• Révolution à Saint-Germain-Laval : Les Chauffeurs du Pont Morru

    chauffeurs d'autrefois
     

    La Révolution à Saint-Germain-Laval…

     

    Les Chauffeurs du Pont Morru

     

    Les brigands s’étant cruellement manifestés, la Municipalité prend des mesures énergiques, hélas sans résultat et les chauffeurs s’en furent tranquilles avec les hardes et la bourse de Dame TERLUT.

     

         Ce jourd’hui 2 pluviose en IV de la République une et indivisible.

         Le Commissaire provisoire du Directoire exécutif a dit…

     

         « Dans la nuit dernière et environ sur les sept heures du soir, des brigands que l’on croit être au nombre d’une vingtaine environ, se sont introduits dans la maison de Claude Terlut, meunier au Pont Marru, commune de Saint-Martin-la-Sauveté, dépendant de ce canton, ils ne se sont point contenter de piller et emporter les effets dont ils ont pu se saisir et l’argent, ils ont exercé des cruautés et barbaries sur la personne de la maîtresse de cette maison en lui faisant griller les pieds, ainsi que nous nous en sommes assurés par le transport de notre personne dans le domicile du dit Terlut ; un pareil brigandage ne saurait trop réveiller l’attention des autorités constituées et est de leur devoir d’employer tous les moyens pour protéger la Société, veiller à ce que les personnes soient respectées, et leurs domiciles à l’abri de pareilles incursions, requiert en conséquence que le Commandant de la Garde Nationale de ce canton se concerte avec l’administration pour pouvoir aux moyens les plus prompts pour saisir les auteurs de pareils brigandages et les prévenir par la suite.

     

         Remettre en vigueur les ordonnances concernant les passeports des étrangers qui peuvent passer sur notre commune, notamment l’ordonnance de Messidor qui doit être de nouveau proclamée pour rappeler aux aubergistes et aux autres personnes recevant des étrangers qu’ils doivent s’enquérir de leurs passeports. Nous voulons pouvoir à la sécurité des personnes et des propriétés et à la tranquillité publique.

     

         Cela fait sur le papier, la Municipalité donne des ordres énergiques, l’urgence des circonstances et la gravité des sévices commis, a cru devoir suspendre tout arrêté jusqu’à l’effet de concourir conjointement à l’arrêté que se propose de prendre la dite administration municipale, soit pour réprimer les délits qui sont commis, soit pour parer à ceux qui pourraient se commettre, ainsi que pour assurer la tranquillité publique ».

         1° Que tous les agents des diverses communes répondront dans les vingt-quatre heures aux invitations des Commandants des gardes nationaux qui commanderont des piquets pour surveiller les lieux soupçonnés de servir d’asile aux brigands.

         2° Que l’arrêté pris par la Municipalité relatif aux hôteliers, aubergistes et cabaretiers logeant des étrangers et autres citoyens aura pleine et entière exécution sous peine d’être poursuivis conformément à la Loi.

         3° Que les commandants des divers piquets seront tenus de se faire présenter par les divers voyageurs les passeports dont ils doivent être nantis et s’ils n’en possèdent pas de les traduire devant les juges de police.

        4° Que les agents qui sont voisins des divers fleuves ou rivières apporteront exacte surveillance auprès des pontonniers, pour les engager à déclarer les personnes qui pourraient leur paraître suspectes. »

         Malgré ces magnifiques exhortations, les brigands continuèrent en toute tranquillité le sac des vergers, poulaillers et clapiers sans molester toutefois les personnes.

     

         Les gardes nationaux si énergiquement requis se tinrent coi, peu soucieux de courir les bois par nuit noire et d’y rencontrer les brigands.

         Monsieur DUPUY du CHATELARD commandant général de la garde nationale s’en plaint amèrement.

         «  Ce jourd’hui 7 pluviose en IV l’Administration municipale du canton de Saint-Germain-Laval en séance…

         Le citoyen DUPUY du Chatelard commandant de la Garde Nationale nous a assuré que diverses fois, il aurait requis des piquets pour faire des patrouilles pendant la nuit dans les endroits soupçonnés de servir de retraite aux malveillants, ainsi que pour prévenir les délits qui ne se sont que trop manifesté dans toute l’étendue de ce canton, mais que ces mandats ou invitations péremptoires sont restés sans exécution et que plusieurs citoyens se livrent à une insouciance impardonnable, ce qui nous force à porter plainte pour engager les citoyens à rentrer dans le devoir prescrit par la Loi ».

     

         La plainte du Commandant resta, elle aussi, sans effet ; au crépuscule il se trouvait seul au lieu de rassemblement et bien entendu se gardait de parcourir champs, bois et guérets à la recherche des bandits.

         La Municipalité ulcérée par l’échec de son  autorité décida de s’en prendre à des adversaires plus nombreux mais beaucoup moins dangereux à occire, elle déclara la guerre à la grande famille des « lépidoptères » également ennemis des vergers, il s’agissait tout simplement de la destruction des chenilles.

     

         Et l’on reprit la plume :

         « Ce jourd’hui 5 germinal en IV de la République une et indivisible, l’Administration municipale en séance publique.

       Le Commissaire du Pouvoir Exécutif a représenté que pour la justesse de l’Agriculture et la conservation des arbres à fruits, il importe d’engager les citoyens des diverses communes à écheniller les arbres pour pouvoir annuler les pontes d’insectes.

         Arrête que les agents des communes sont invités à réunir leurs concitoyens à l’effet d’écheniller les arbres à fruits et haies, invitons les dit agents à se livrer sans faiblesse à cette utilité dans la huitaine à défaut de remplir les vœux de la Loi relative à l’échenillage, ceux qui s’y refuseront seront condamnés aux peines y portées.

         Fait et arrêté les susdits jours et mois.

         Suivaient six signatures follement décidées

                                                                                           Lignon et Forez 1959


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