• VOITURE HIPPOMOBILE : LE COUPE

     

    LA VOITURE HIPPOMOBILE : LE COUPE

     

    Autrefois les gens distingués avaient leur Coupé, voiture fermée à deux essieux.

    Lorsque en 1829, les tramways de Linz-Budweiser furent inaugurés, ce sont ces mêmes coupés que l’on monta sur des roues à boudin et que, jusqu’en 1870, on fit rouler sur cette voie ferrée de 131 kilomètres de long.

    Des carrosses à chevaux semblables circulaient déjà sur la voie ferrée la plus ancienne du monde, de la ligne Stockton-Farlington, exploitée depuis 1825, bien que les locomotives y fussent déjà en service.

     

    Pour le nombre de chevaux-vapeur de ces dernières, les coupés à deux et même quatre places étaient évidemment trop petits. Aussi les gens huppés chargèrent-ils leurs propres voitures sur les wagons plats, s’épargnant ainsi les ennuis des relais. Pour les autres voyageurs, on fixa ensemble plusieurs coupés placés sur un châssis commun, et l’on obtint ainsi le précurseur de la voiture de voyageurs exploitée par les réseaux de chemins de fer.

     

    A quoi donc aurait servi une expérience de plusieurs siècles en matière de construction de véhicule routier ?

     

    Et c’est apparemment à quoi ont pensé les charrons de Nuremberg, lorsqu’en 1835, il reçurent la commande des premières voitures de chemins de fer allemandes ; car ce n’est que pour la construction de leur châssis qu’ils eurent recours  à des dessins de modèle anglais ; pour le reste, ils purent se tirer d’affaire par leurs propres moyens ; et ils y réussirent si bien que la Compagnie de Ludwigshafen fut très satisfaite et que, peu d’années après, l’Administration de la ligne Leipzig-Dresde leur commandait à son tour des voitures de voyageurs.

     

    Entre temps, l’ancien coupé était devenu un compartiment dont il n’est guère facile de déceler l’origine routière. D’autant plus que récemment, les chemins de fer ont construit leurs compartiments d’une façon telle que l’on y trouve une liberté de mouvement et une commodité auxquelles aucun  véhicule routier ne saurait prétendre.

     

    E t cependant, c’est cette idée d’un certain nombre de coupés rangés les uns derrière les autres, qui a dominé la construction des voitures de chemins de fer pendant de nombreuses décades ; et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui encore, un grand nombre de voitures à portières « qui claquent » doivent circuler sur nos lignes, à la moindre joie des chemins de fer et de leurs clients.

     

                                                 Almanach des Cheminots (1954)


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