• ANATOLE FRANCE EVOQUE NOEL

     

     

    ANATOLE FRANCE NOEL

     ANATOLE FRANCE EVOQUE NOEL

     

    Voici revenir la Fête de Noël, chérie des âmes pieuses et des petits enfants. De toutes les grandes fêtes du christianisme, celle-là est la plus charmante. Elle apporte la joie aux petits, autant du moins que la joie peut s'accommoder d'une heure fixe et d'un retour régulier. Elle a pour les imaginations simples et pures une grâce délicieuse. Elle ne célèbre que de riants mystères, et Dieu qui s'y montre sous la forme d'un petit enfant, devient deux fois, adorable; aux mères. Célébrée universellement, elle, a dans chaque pays, dans chaque province, une tradition, des rites particuliers, une physionomie propre.

     

     En Basse-Bretagne, les idées que les paysans gardent encore aujourd'hui sur la .féerie de la Nativité, semblent presque païennes. Elles paraissent dater d'un âge qui n'était point chrétien. Ne les appelons point superstitions, car si l'on reconnaît les superstitions mortes, on distingue, mal les vivantes, et il ne serait pas, juste d'appeler superstitieux les gens seuls qui sont superstitieux autrement que nous. Disons donc que ce sont des croyances. Une de ces croyances peut se formuler ainsi : « Si l'on veut avoir des fruits en abondance, il ne faut pas, oublier, la veille de Noël au soir, de mettre, une ceinture de paille à chacun des arbres fruitiers et de les frapper l'un après l'autre avec le carsprenn. » Le carsprenn est la petite fourche de bois dont se sert le laboureur pour, débarrasser le soc de la charrue du fumier et de la terre qui s'y attachent. Le carsprenn inspire, parait-il, une grande épouvante aux esprits de la nuit. Je le crois d'autant plus volontiers que les diables ont une peur naturelle des fourches. Leurs amis les sorciers partagent leur épouvante à ce point qu’on les met en déroute seulement en leur faisant les cornes avec l'index et le petit doigt de la main.

     

    Les malins esprits sont des poltrons. Une faible pointe les effraye, et il suffit, en Italie, d'une petite branche de corail pour les tenir en respect. Voici une autre coutume des Bas-Bretons : « Les charbons provenant de la bûche de Noël sont recueillis précieusement et placés sous les lits, comme ayant la vertu d'éloigner le tonnerre et de préserver les maisons de l'incendie. »

    Cette bûche de Noël et les charbons qu'elle laisse dans l'âtre où elle a brûlé  rendent songeur. Un poète philosophe, Sully-Prudhomme, a dit que la Grande-Ourse n'a pas l'air chrétien. La bûche de Noël aussi n'a pas l'air chrétien. Nous avions gardé comme cela, aux équinoxes et aux solstices, des bûches et des flammes qui semblent bien témoigner d'un antique culte du feu et nous parler, d'un âge où l'homme redoutait comme un malheur terrible l'extinction du foyer qu'il était incapable de rallumer une fois éteint. Alors la famille tout entière hurlait d'épouvante et de désespoir dans l'ombre et la glace, autour des cendres refroidies, à l'approche de l'ours et du tigre. Ces pauvres sauvages ne connaissaient point la nature du feu. Pascal et Voltaire non plus, bien qu'ils eussent des lampes et des briquets. Il a peut-être fallu à l'homme autant de travail et de temps pour, apprendre à faire du feu que pour appliquer l'électricité à la transmission des dépêches. Nous ne nous faisons pas une idée de ce qu'ont coûté à nos ancêtres velus les premiers arts et les premières sciences. La bûche de Noël a bien, l'air d'être un souvenir du temps où le feu était un dieu bienfaisant prompt à fuir pour toujours ses amis hommes dès qu'ils ne lui donnaient plus de bois à manger.

     

    Revenons à nos Bretons. Ils croient que les bêtes parlent quand Jésus naît. Pendant la nuit sainte, les animaux domestiques se mettent à parler entre eux dans le langage des chrétiens; à partir de l'heure de minuit. Mais malheur à celui qui chercherait à surprendre leurs secrets avant la fin de la nuit I celui-là mourrait d'une mort soudaine.»

    Quelques autres idées bretonnes se rapportent encore aux animaux durant la nuit de Noël : « Aucun animal ne dort pendant cette nuit, sauf l’homme et le crapaud. » Les pêcheurs de l'île de Sein ne parlent pas du crapaud. Ils disent : « Ni l'homme, ni le corbeau ne dorment à l'heure où l'Enfant naquit de la Vierge. » Le corbeau est le roi de cette île des Morts, baignée d'ombres éternelles comme cette terre des Cimmériens où le subtil Ulysse vit l'ombre de sa mère.

     

    Au Huelgoat, on fait cuire, pour l'heure où l’enfant-Dieu vint à la terre, une fournée de pain destine aux animaux domestiques. Aucun d'eux ne doit être oublié dans la distribution, car il arriverait malheur à la bête qui n'aurait pas mangé le pain de Noël. On dit aussi que, pendant la messe de minuit, au moment de la consécration, une chandelle s'allume partout où un trésor est caché. C'est sans doute une malice des farfadets qui montrent leur or au moment où ils savent que tous les chrétiens sont à l'église, ces nains enseignent de la soi te une grande vérité. Ils font connaître qu'on ne peut rechercher à la fois les richesses de ce inonde et les biens spirituels, et que l'homme doit choisir entre les grandeurs de la chair et les splendeurs que l'esprit seul peut contempler. Que la leçon " des farfadets ne soit pas perdue ! Ils nous apprennent qu'il faut renoncer à amasser de l'or si l'on veut contempler les vérités éternelles. Pour moi mon choix est fait ; en vain les farfadets allumant leurs chandelles, font-reluire dans le  creux des rochers les louis d'or, les ducats et les nobles à la rose ; je resterai occupé à rechercher sous ma lampe paisible les lois du monde et les conditions de la vie. Voilà, tel que je crois l'entendre, le conseil que donnent ces petits êtres bizarres qui dansent autour des dolmens.

     ANATOLE FRANCE NOEL A

    Mais c'est dans le Midi de la France qu'il fallait assister à la Noël pour goûter toute la naïveté de cette féerie enfantine et délicieuse. La veillée de la Noël s'y fait autour de la table qui jonchée de lauriers et couverte de plats fumants, est dressée devant l'âtre où le joyeuxcarignié jette une flamme claire. Le carignié est un vieux tronc d'olivier choisi pour brûler toute une nuit. C'est là, devant le foyer, que s'accomplit, avant toutes choses, la bénédiction du feu. Le plus jeune enfant, de la famille s'agenouille devant le feu et prononce ces mots que son père lui a appris :

     

    « 0 feu! Réchauffe pendant l'hiver les pieds frileux des petits orphelins et des vieillards infirmes répands la clarté et la chaleur chez les pauvres, et ne dévore jamais retable du laboureur et le bateau du marin. »

     

    Eu prononçant ces paroles antiques, l'enfant verse dans le foyer une goutte de vin cuit. Puis on se met à table, et quand le vin a délié les langues et donne de la chaleur aux âmes, on chante des noëls jusqu'à, minuit. Pendant ce temps, les mendiants errant dans les rues payent en chantant des cantiques, le pain, le linge et les pièces d'argent qu'on leur donne.

    Les enfants jettent par les fenêtres leur aumône dans des cornets de papier qu'on allume par un bout afin que les pauvres puissent les voir tomber comme des étoiles filantes. À minuit, on va à la messe après avoir disposé sur la table la part des morts.

     

     Le 25, on mange la dinde de Noël, le 26, on rompt le pain, pétri en forme de gourde et couronné de lauriers, qu'on nomme pain de l'étrenne, et qui préserve les chiens de la rage et les ânes de la colique. Ce jour aussi, l'on visite la crèche où l'Enfant-Jésus qui fut réchauffé par les souffles du bœuf et de l'âne. Devant ces simples poupées, on chante en chœur quelques-uns de ces noëls où les bergers parlent en provençal, tandis que les anges parlent en français, comme des messieurs qu'ils sont. Ainsi l'on se réjouit, car

     

    Le jour est fériau,

    Nau, na unau.

     

    L'habitude de chanter des noëls remonte à un passé très ancien. Déjà au XIV° siècle on faisait des recueils de ces sortes de chansons, Le XVIe siècle est fort riche on noëls français et patois.

     « En ma jeunesse, dit Pasquier, c'était une coutume que l'on avait tournée en cérémonie, de chanter tous les soirs, presque en famille, des noëls qui estoient chansons spirituelles laites en l'honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ».

    Dans son touchant récit de Sylviane, M. Ferdinand Fabre a mis un noël cévenol traduit en français avec des rimes. Ce noël plaît par sa candeur agreste :

     

    Joseph dit à Marie :

    — Allons à Bethléem,

    Vite, je vous en prie,

    Fuyons Jérusalem.

     

    Ils frappent à la porte

    D'un riche paysan.

    — Jésus, je vous apporte,

    Dit la Vierge en tremblant.

     

    L’homme n'est pas aimable,

    Car on l'a réveillé ;

    Il leur montre l'étable

    Et court se recoucher.

     

    Mais, dans cette, ruelle,

    On ne sait où l'on va;

    Pas même une chandelle

    Pour y guider ses pas.

     

    — J'ai bien peur, dit Marie :

    Jésus est dans mon sein

    Joseph, mon cher mari,

    Tenez-moi par la main.

     

    Mais un ange adorable

    Apparaît devant eux.

    Il éclaire l'étable

    De son corps radieux.

     

    Et le cantique dit avec la même ingénuité Jésus naissant sous l'aile de l'ange, l'âne et le bœuf réchauffant de leur souffle l'enfant divin et les bergers adorant. Ainsi chantent les pâtres de la montagne.

     J'ai sous les yeux la Grande Bible renouvelée de noëls nouveaux: ou tous les mystères de la naissance et de l'enfance de Jésus-Christ sont expliqués. C'est un petit volume imprimé à Troyes, en 1738, chez Pierre Garnier. Il est formé de deux parties, portant chacune au titre un bois du XVIe siècle et réunies sous un feuillet de vélin tiré d'un vieil antiphonaire. On y voit encore les notes tracées à la plume en forme de grands carrés noirs sur les quatre lignes rouges de la portée, et une belle lettre B, en rubrique, ornée d'une tête de singe et d'une tête dé perroquet. Ce petit livre n'a de prix que ce qu'il nous apprend de l'histoire religieuse de la France sous Louis XV.

    Je veux tirer de la Bible des noëls quelques-unes! De ces pièces que les bonnes gens chantaient au commencement du XVIIIe siècle, sans y trouver sujet de railleries, car c'étaient des esprits simples.

    On chantait ces noëls parfois sur les airs d'église, le plus souvent sur des airs profanes, tels que : Le vin et moi nous sommes bons amis ; ou Pour avoir vu l'objet dont mon âme est ravie ; ou Laissez paître vos bêtes ; ou Quand reviendra-t-il ce temps, brunette ? ou N’aimerez-vous jamais, bergères ?

     En voici un sur l'air des Tourlourirettes qui servaient volontiers aux chansonniers satiriques, dont on trouve les couplets dans le recueil de Maurepas. Mais on pensait alors que l'air ne fait pas la chanson.

     

    Voicy la nouvelle

    Que Jésus est né,

    Que d'une pucelle

    Il nous est, tourlourirette,

    Il nous est, lonlanderirette,

    Il nous est donné.

     

    Quittons nos houlettes,

    Chantons cet enfant,

    Prenons nos musettes,

    Entonnons, tourlouriretle,

    Entonnons, lonlanderirette,

    Entonnons un chant.

     

    Dedans la prairie,

    Accordons le ton,

    Dans la bergerie,

    Prenons un, lourlourirette,

    Prenons un, lonlanderirette,

    Prenons un mouton.

     

    Offrons en hommage

    Dedans le berceau,

    A ce Dieu si sage,

     Un petit, tourlourirette,

    Un petit, lonlanderirette,

    Un petit oyseau.

     

    Grand roi de là gloire,

    Auteur de la paix,

    Nous aurons mémoire

    De vous pour, tourlourirette,

    De vous pour, lonlanderirette,

    Dé vous pour jamais.

     

    Quand nous disons que ces noëls sont populaires, nous faisons entendre seulement que le petit volume qui les contient était un livre de colportage, comme toute cette bibliothèque troyenne imprimée encore sous Louis XV avec des vignettes de la Renaissance.

    Mais certains de ces noëls étaient l'œuvre de lettrés et même d'humanistes. J'en trouve un où les bergers adorants se nomment Silène et Tyrcis.

    Le Sauveur est venu, mon cher ami Tyrcis.

    Voici un cantique que l'on croira d'origine populaire, à considérer que les muettes parfois n'y sont pas comptées, alors même qu'elles ne s'élident pas, et que, dans deux strophes, les vers à désinences féminines ne riment pas. Pourtant la langue présente un curieux mélange de grossièreté et de noblesse. Elle est pleine de latinismes : salvateur, ancelle, magnifier, etc.

    NOËL, sur L'AIR : Une nymphe jolie, etc.

    Une jeune pucelle de noble cœur,

    Priant dans sa chambrette un créateur,

    L'ange du ciel descendit sur la terre,

    Lui conta le mystère

    De notre Salvateur.

    La Pucelle ébahie de cette voix :

    Elle se prit à dire pour cette fois.

     Comment pourra s'accomplir ce mystère ?.

    Car jamais n'eus affaire

    A nul homme qui soit.

     

    Ne te soucie, Marie, aucunement.

    Celui qu'seigneurie au Firmament,

    Son Saint-Esprit te fera aproître :

    Dont tu pourras connaitre

    Tôt cet enfantement

     

    Sans douleur, sans contrainte et sans tourment,

    Neuf mois seras enceinte de cet  enfant,

    Et quand viendras à le poser sur terre,

    Jésus faut qu'on l'appelle,

    Roi sur terre triomphant

     

    Alors fut consolée de ces beaux dits,

    Qu'elle pensait quasi être en Paradis,

    Se soumettant du tout à lui complaire,

    Disant : voici l’ancelle

     Du Sauveur Jésus-Christ.

     

    Mon âme magnifie Dieu mon Sauveur,

    Mon esprit glorifie son Créateur;

    Car il a eu égard à son ancelle;

    Que terre universelle

    Béni soit gloire et honneur.

     

    Je citerai encore un de ces Noëls dont le sujet, un peu scabreux, est traité avec une candeur admirable. Il est clair que l'auteur n'y voyait pas sujet à plaisanterie, mais bien matière édifiante :

    Noël, sur le Soupçon de Saint Joseph lorsqu'il vit la Sainte Vierge enceinte, sur l'air : Belle Fanchon, en attendant nos noces.

     

    Chaste Joseph, vous avez de l'ombrage,

    Vous soupçonnez votre épouse en secret.

    Ne croyez rien à son désavantage

    Croyez toujours qu'elle est chaste en effet.

     

    De votre cœur bannissez toute crainte,

    Défaites-vous de votre cruel ennui,

    Du Roi des Cieux votre épouse est enceinte.

    Mais ce secret n'est réservé qu'à lui.

     

    Dieu qui vous voit dans cette erreur étrange,

    Qui sçail comment vous vous êtes mépris,

    Pour vous guérir il vous envoie un Ange

    Qui remettra le calme à vos esprits.

     

    Vous apprendrez de sa bouche divine

    Que l'Éternel a des secrets desseins,

    Que votre Épouse est celle qu'il destine

    Pour conserver Je salut des humains.

     

    On parle assez souvent encore des Noëls de La Monnoye, mais sans savoir bien ce que c'est que La Monnoye et ce que sont ses Noëls.

     

     M. Bernard de La Monnoye était fils d'honorable Nicolas La Monnoye, marchand pâtissier. Il fut lui-même avocat au Parlement de Dijon. Mais il abandonna la chicane pour la poésie, el lit des vers latins qui lui valurent un fauteuil à l'Académie. Mais ses vers bourguignons sont meilleurs. Il entra dans l'illustre compagnie le 23 décembre 1713 et se fit un grand renom de savant. Il entendait fort bien, en effet, le grec, le latin, l'italien, le français et le bourguignon. Et c'est précisément en bourguignon qu'il composa, sous le nom de Gui Barôzai, ses meilleures poésies, qui sont ses Noëls  Bourguignon salé, dit le proverbe, et le bon Gui Barôzai eut pour sa part plus d'un grain de ce piquant sel de Bourgogne. On chanta ses Noëls jusqu'à la cour. .Je crois, entre nous, qu'on les chanta surtout à la cour; car ils ont trop de malice pour être dits par des paysans. Le langage en est correctement bourguignon, disent les connaisseurs. Ils s'entendent pourtant aisément.

    ANATOLE FRANCE NOEL C

    En voici un qui compte parmi les meilleurs et que vous saisirez sans peine. Il faut vous avertir seulement que jaule veut dire gèle et étaule : établi. Vous devinerez assurément queéchauffin est pour échauffèrent, le sofle pour leur souffle, béo pour beau, et vous jugerez sans doute que celle chansonnette vaut bien celle qui fait pâmer aujourd'hui les habitués des cafés concerts. Personne ne se scandalisera, je pense, de la manière facétieuse dont La Monnoye, à l'exemple de ses pères, traita un sujet sacré. Ce serait d'ailleurs se montrer plus sévère que la Sorbonne qui refusa de censurer La muse paysanne de Gui Barôzai.

     

    L’or qu’au lai saison qu’ai jaule

    Au monde Jesu-Chri vin,

    L’âne et le beu l’échaufin

    De le sofle dans l’étaule.

    Que d’âne et de beu je sai

    Dans ce royaume de Gaule,

    Que d’âne et de beu je sai

    Qui n’an aureins pas tant fai !

     

    On di que ci pôvre bête

    N’ure pas vu le pôpou,

    Qu’elle se mire ai genou

    Humbleman baissant lai tête.

    Que d’âne et de beu je sai

    Qui n’an aureins pas tan fai 

    Mai le pu béo de l’histoire,

    Ce fû que l’âne et le beu,

    Ainsin passire tô deu

    Lai neu sans maigé ni boire,

    Que d’âne et de beu je sai,

    Couvar de pane et de moire,

    Que d’âne et de beu je sai

    Qui n’an aurein pas tan fai !

     

    Tous ces noëls sont bien oubliés aujourd'hui. Ou ne connaît plus guère que le Noël d'Adam, dont les paroles sont pitoyables. Mais on s'accorde à trouver à la musique un sentiment religieux.

                                                                                          ANATOLE FRANCE

    ANATOLE FRANCE NOEL B

     

     

     

     


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