• ROANNAIS, le "MARCEL"?

    ROANNAIS, le MARCEL ?

    (Article tiré du magazine « Vivre à Roanne du mois de Septembre 2012. »)

    A cette question, le service des archives de la Ville de Roanne est prêt, après plusieurs mois d’enquête, à répondre : oui…et non !

    Certaines photos antérieures à la guerre de 39-45 laissent supposer que la forme du débardeur existait déjà sans rien devoir à une quelconque influence roannaise. La légende dit que ce sont « les forts des Halles » qui, pour être plus à l’aise dans leur travail, ont eu l’idée de créer cette pièce d’habillement…

    Ce que le « marcel » doit à Roanne de limite sans doute à son nom, à sa qualité et à sa diffusion à grande échelle. Les trois lui viennent en effet d’un Roannais d’adoption : Marcel Eizenberg.

    Né le 1° février 1920 à Varsovie, il réside à Paris et lorsqu’il perd sa mère en 1924, il est placé à l’orphelinat Rothschild. Pendant la Seconde guerre mondiale, il porte l’uniforme du 1er Régiment Etranger de Cavalerie et c’est en Tunisie qu’il est démobilisé en octobre 1940.

    Il est accueilli chez son père, employé à l’Arsenal, fin octobre de la même année. Le 12 décembre, il épouse la Polonaise Liba Skorska. De confession juive, il se réfugie avec elle en Suisse jusqu’à la fin de la guerre.

    En 1944, ils retournent à Roanne avec leur jeune fils et ouvrent une bonneterie où ils sont les seuls employées.

    Les établissements Marcel naissent en 1949, ils créent alors un « maillot de corps », sans manches, avec tricotage Richelieu (en maille unie avec des côtes) ne se décline qu’en deux couleur : blanc ou bleu marine.

    Ils écoulent leur productions à Paris et une hypothèse circule sur le fait que ce seraient les grossistes du quartier du Sentier qui auraient baptisé le débardeur du prénom de son fabriquant. Ce dernier n’a jamais déposé le modèle, il s’est contenté d’y inscrire sa marque « NILMELIOR », le M et le E inscrits au centre pour les initiales de son créateur qui veut dire en latin : « la meilleure chose ».

    Très vite, le succès est au rendez-vous, gagnant même les Etats-Unis où Marlon Brando en arbore un dans le film «  Un tramway nommé désir ». Tandis qu’en France, Montand et Vanel s’exhibent en « marcel » dans « Le salaire de la peur ».

    Pendant plusieurs générations, le « marcel » sera une pièce incontournable de l’habillement masculin, pour petit et grands, puis, il tombera doucement en désuétude. Aujourd’hui il est de retour, unisexe et intemporel.

    Marcel Eizenberg s’est éteint le 12 janvier 2010 ;

     

     

    LE PATRIMOINE DES BEAUFS à l’UNESCO

    Vu sur internet en date du mois de septembre 2011

    La nouvelle est doublement historique : l’UNESCO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture, a annoncé cette semaine la création du “Patrimoine mondial des Beaufs” composé – et c’est là l’autre nouveauté -, non pas de sites géographiques mais simplementd’objets tous bien issus de la “Culture Beauf”. Ce faisant l’organisme international reconnaît officiellementl’universalité du Beauf, ce profil détonant, inclassable mais présent dans toutes les sociétés, à toutes les époques. Rappelons que le Beauf possède plusieurs dénominations selon les pays, tantôt Jacky ou Jean mi-mi, tantôt redneck ou Bougon ; et n’oublions pas non plus que son espèce est depuis longtemps en voie de disparition, triste victime collatérale de l’allongement de la durée des études.
    Alors, pour inscrire le Beauf au Patrimoine de l’humanité, afin de préserver la trace de son esprit pour les générations futures, l’UNESCO n’avait pas d’autre choix que d’inclure des objets au catalogue de l’humanité. Car le Beauf n’a jamais eu de monument érigé à sa gloire ou de chef-d’œuvre réalisé pour sa postérité : il n’a et n’aura jamais que de menus objets, de petites “choses” bien à lui d’un style qui, sans être propre, lui appartient pourtant.

    Tranche d’Absurde, pour saluer la belle décision de l’organisme international, souhaitait présenter en détail les 15 objets Beaufs évoqués lors des commissions d’examen d’entrée au Patrimoine. Les objets sélectionnés seront prochainement placés dans un “Jacky Hall of Fame – Temple de la Renommée des Beaufs”. L’emplacement du Nouveau Temple n’a malheureusement pas encore été décidé, faute de consensus : tous les membres de l’UNESCO sans exception ont postulé pour l’accueillir sur leur sol.

    Parmi ces objets :

    Le Marcel

    C’est encore et toujours l’objet de débats enflammés au sein de l’UNESCO car le Marcel (ou wife beater) existe bien dans toutes les cultures mais à chaque fois sous une forme ou une couleur différente. Malgré la volonté unanime d’inscrire l’objet au Patrimoine, les membres de l’organisation internationale restent donc incapables de s’entendre sur une unique représentation du Marcel : propre ou sale, aisselles plus ou moins dégagées, blanc ou noir… C’est apparemment la version blanche, aérée et propre qui devrait être retenue pour rejoindre le Patrimoine mondial des Jackys. Le port du Marcel est toujours très répandu dans le monde, même en ville, mais il semble de moins en moins assumé dans les pays occidentaux, généralement masqué sous la chemise et boudé en public. Malgré cela, le Marcel semble véritablement indémodable : tant que l’Homme vivra, il restera porté.


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