• POISSONS D'AVRIL

    POISSONS D'AVRIL

    UN POISSON D'AVRIL MACABRE

    La race des mystificateurs est immortelle. Si on ne peut pas dire que l’origine de la plaisanterie connue sous le nom de poisson d’avril se perd dans la nuit des temps, on peut en citer des exemples fort anciens. Le Prédicatoriana de Peignot emprunte aux Mémoires de Dangean cette anecdote sur Joseph Clément, électeur archevêque de Cologne, qui mourut à Bonn le 12 novembre 1723.

     

    « Se trouvant un jour à Valenciennes au commencement d’avril, il fit inviter toute la ville à le venir voir officier et à entendre son sermon. L’église fut pleine et les tribunes garnies de sa musique avec trompettes et timbale. Il monte en chaire, fait le signe de la croix, salue les assistants, puis tout d’un coup s’écrie : « Poisson d’avril, poisson d’avril » et la musique de lui répondre, et lui de rire, de faire le plongeon, et de s’enfuir au brui des trompettes et des timbales ».

     

    De nos jours on s’est amusé dans les études d’avoués à envoyer le petit clerc au greffe, demander l’expédition du « Jugement dernier ». En l’An de grâce 1909 à Paris dans les magasins de nouveautés la plaisanterie à la mode consista à envoyer les jeunes vendeuses demander la presse à velours en leur recommandant bien de ne pas être vues par un inspecteur. On les faisait courir de rayon en rayon. Je n’ai dans mes cartons qu’un vieux poisson d’avril qui n’a rien de commun avec ceux qui encombrent aujourd’hui les magasins de librairie.

    C’est une pièce d’assez longue haleine soi-disant extraite du Charivari français de la ville libre de Hambourg pour paraître le 1° avril 1862 mais imprimé probablement à Paris. C’est une série de coq-à-l’âne tellement bêtes qu’ils échappent à toute analyse. Il faut croire qu’en ce temps-là il fut de mode d’envoyer aux gens des rapsodies absolument ineptes que beaucoup s’obstinaient à lire jusqu’au bout dans l’espoir d’y trouver à la fin quelque chose d’intéressant.

     

    Je reproduis seulement la vignette et son explication comme pouvant s’annexer aux parodies des lettres de deuil.

     

     

    Jules PELLISSON (Le Vieux Papier) mai 1910 Bulletin pour l’étude de la vie et des mœurs d’autrefois.

     

                              POISSON D'AVRIL !

    Tout le monde a déjà eu la bonne, ou la mauvaise surprise de découvrir un poisson en papier accroché dans son dos un 1° avril. Mais savez-vous d’où vient cette tradition ? On en trouve étonnamment les origines… un 9 août ! Jusqu’en 1564, l’année commençait le jour de Pâques. Celle-ci étant une fête mobile, elle pouvait avoir lien entre le 22 mars et le 25 avril.

     

    Mais occasionnellement, il se trouvait parfois deux Pâques dans la même année, comme ce fut le cas en 1347, le 1° puis le 20 avril. En souvenir de cela, certains continuaient à doubler les cadeaux de Pâques en ajoutant à ceux du 1° avril quelques canulars.

     

    Pâques marquant la fin du carême, il y avait alors beaucoup de poissons sur les étals, et certains trouvaient drôle d’offrir des poissons plus ou moins frais.

     

    Relativisez la prochaine fois qu’on vous colle un poisson en papier sur le dos : en d’autres temps, cela aurait pu être un vrai.

     

                                 Almanach VERMOT


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :