• SAINT VICTOR SUR RHINS : un prieur

    SAINT VICTOR SUR RHINS : un prieur

     

    (Antoine Pignard)

     

    Pour la Journée du Patrimoine du 19 septembre, Les Chemins du Passé décident de faire revivre quelques heures, à Lay ; 1 personnage important de chacun des 16 villages du canton de Saint-Symphorien-de-Lay. Un membre de l’association déguisé le représente et il est chargé de lire un petit texte sur son état aux visiteurs qui se présentent.

    Quatre groupes sont formés : Ballade postale, ballade préhistorique, Ballade Layoise et ballade au cœur de LACIM.

     

    Groupe 1 : Ballade postale

    SAINT VICTOR SUR RHINS : un prieur

    SAINT CYR DE FAVIERE : un chevaucheur royal

    MACHEZAL : Sophie VIALLIER

    VENDRANGEs : Louis RANVIER  

     

    Groupe 2 : Ballade préhistorique

    NEAUX : un homme préhistorique

    REGNY : Nicolas CONTE

    NEULISE : Bonpart DE LORGUE

    PRADINES : Mme de BAVOSE

     

    Groupe 3 : Ballade layoise

    SAINT PRIEST LA ROCHE : Un Seigneur de la Roche

    SAINT JUST LA PENDUE : Jean DUPUIS

    SAINT SYMPHORIEN DE LAY : Suzanne AUBERT

    LAY : Antoine BARBIER àprésenté par sa fille (Marie Monique Bisson-Barbier)

     

    Groupe 4 : Ballade au cœur de LACIM

    FOURNEAUX : un seigneur de l’Aubépin (époque Henri IV)

    CHIRASSIMONT : Le Géant àprésenté par le père du géant

    CORDELLE : Source Victoire avec l’âne 

    CROIZET SUR GAND : Mme Claude CHARLAT

     

    Prieur de St Victor sur Rhins.

     

         Il nous est possible de connaître la vie quotidienne de quelques moines qui vivaient au Moyen-âge  dans le modeste prieuré clunisien de St Victor sur Rhins, près de Thizy mais qui se trouvait alors dans le diocèse de Mâcon.

        Chaque année, au printemps, dans chaque province de l’Ordre, toutes les maisons rattachées à Cluny recevaient la visite de deux visiteurs nommés par la Chapitre général, afin de s’assurer de la bonne marche de la maison et noter les manquements de tout genre. Procès verbal était dressé de chaque visite, et le rapport était présenté au Chapitre général tenu à Cluny autour de Pâques. Là, on décidait des mesures à prendre, des abus à corriger comme des compliments à faire. Une quarantaine de notices concerne le prieuré de St Victor pour la période qui va de 1262 à 1408.

        Le rapport de la première visite date du 22 mars 1262 :

     

         « Il y a là deux moines prêtres, de vie honnête. Le service divin est bien assuré, selon leurs possibilités. Un moine est trop vieux pour célébrer la messe. Nous avons demandé qu’il ne célèbre plus. L’hospitalité et l’aumône y sont convenablement assurées a ce qui nous a été dit. »

     

         En quelques lignes, nous apprenons qu’il y a là deux bons moines, et que leur vie consiste à prier, à faire l’aumône et à pratiquer l’hospitalité. Le texte cité paraît clair : « deux moines prêtres ». Le même chiffre revient en 1269 et 1272. Mais cela pourrait signifier qu’ils sont trois. En effet, dans les textes parallèles, on lit souvent : « (Tant) … de moines, y compris le prieur » ou (Tant) de moines plus le prieur ». Comme ici, rien n’est précisé, on peut hésiter. Mais de 1278 à 1295, les textes sont nets : il y a bien deux moines plus le prieur.

     

         En 1298, on reparle de deux moines, mais durant près d’un siècle, les notices sont muettes sur le sujet. Par ailleurs, un catalogue des maisons clunisiennes de la moitié du XIVème siècle nous apprend qu’il faut deux moines à St Victor. Et, de fait, de 1382 à 1406, les visiteurs répètent inlassablement qu’il n’y a qu’un moine et qu’il en faut deux. Ils rappellent le précepte qu’ « un moine ne doit jamais être seul », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient que « monachos » signifie « solitaire ».

     

         Les visiteurs s’occupent spécialement de la conduite des moines. Durant cette dernière période, on ne relève à St Victor qu’une défaillance : « Un moine nommé Zacharie Malvesin est accusé de vol et d’incontinence. Il est parti récemment de nuit de St Victor en emmenant avec lui le palefroi du sacristain, et on ne sait où il a été ni où il a emmené le cheval ».

     

        Le Chapitre décide que quiconque de l’ordre le retrouvera, le conduise ou le fasse conduire à Cluny pour y être emprisonné.

     

         Il y avait donc deux ou trois moines à St Victor, un seul en temps de crise. Cela paraît peu. On peu penser que ces moines ne passaient pas toute leur vie dans le même prieuré. Il y avait comme un règlement très souple entre les abbayes et les prieurés, ce qui était excellent pour l’équilibre psychologique comme pour éviter la routine.

     

        Le coutumier nous apprend que le prieuré de St Victor touchait des dîmes et une partie du casuel.

     

     


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