• Le 298° RI de Roanne et les martyrs de Vingré, avec les Pacifistes.


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    Illustration : une partie du monument aux morts de Saint-Martin d’Estreaux (Loire)<o:p></o:p>

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    LE 298° R.I. DE ROANNE ET LES MARTYRS DE VINGRÉ<o:p></o:p>

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    Discours de Danièle Roy (Association des Monuments Pacifistes) lors de l'inauguration de la plaque "aux martyrs de Vingré" à Saint-Etienne<o:p></o:p>

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    Citoyennes, Citoyens, chers amis, <o:p></o:p>

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    C’est parce que de nombreux habitants de Saint-Etienne et de la Loire ignorent souvent qui sont ces « martyrs de Vingré » que nous avons pensé qu’il était juste que l’hommage que l’Association laïque des Amis des monuments pacifistes de Saint-Martin d’Estreaux et du département de la Loire se devait de rendre aux soldats fusillés à Vingré prenne la forme d ‘une plaque explicative publique. Cette ignorance est due au silence que font ceux que la vérité gêne. <o:p></o:p>

    Le 4 décembre 1914 six soldats du 298° R.I. ont été exécutés à Vingré, dans l’Aisne, à l’issue d’une caricature de jugement. Deux de ces soldats, Francisque Durantet et Jean Blanchard sont originaires d’Ambierle, commune du Nord de notre département. Le secteur de Vingré est depuis septembre 1914 un lieu où l’horreur, l’effroi, l’atrocité des combats sont insoutenables dans quelque camp que ce soit, français ou allemand. Les soldats qui étaient civils quelques semaines auparavant ne pouvaient saisir le sens des sacrifices demandés par un Etat-major où l’incompétence le disputait au mépris qu’il avait des vies humaines. Pour remédier à cet état de chose, le Haut-Etat major français n’a eu qu’une réponse : la terreur. En août 1914, le gouvernement avait autorisé les militaires à traduire les prévenus devant un Conseil de guerre sans instruction préalable. Le 1er septembre, une note confidentielle du ministre de la guerre abolissait toute possibilité de recours en révision ou en grâce. Le 11 octobre 1914, Joffre précisait : « L’exécution sans délai est la règle. » Seule la menace de sanctions draconiennes et de l ‘exécution pouvait assurer la discipline sans faille qu’exigeait l’Etat-Major. En 1915, le Général Pétain considérait que (citation) « pour maintenir l’esprit d’obéissance et de discipline parmi les troupes, une première terreur est indispensable » Comme on le voit, le haut Etat major ne se faisait pas la moindre illusion quant à la ferveur patriotique qui, selon certains historiens, aurait bétonné le moral des soldats. <o:p></o:p>

    En ce qui concerne les fusillés de Vingré, il ne s’agit pas d’un refus de marcher comme il y en eut tant dans ce secteur de septembre 1914 au printemps 1915. Tout simplement le lieutenant Paulaud a voulu faire endosser à ses hommes la responsabilité d’un repli qu’il avait lui-même ordonné, cédant à la panique. Cet incident, somme toute, assez mineur le serait resté si le Général de Villaret n’avait décidé d’en faire un exemple. Après tirage au sort, six soldats sont fusillés avec toutes les conséquences que cela entraînera pour leurs proches. Si ces soldats ont été réhabilités - et ils l’ont été le 29 janvier 1921, après comme vous vous en doutez un combat difficile -, il nous faut noter que tous les soldats, ou sous-officiers, victimes des Conseils de guerre n’ont pas été réhabilités, qu’aucun des membres du Haut-État major n’a été jugé pour les crimes commis, que le lieutenant Paulaud, jugé à Clermont Ferrand, a été acquitté ! <o:p></o:p>

    L’histoire n’est pas nourrie que de hauts faits de civilisation ; elle comprend aussi des actes qui sont honteux pour ceux qui les ont perpétrés ; mais ils ont existé et l’honnêteté veut qu’on ne les escamote pas. C’est sans doute cet état d’esprit ainsi que la volonté de rendre hommage à des victimes du militarisme qui animait le Conseil municipal de Saint-Etienne qui décidait dans sa séance du 17 octobre 1921 de donner à cette rue qui s’appelait alors rue Saint-Jacques le nom de Rue des Fusillés de Vingré ; le même Conseil municipal s’était prononcé pour la poursuite de tous les coupables si haut placés aient-ils été et il avait demandé la suppression des Conseils de guerre « véritables tribunaux de castes » pour reprendre les termes mêmes de la délibération. Mais, « sur observation » de Monsieur le Ministre de l’Intérieur, le Conseil municipal du 31 mars 1922 devait modifier l’appellation de la rue qui devint alors la rue des Réhabilités de Vingré et cela jusqu’en 1941. Sous Vichy, elle revint naturellement à sa dénomination religieuse de rue Saint-Jacques. Difficile en effet pour un chef d’état impliqué dans les crimes des Conseils de guerre comme l’était Pétain de tolérer que, d’une manière ou d’une autre, il soit rendu un hommage public à ses victimes directes ou indirectes ! <o:p></o:p>


    L’Association laïque des Amis des monuments pacifistes de Saint-Martin d’Estreaux et de la Loire avait fait la proposition à la municipalité de Saint-Etienne de l’appellation Rue des Fusillés de Vingré avec la mention de la réhabilitation et de sa date. Cette proposition n’ayant pas reçu un accord favorable de la part des autorités municipales, nous avons pris l’initiative, après entente avec ces dernières, de faire apposer cette plaque, à proximité de la plaque de rue représentant de manière symbolique un poteau d’exécution en action et qui a mystérieusement disparu, il y a peu, puisqu’il a moins de quatre semaines elle existait encore.
    Je ne voudrais pas oublier de remercier encore une fois les propriétaires de cet immeuble qui non seulement nous ont autorisés à apposer notre plaque mais ont estimé qu’on devait bien cela à ceux qui avaient connu l’enfer de la guerre et n’en étaient pas revenus. Parmi les occupants de la rue à qui nous nous sommes adressés, tous n’ont pas manifesté pareil souci de mémoire, il s’en faut ; il était juste de le dire. <o:p></o:p>

    Avant de nous séparer, je voudrais souligner l’intérêt que nous accordons aux victimes des Conseils de guerre puisque dans un ouvrage que vient d’éditer la Fédération nationale laïque des monuments pacifistes et qui est consacré aux monuments aux morts pacifistes, les auteurs ont réservé une place importante aux monuments élevés en hommage aux fusillés pour l’exemple : il en est un pas très loin d’ici, au cimetière de Riom dans le Puy de Dôme devant lequel pacifistes, laïques, libres penseurs se rassemblent. <o:p></o:p>

    Il est un autre monument qui est cher à notre Association puisqu’elle s’est constituée à partir de l’hommage que nous lui rendons tous les ans, à Saint-Martin d’Estreaux, c’est en effet du monument aux morts de cette localité du nord-ouest de la Loire qu’il s’agit. Chaque 11 novembre, après la cérémonie officielle, notre rassemblement pacifiste connaît un succès qui ne se dément pas face aux inscriptions dénonciatrices de la guerre que le maire Pierre Monot a fait graver en 1921. Un passage de ces inscriptions si remarquables concerne directement notre inauguration d’aujourd’hui puisqu’il dit, faisant clairement allusion aux fusillés pour l’exemple et à l’impunité de ceux qui les ont décidées : « Des coupables aux honneurs / Des innocents au poteau d’exécution ». De Saint-Etienne à Saint-Martin d’Estreaux en passant par Ambierle, il existe désormais une mise en relation pacifiste vivante que notre présence en ces divers lieux concrétise.<o:p></o:p>

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    Pour terminer, je remercie Christian Eyschen, président de la Fédération Nationale Laïque des Associations des Amis des Monuments pacifistes, républicains et anticléricaux à laquelle notre association adhère, d’être présent à cette inauguration ; je remercie la Fédération départementale de la Libre Pensée de la Loire qui parraine notre Association et dont les principes fondateurs sont un ferment pour l’action ; j’invite les présents à participer à la réunion publique qu’elle tient aujourd’hui même à 16h30 à la Bourse du travail sur le thème « Qu’est-ce que la Libre pensée » avec la participation de Christian Eyschen ; je remercie enfin tous les citoyens pacifistes et laïques de s’être déplacés, parfois de très loin. <o:p></o:p>

    A bas le militarisme !
    Vive le pacifisme agissant et populaire !
    Pour que soit entretenue la mémoire des victimes de tous les fanatismes ! <o:p></o:p>

    Danielle Roy
    Le 29 01 00

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    RASSEMBLEMENT LE 19 FEVRIER <st1:metricconverter productid="2000 A" w:st="on">2000 A</st1:metricconverter> AMBIERLE (Loire)<o:p></o:p>

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    ASSOCIATION LAÏQUE DES AMIS DES MONUMENTS PACIFISTES DE SAINT MARTIND'ESTREAUX ET DU DÉPARTEMENT DE LA LOIRE

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    Samedi 19 février, plus d'une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à l'appel de l'Association laïque des Amis des monuments pacifistes de Saint-Martin d'Estreaux et du département de la Loire, Place des Martyrs de Vingré, à Ambierle. Parmi elles, on notait la présence de libres penseurs et pacifistes de l'Ain, de l'Allier, du Rhône, du Puy de Dôme, de Paris et bien entendu de la Loire, la présence de nombreux citoyens dont un descendant de l'un des fusillés de Vingré ainsi que de nombreux syndicalistes du Roannais. <o:p></o:p>

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    Après que la Présidente eut donné connaissance des messages reçus de la Fédération nationale, des Fédérations départementales de Libre Pensée de l'Isère et du Puy de Dôme, Claude Groppi, au nom de l'Association fit une allocution dans laquelle il dénonça les fauteurs de guerre qui sont également responsables de la situation faite aujourd'hui aux travailleurs qui, dans les pays dits avancés, se voient contraints de défendre avec âpreté et acharnement les acquis sociaux arrachés au cours de décennies et à quel prix ! Il ne pouvait pas ne pas évoquer les crimes des tribunaux militaires dont deux soldats originaires d'Ambierle ont été les malheureuses victimes. <o:p></o:p>

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    Les libres penseurs, avec leurs drapeaux historiques déployés, les pacifistes avec leur banderole porteuse du mot d'ordre "Guerre à la Guerre", les citoyens qui aspirent à la fraternité universelle entre les peuples se sont rendus en cortège au monument aux morts qui porte l'inscription : l'Humanité n'a qu'un chemin : la Paix. La Chanson de Craonne fut alors magnifiquement interprétée par Charlie Jacquard, libre penseur de l'Ain. Le dépôt d'une gerbe suivit la minute de recueillement en hommage aux victimes des guerres.<o:p></o:p>

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    Au cours du repas qui suivit, le Président de la Libre Pensée de la Loire présenta les futures activités de la Fédération départementale. Nicole Bossut, historienne et membre de la Fédération de la Libre Pensée de Paris, exposa les axes du travail entrepris pour la réalisation d'un livre consacré aux statues élevées aux victimes des fanatismes religieux et qui fera suite au livre publié cette année sur les monuments aux morts pacifistes en France. Elle insista sur l'importance du rôle joué par la Libre Pensée à l'aube du 20ème siècle, dont le vote de la loi de séparation de 1905 est un aspect majeur mais qui ne le résume pas. Grâce à ses recherches, des actions importantes dont la Libre Pensée a eu l'initiative sortiront de l'oubli dans lequel "l'histoire officielle" a voulu les maintenir. <o:p></o:p>

    La Présidente de l'ALAMPSME-DL <o:p></o:p>

    dimanche 20 février 2 000 <o:p></o:p>

    Danielle Roy

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