• Pierre Dumas le



    PIERRE DUMAS <o:p></o:p>

    dit « Le martyr du Roannais » (1819 /1900)<o:p></o:p>

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    « Le nom de Pierre Dumas rappelle toute une longue série d’actes d’humanité, de dévouement et d’abnégation dans tout le bassin de <st1:personname productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:personname> où cette honorable  famille est avantageusement connue »<o:p></o:p>

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    Ainsi débute à la une du bimensuel n° 342 du 15 novembre 1898 « Le Monde Humanitaire », un article consacré à Pierre Dumas, un « héros du devoir » dit « le martyr Roannais », que cette qualification ne semble pas pour autant avoir fait passer de sa réputation en 1898 « dans tout le bassin de <st1:personname productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:personname> » à la postérité.<o:p></o:p>

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    De nos jours, seul subsiste, à défaut d’une gloire posthume, son tombeau au cimetière de Roanne, au premier rang de l’allée 4, au droit carré. Sur des sépultures militaires de la garnison (98 R.I.). Sur l’imposante stèle qui surmonte le caveau, on peut lire, malgré l’érosion du temps qui a rongé la pierre<o:p></o:p>

              Pierre Dumas dit le Martyr Roannais<o:p></o:p>

              1819/1900<o:p></o:p>

    Et reconnaître ses traits de vénérable vieillard, tels que nous les montre la photographie du « Monde Humanitaire », dans le masque en fer forgé plaqué sur la stèle.<o:p></o:p>

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    Pierre Dumas est né à Bully (Loire) en 1819, dans une famille de quatorze enfants. Son père, Jean-Claude fut d’ailleurs maire de Bully ainsi qu’un de ses frères. Lui-même quitta le pays natal pour venir s’installer à Roanne où il fonda une boulangerie.<o:p></o:p>

    Il appartint en outre au corps des sapeurs-pompiers de la ville.<o:p></o:p>

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    Qu’a donc pu faire notre héros pour mériter un tel qualificatif de « martyr du Roannais » ? C’est ce que nous apprend ce numéro du Monde Humanitaire qui relate pas moins de 325 actes de bravoure à son actif, soulignant qu’ils « sont attestés par de  nombreux témoins et dûment légalisés ». Encore est-il indiqué qu’il aurait pu être cité un plus grand nombre. De plus, il n’est pas remonté à la période antérieure à 1858. Il semble donc que Pierre Dumas se soit toujours trouvé à point nommé lorsque se produisait un évènement dramatique, incendie, cheval emballé, noyade, voir agression.<o:p></o:p>

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    Découvrons donc ce « Martyr Roannais » à travers les récits pittoresques relevés dans le Monde Humanitaire, de ces nombreux faits divers qui nous font connaître à la fois le courage et les mérites de Pierre Dumas, et aussi quelques aspects de l’histoire locale.<o:p></o:p>

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    INCENDIES<o:p></o:p>

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     Ainsi, le 15 août 1858, « un incendie se déclare dans la scierie de MM. Guillet et Cie au Coteau. En un clin d’œil, l’incendie qui avait un aliment facile devient un immense brasier menaçant d’envahir les maisons voisines. <o:p></o:p>

    Au premier appel, M. Pierre Dumas arrive sur les lieux du sinistre et aide à l’organisation des premiers secours. Durant 7 heures, il est resté dans <st1:personname productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:personname>, faisant la chaîne pour alimenter les pompes. Trempé jusqu’aux os, il fut atteint d’une fluxion de poitrine et contracta des rhumatismes qui le firent horriblement souffrir ».<o:p></o:p>

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    Le 18 février 1872 « un terrible incendie se déclarait dans la fabrique de coton de M. Roy, de Roanne. Au premier appel, M. Dumas qui appartient à la compagnie des sapeurs-pompiers, fut aussitôt sur les lieux du sinistre. En attendant l’arrivée des pompes, il dirigea les premiers secours et put sauver une grande quantité de marchandises. Sans ce prompt secours, la maison entière eût été la proie des flammes. Là encore, le brave pompier fut assez grièvement blessé et cloué trois semaines au lit ».<o:p></o:p>

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    Le 10 mars 1873 « notre sauveteur contribue puissamment par son intervention à l’extinction de l’incendie de la maison Pomey, au Coteau.<o:p></o:p>

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    Le 14 février 1875 « En 1875, le 14 février, il fut blessé en combattant un incendie qui s’était déclaré dans les ateliers de l’imprimerie Ferlay ».<o:p></o:p>

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    Le 24 juin 1876, « la foudre étant tombée sur le clocher de l’église du Coteau, en pleine nuit, le feu se déclarait. M. Dumas fut l’un des premiers sur es lieux. Kil n’hésita pas à monter sur le clocher pour diriger le jet de la pompe à incendie. Cette position était des plus périlleuses, car l’incendie faisait de grands progrès et menaçait d’envahir tout le clocher, dont une des cloches venait de tomber. Il pouvait d’un instant à l’autre être atteint par les flammes ou entraîné par l’effondrement du clocher. Pas un instant le danger put le distraire du devoir et l’intrépide et courageux soldat du devoir ne quitta sa place que lorsque le danger eut complètement disparu ».<o:p></o:p>

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    Le 21 février 1877 et le 5 septembre « il se distingue dans les incendies de la maison Thoral à Vougy et du café Béroud à Roanne, où il reçut plusieurs contusions ».<o:p></o:p>

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    Le 27 mars 1878 « nous retrouvons encore le courageux sauveteur dans les incendies de la maison Lenoir, rue de Saint-Jean et dans celui de la maison Barret, le 18 septembre, où il combattit chaque sinistre avec un  égal dévouement, dans le premier il exposa gravement sa vie ».<o:p></o:p>

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    Le 1° avril 1879 « Monsieur Dumas se distingua dans un incendie qui éclate rue Traversière. Puis le 29 juin, un incendie éclate chez M. Blettery, de Renaison. M. Dumas se multiplia et parvint à se rendre maître du feu. Le 20 août, il éteignit un commencement d’incendie qui s’était déclaré chez les époux Crétin, rue des Planches ; le 7 septembre, à l’incendie de la maison Desbenoit frères, aidé du sieur Joannin, il évita de grands malheurs en faisant renverser la vapeur d’une machine que les flammes entouraient et qui menaçait de faire explosion ».<o:p></o:p>

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    Le 2 décembre, il se distingue à l’incendie de la maison  Valle, rue Saint-Jean.<o:p></o:p>

    Dans la nuit du 12 au 13 août 1884, notre sauveteur se fit remarquer dans l’extinction du grand incendie de la scierie Guillet fils et Compagnie.<o:p></o:p>

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    Le 21 décembre 1889 « un incendie se déclarait chez Mme Bollus rue des Aqueducs. Arrivé un des premiers, il arrêta les progrès du feu en attendant l’arrivée des pompiers, les pertes s’élevèrent néanmoins à une vingtaine de mille francs.<o:p></o:p>

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    Accidents<o:p></o:p>

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    En 1866 « pendant les terribles inondations de <st1:personname productid="la Loire" w:st="on">la Loire</st1:personname>, il se distingue et notamment il sauva M. Thezenas, sous-préfet qui fut pris dans des éboulements où il aurait été entraîné inéluctablement, ainsi que madame Thezenas qui l’accompagnait »<o:p></o:p>

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    Au mois de février 1869 «  le jour de la foire de Thizy (Rhône), M. et Mme Corgier et leur fille se trouvaient en voiture lorsque tout à coup, le cheval, effrayé par le bruit des saltimbanques, prit le mors aux dents, partit à fond de train, renversant trois personnes. La foule effrayée se sauva de toutes parts. Seul le brave Dumas eut le courage d’affronter le danger ; s’élançant résolument au-devant de l’animal, il le saisit par la crinière et par la bride. Après avoir été traîné sur un espace de <st1:metricconverter productid="300 m│tres" w:st="on">300 mètres</st1:metricconverter> environ, il put maîtriser l’animal au moment où la voiture arrivait au bord d’un ravin profond où tout eut été englouti ; grâce au courage de M. Dumas, les trois personnes eurent la vie sauve, le courageux sauveteur en est quitte pour quelques blessures aux bras et aux jambes qui l’on forcé à garder le lit pendant six semaines.<o:p></o:p>

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    Dans un fait analogue, le 20 mars 1871, le courageux sauveteur Dumas sauve le sieur Fenaillon, âgé de 71 ans, qui venait de recevoir un coup de timon de voiture, et qui eut été certainement écrasé par les roues du véhicule s’il ne s’était précipité à son secours pour le sauver d’une mort certaine.<o:p></o:p>

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    Le 19 septembre suivant, il sauva la vie du sieur Troucy, aubergiste à Ouches, qui était tombé dans un ravin ou il y avait environ 2 ,53 m ; d’eau. Le malheureux qui amputé d’un bras et aurait certainement péri sans le dévouement de m. P. Dumas.<o:p></o:p>

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    Le 31 mars 1873, vers 7 heures du soir, le courrier de Saint-Just-en Chevalet, tout chargé de conscrits qui chantaient arrivait à fond de train dans le faubourg Clermont. Monsieur Dumas qui passait à ce moment, aperçut le sieur Breton, âgé de 72 ans, à quelques pas seulement de la voiture ; les appels faits au cocher n’étant pas entendus, et comme il n’y avait pas une seconde à perdre, M. Dumas s’élança résolument à la tête des chevaux, au risque d’être broyé lui-même, et parvint à les arrêter juste au moment où le malheureux vieillard allait être écrasé par les roues de la voiture après avoir été piétiné par les chevaux. Notre ami prodigua ensuite des soins empressés au blessé et le fit conduire dans sa famille, au faubourg Mulsant où il courut chercher un médecin qu’il paya lui-même.<o:p></o:p>

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    Le 23 juin 1875, il arrête u n cheval emporté et « vite ainsi de grands dangers. Le 10 septembre, il renouvelle ses exploits en s’élançant  à la tête d’un cheval emporté et, après une lutte terrible, parvient à dompter l’animal qui semait l’effroi sur son passage. Dans cette circonstance périlleuse, il avait encore courageusement exposé sa vie.<o:p></o:p>

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    Le 11 mars 1877, il avait sauvé d’une mort certaine un vieillard de 65 ans au moment où il allait être broyé par deux voitures entre lesquelles il avait été pris, il ne dut son salut qu’au prompt secours de Dumas, et sans lui, il eût été infailliblement écrasé.<o:p></o:p>

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    Le 15 avril 1878, il porta secours à n malheureux charpentier tombé d’une bâtisse en construction et lui prodigua des soins empressés.<o:p></o:p>

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    Le 20 juin 1879, un cheval attelé à une voiture dans laquelle se trouvaient deux personnes, prit peur et s’emballe, la rue était pleine de monde et des accidents étaient à redouter ; mais heureusement <st1:personname productid="la Providence" w:st="on">la Providence</st1:personname> veillait et M. Dumas survint qui s’élança hardiment à la tête du cheval et le maîtrisa, malheureusement il fut blessé à la main droite.<o:p></o:p>

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    Le 10 juillet, il porta secours à M. L. Cherpin qui, par suite d’un choc, avait été précipité de sa voiture.<o:p></o:p>

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    Le 25 septembre, il porte secours à un jeune home tombé sous une voiture.<o:p></o:p>

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    Le 3 novembre, il arrête un cheval emporté au moment où la rue était pleine d’enfants qui sortaient de l’école, il a certainement évité des accidents graves.<o:p></o:p>

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    Le 26 janvier <st1:metricconverter productid="1880, M" w:st="on">1880, M</st1:metricconverter>. Dumas fut blessé en tombant sous une voiture chargée pour éviter que des enfants ne fussent atteints par ladite voiture.<o:p></o:p>

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    Agressions<o:p></o:p>

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    Le 22 septembre 1878, vers minuit, trois jeunes filles, les sœurs Bussy, étaient accostées par des malfaiteurs qui voulaient leur faire un mauvais parti,  leurs appels désespérés furent entendus de M. Dumas qui s’élança à leur secours, les vagabonds s’enfuirent, laissant les malheureuses couvertes de sang. Sans le secours de M. Dumas, les pauvres filles auraient sans doute été assassinées.<o:p></o:p>

    Le mois suivant, il arrêtait un malfaiteur.<o:p></o:p>

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    Le 4 mai 1879, dans la nuit, il donna chasse à des malfaiteurs.<o:p></o:p>

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    Le 4 octobre <st1:metricconverter productid="1882, M" w:st="on">1882, M</st1:metricconverter>. Dumas sauve la vie du sieur Recorbet, en désarmant un misérable qui voulait le tuer.<o:p></o:p>

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    En décembre 1884, il n’hésita pas à désarmer un homme armé d’un révolver, qui menaçait la sécurité publique.<o:p></o:p>

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    En septembre 1886, il contribue à l’arrestation d’un malfaiteur dangereux.<o:p></o:p>

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    A terme de cette longue litanie d’actes héroïques, on comprend que Pierre Dumas ait suscité l’admiration de ses contemporains et attiré l’attention des autorités.<o:p></o:p>

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    On apprend en effet que « le 19 novembre 1878, le gouvernement lui décernait une médaille d’honneur,  en argent, de 2° classe, pour ses nombreux actes de courage. Le 19 mars <st1:metricconverter productid="1888, M" w:st="on">1888, M</st1:metricconverter>. le Ministre de l’Intérieur lui accordait à nouveau une médaille en argent de 2° classe, pour avoir exposé sa vie en combattant de nombreux incendies, et en arrêtant des chevaux emportés ». <o:p></o:p>

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    Le 27 novembre 1894, un décret du ministre de l’Intérieur « lui attribuait une nouvelle médaille en argent, cette foi-ci de 1ère classe, pour récompenser ses actes de dévouement de 1878 à 1888 ».<o:p></o:p>

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    Enfin le « 24 mars 1897, le gouvernement honorait pour la quatrième fois, ce héros, surnommé le Martyr Roannais, en lui décernant la médaille d’honneur en or de 2° classe ».<o:p></o:p>

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    Outre ces distinctions officielles, Pierre Dumas, au cours de sa longue carrière de sauveteur, fut distingué par nombre d’association au nom évocateur : Société des sauveteurs de <st1:personname productid="la Seine" w:st="on">la Seine</st1:personname> », Société nationale d’encouragement, Union centrale des sauveteurs, Société des Chevaliers sauveteurs des Alpes-Maritimes, Société nationale de sauvetage.<o:p></o:p>

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    Pierre Dumas était devenu si populaire en France que l’Académie Française elle-même « tint à l’honneur de lui offrir  un prix dans sa séance solennelle de novembre 1897 : le prix Honoré-de-Sussy et une médaille de 1 000 francs consacrant une vie entière d’honneur, de courage, d’abnégation, de dévouement et de charité ».<o:p></o:p>

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    Hélas, toutes ces actions lui valurent d’autres retombées que ces distinctions, car il fut affligé « d’infirmités et de lésions contractées par les accidents nombreux en sauvant ses semblables qui assombrirent sa vieillesse ».<o:p></o:p>

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    Ceci ne l’empêcha pas en effet de  connaître une longévité exceptionnelle, compte tenu de la durée moyenne de la vie à cette époque, puisqu’il vécut jusqu’à 80 ans passés. Il est décédé le 19 février 1900 à Roanne en son domicile de la rue Sainte-Elisabeth.<o:p></o:p>

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    Saluons donc comme il se doit ce glorieux fils de notre Roannais dont la vie exemplaire mériterait sans doute d’être connue de nos enfants, prompts à s’enflammer pour Zorro, Superman ou autres héros de séries télévisées, connue aussi des adultes d’aujourd’hui qui se montent parfois bien indifférents aux drames de la rue ou de leur voisinage, par manque de courage ou pour ne pas avoir d’histoires.<o:p></o:p>

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    Article de Pierre Basset pour la revue N° 4 de  « Musées et Patrimoine de Roanne et sa région » éditée par la section Histoire des Amis du Musée Joseph Déchelette.<o:p></o:p>

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