lieu « où souffle l’Esprit », le dimanche du Rosaire de 1842, la petite Marie Pestier vient d’un geste simple et naïf déposer dans une anfractuosité une image de la Vierge.

     

    En passant avec les bêtes qu’elle garde durant la semaine elle s’y arrête quelques instants pour prier. Le dimanche après-midi, elle y entraîne quelques compagnes. Les familles sont informées ; peu à peu elles y montent curieuses et étonnées. Au Charpenay, à Rechagny, à Beaumangu, Viaudière, Majournet, Moissonière, et autres hameaux, les gens en parlent…Un certain Louis Perret, architecte, possède quelques terres en ces lieux. Un jour, il apprend que depuis 15 ans, on monte là-haut pour vénérer celle que Marie Pestier a baptisé Notre-Dame de la Roche. Il propose d’y faire installer une statue dont il confie l’exécution à un sculpteur de ses amis : Mr Fabisch.

     

    Taillée dans la pierre noire de Volvic et d’une hauteur de 4, 50 m, l’œuvre est installée sur un piton de rochers assemblés.

     

    Profitant de l’activité du chantier, le curé des Sauvages fit édifier le Chemin de Croix qui encadre le plateau menant à la statue. A son initiative, Rome saisi de ces réalisations réagit par un Bref que le Pape envoie, et dont la teneur est inscrite sur un marbre scellé au bas du piédestal :

     

              « Sa Sainteté Pie IX, par un Bref du 15 mars 1861, a accordé une indulgence plénière le jour de l’inauguration ; 7 ans et 7 quarantaines le jour anniversaire de la fête ; et 300 jours chaque fois que l’on récitera cette prière « Sainte Marie Immaculée, priez pour nous ».

     

    Le 29 septembre suivant, a lieu la bénédiction solennelle. Présidées par Mgr de Charbonnel, ancien évêque de Toronto qui se démit de sa charge pour devenir simple franciscain, les festivités se déroulent dans un enthousiasme de foi profonde.

     

    En ce 29 septembre au matin et à partir de l’église paroissiale Saint Pierre, le cortège se forme dans le bourg décoré de guirlandes, fleurs et mousselines. Une soixantaine de jeunes du village avaient fondé une Confrérie chargée de former la Garde d’Honneur et de veiller à l’ordonnancement des cérémonies. Ils s’étaient aussi choisi un uniforme rappelant un peu celui des chevaliers médiévaux : Buridan étoilé, tunique et collerette bleu-ciel, large croix blanche sur la poitrine, gants et pantalons blancs. Parmi eux, ils ont nommé des officiers pour commander, des massiers pour ouvrir la marche et des trompettes et tambours pour scander.

     

    A 10 heures la procession vers la statue à 2 km de là commence.

    En tête, les massiers avec leurs cannes à pommeaux d’argent, puis la bannière où les jeunes ont fait broder leur devise : « Nous l’avons choisie pour gardienne de notre contrée ». Ce sont ensuite les chevaliers portant la hallebarde avec flamme rouge et encadrés par les officiers, l’épée au côté. Entouré d’enfants en aube avec des lys blancs s’avance un char fleuri surmonté d’une statue de la Vierge. Il est porté par quelques Confrères et suivi d’un garde tenant en main le Bref de Pie IX. Viennent d’autres enfants chargés des instruments de la Passion puis un groupe imposant de jeunes filles vêtues de blanc. Précédé d’une croix d’argent, voilà le clergé en surplis venu nombreux des paroisses voisines … et l’immense foule de ceux des Sauvages, d’Amplepuis, Tarare, Joux, Valsonne, Ronno même. La batterie des tambours et clairons alterne avec les cantiques et les prières.

     

    Après une grand’messe célébrée là-haut en plein air, c’est la bénédiction officielle de la Statue et du Chemin de Croix dans un cadre abondament fleuri et décoré. La nuit tombée, un feu d’artifice cloture l’inoubliable journée. Des estimations faites par la presse parlent de 20 000 personnes présentent…

     

    D’une telle foule, dont une partie converge chaque année vers les lieux du pèlerinage, jaillit l’idée d’un sanctuaire. Elle se concrétise avec les plans de Mr Bossan qui vient de construire la grande basilique de Fourvière. Terminée en 1847, elle est bénie par Mr Nicolle supérieur des lazaristes de Lyon. C’est devant le porche soutenu par deux colonnes de Volvic que se fait inhumer Mr Perret en 1885. Le sanctuaire en harmonie avec l’environnement et le climat est d’aspect austère. Seul l’autel et son rétable ont été volontairement ouvragés et ciselés. Une statue de la Vierge à l’Enfant sculptée par Mr Dufresme trône à l’aplomb du tabernacle.

     

    En 1868, les Pères Lazaristes s’installent dans un bâtiment construit en contrebas de la chapelle. En 1873 ils l’agrandissent, réalisant deux ailes de 25m de longueur chacune entre lesquelles s’étire un cloître.

     

    C’est en 1883 que les prêtres du Prado du père Chevrier prennent la relève et y fondent une école cléricale qui se transforme par la suite en petit séminaire.

     

    Les pélerinages connaissent une intensité exceptionnelle. Avec l’arrivée de l’automobile, les brigades de gendarmerie de Tarare et d’Amplepuis doivent coordonner les mouvements de voitures. Les files s’allongent jusqu’au village des Sauvages…

     

    Hebergeur d'image

     

    Deux oratoires viennent par la suite compléter les implantation réalisées : celui de N.D. de la Compassion où l’on a reconstitué en relief et grandeur nature les personnages de la Scène de Sépulture du Christ. Dans une cavité de la roche, protégée de grilles, l’image de Marie Pestier. L’autre, dit de la Nativité, abrite une composition des acteurs de la Nativité dûe à Mr Fabisch.

     

     

    Dans les futaies de sapins, on rencontre encore la statue de Ste Germaine Cousin. Les roses glissant de son tablier évoquent le miracle dont elle fut l’objet quand sa marâtre de belle-mère la soma de lui montrer le pain qu’elle emportait aux pauvres…

     

    En juin 1972, les Pradosiens ferment l’école. Sous la présidence de Mr Bonnassieux, une Association loi 1901 se forme, « l’Association de la Roche ». Avec une ténacité sans égale, un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T.) se met en place. Le dynamisme de l’équipe Encadrement-Parents aidée du Conseil Général emporte les dernières hésitations des Pouvoir Publics… « Des familles d’handicapés ou malade mentaux cherchant désespérement une place … comptent sur nous ». (Livret du 10° Anniversaire).

     

    Aujourd’ui, 150 ouvriers y apprennent un métier en quatre zônes de formation.

     

    1 800 m2 d’ateliers les accueillent, soit en :

    ·        Secteur textile : couture confection   (60 000 serviettes toilettes … 20 000 nappes par mois).

    ·        Secteur fer : soudure, brasage, présentoirs (1 tonne de fil par jour)

    ·        Secteur forestage-espaces verts : plantations, jardins, environnements…

    ·        Secteur conditionnement : échantillonnages – emballages – montages…

     

     

    Trois foyers d’hébergement sont mis à leur disposition. Le premier à la Roche avec 48 résident, le second à St Marcel-de-Félines : 20 places et un autre encore à la Plata à Tarare de 14 personnes en 4 appartements.

    Sous la direction de Jean-Michel Lacondemine, le C.A.T. poursuit son but : « permettre à des personnes qui ont été mises à l’écart de mener une vie la plus proche de Monsieur et Madame TOUT-LE-MONDE » (Livret du 10ème Anniversaire).

     

    Gabriel FOUILLANT et Germain PATAY (70 chapelles autour de Amplepuis, St Symphorien-de-Lay, Néronde)


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :