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L'ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918<o:p></o:p>
L'Armistice qui mettait fin aux hostilités entre les Alliés et l'Allemagne, après quatre ans de combats fut signé le 11 novembre 1918 à 5 h du matin, sur le site où existait l'épi de voies pour l'évolution des pièces d'artillerie de gros calibre.<o:p></o:p>
Le train spécial du maréchal Foch et celui des plénipotentiaires allemands s'y sont retrouvés le 8 novembre 1918. Les voies étaient greffées sur la ligne Compiègne - Soissons à partir de la gare de Rethondes. Des rails et des dalles marquent l'emplacement des rames<o:p></o:p>
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A l'heure de l'Europe et de l'amitié Franco-Allemande, la phrase de Binet-Valmer gravée sur la dalle: ICI, LE 11 NOVEMBRE 1918, SUCCOMBA LE CRIMINEL ORGUEIL DE L'EMPIRE ALLEMAND VAINCU PAR LES PEUPLES LIBRES QU'IL PRETENDAIT ASSERVIR semble heureusement désuète et dépassée.<o:p></o:p>
Si la dalle commémorative avait été emportée par les Allemands en juin 1940 (Elle fut retrouvée intacte dans la banlieue de Berlin et remise à son emplacement initial après la Seconde Guerre Mondiale), la statue du Maréchal FOCH (1851-1929) fut respectée.<o:p></o:p>
En 1914, à la tête de la IX° armée,
il participa de façon décisive à la première victoire de la Marne, du 6 au 9
septembre 1914. Il arrêta les armées Allemandes sur l'Yser en Belgique, puis sur la Somme en 1916.
Chef d'État-major, en 1917, il prit la tête des armées en mars 1918, résista,
puis lança la contre-attaque le 18 juillet 1918. En temps que commandant en
chef des forces alliées en 1918, il fixa aux plénipotentiaires allemands les
conditions de l'Armistice.<o:p></o:p>
Les délégations étaient composées comme suit : <o:p></o:p>
Armées Alliées <o:p></o:p>
Général WEYGAND Amiral Sir WEMYSS Lieutenant LAPERCHE Maréchal FOCH Sir HOPE.<o:p></o:p>
Armées Allemandes<o:p></o:p>
Von HELLDORFF ERZERGER VANSELOW Comte VON OBERNDORFF VON WINTERFEDT.<o:p></o:p>
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LE TRAIN DE L'ARMISTICE<o:p></o:p>
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ASTRUCQ, <o:p></o:p>
Chef de gare, en retraite <o:p></o:p>
à Neuville-s-Montreuil <o:p></o:p>
(Pas-de-Calais)
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A l'automne de 1918, je fus désigné pour remplacer le chef de gare de Rethondes qui partait en congé. J'étais loin d'imaginer qu'étant appelé à assurer le service à cette gare je serais le témoin d'événements aussi considérables. <o:p></o:p>
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Un matin, un coup de téléphone m'avisa qu'un train dans lequel se trouvait le maréchal Foch allait venir en gare et que je devais dès son arrivée le diriger sur une des voies de l'épi de tir. <o:p></o:p>
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Quelques heures après, j'étais avisé qu'un second train dans lequel se trouvaient des Allemands me parviendrait et que, dès son arrivée, je devais le refouler sur la voie parallèle à celle où était placé le wagon du maréchal. <o:p></o:p>
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Ces trains arrivèrent successivement, celui des Allemands le dernier. Je les aiguillai selon les instructions données. <o:p></o:p>
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Dès que le wagon du maréchal fut mis en plac , un officier télégraphiste vint me demander où il fallait qu'il installe l'appareil téléphonique reliant le wagon du maréchal avec la gare. Je lui désignai la table se trouvant dans le bureau du chef de gare et où j'avais installé mon lit de camp. <o:p></o:p>
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Puis le soir vint et, par une nuit brumeuse et humide, la gare de Rethondes rentra dans un calme impressionnant. Sur mon lit de camp, je ne pouvais m'endormir. Ma curiosité me faisait échafauder des hypothèses. J'étais presque certain que la guerre allait finir, mais ce " presque " était encore une incertitude insupportable. <o:p></o:p>
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Le jour venait petit à petit, la tentation de connaître le but de cette réunion était pour moi de plus en plus forte, Je pris l'écouteur du téléphone. Rien, personne ne parlait sur la ligne, ni en allemand, ni en français. <o:p></o:p>
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Vers 6 h. 15, après avoir allumé ma lampe, je me levai sans avoir fermé l'il. N'y tenant plus, je tournai la magnéto d'une main tremblante. On me répondit aussitôt Je demandai à qui j'avais l'honneur de parler en disant : " Ici le chef de gare ". Un capitaine d'Etat-Major dont le nom m'a échappé m'a répondu aimablement. Je m'excusai de mon indiscrétion et lui demandai s'il était possible de savoir ce qui s'était passé cette nuit sur l'épi de tir. L'officier me pria de ne pas m'impatienter et me promit de me rappeler dès qu'il aurait le communiqué qu'on préparait. <o:p></o:p>
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Je raccrochai. J'avais le cur qui battait. Je me disais : " Dans quelques instants j'apprendrai la bonne nouvelle ". Et je pensais à tous ceux qui l'attendaient comme moi, depuis quatre ans. <o:p></o:p>
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Vers 6 h. 35, la sonnerie du téléphone retentit. Le capitaine avait tenu sa promesse. L'écouteur à l'oreille, je l'entendis qui me priait de prendre du papier et un crayon. Et il commença à me dicter le communiqué de notre victoire. Ma main tremblait Bientôt je ne fus plus capable d'écrire tout ce qu'il me dictait. Mais j'avais le principal : signature de l'armistice, cessation des hostilités à 11 heures, retrait des troupes allemandes, remises d'armes, de canons de matériel divers, etc., etc. Cette liste était devenue trop longue. Je remerciai le capitaine, et, c'était peut-être enfantin, je lui criai: " Vive la France ! " comme cela, dans le téléphone. <o:p></o:p>
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Au comble de la joie, je me précipitai sur le quai, annonçant à tous la grande nouvelle. Deux fusils se trouvaient dans mon bureau. Je les pris, je vidai les magasins en tirant en l'air vers la forêt qui se trouvait en face. <o:p></o:p>
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Ayant informé des soldats de passage, je leur conseillai d'aller sonner les cloches de léglise de Rethondes. Bientôt, au-delà de la rivière, je les entendis qui commençaient à sonner, donnant le signal de l'allégresse à toutes leurs surs de France. <o:p></o:p>
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Des trains passèrent, chargés de troupes jusque sur les marchepieds. Dès qu'on leur apprenait la nouvelle, les soldats arrivaient, munis de cartes postales de Rethondes et me demandaient d'y apposer le timbre à date de la gare. , d'autres présentaient une page de leur livret militaire. La gare de Rethondes était devenue historique grâce à son épi de tir. <o:p></o:p>
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