ILLUSTRATION : Entre 1916 et 1935, le clocher de léglise de Saint-Cyr-de-Favières, qui avait un toit à faible pente à 4 pans a été surélevé de 5 à <st1:metricconverter productid="6 m│tres" w:st="on">6 mètres</st1:metricconverter> de haut pour pouvoir installer lhorloge offerte par Mme et Mr Rabourdin.<o:p></o:p>
Monsieur Rabourdin fut maire de Saint-Cyr-de-Favières, il était aussi le propriétaire dune usine de fabrication de papier installée sur le bord du fleuve Loire : la papeterie de Villerest.<o:p></o:p>
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LE CLOCHER<o:p></o:p>
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Sa raison dêtre.- Toute église comporte nécessairement un clocher (il nen reste pas moins vrai que celle de notre bon village de Neulise nen possède pas). Depuis au moins lépoque carolingienne, on ne peut la concevoir autrement. Envisagé du point de vue esthétique, il est souvent lélément le plus intéressant de la façade (mais le plus attaqué par la foudre des orages) : beaucoup de pauvre églises de villages qui, sans lui ne seraient guère que des granges, lui doivent tout leur caractère architectural et la fidélité pieuse de leurs paroissiens. Cest lui qui aux yeux des étrangers, fait leur fierté : lui qui, éloigné du pays natal, les y rattache et souvent les y ramène. On ne se représente pas un village sans son clocher.
Du point de vue proprement religieux, le clocher joue le rôle de témoins muet, mais vigilant de la vie de notre âme. Associé à toutes nos émotions, à toutes nos démarches religieuses, il continue près de nous sa fonction damitié, toujours debout pour nous rappeler le ciel que son geste immuable désigne à notre attention qui sendort. Lui seul émerge habituellement au-dessus des demeures de la terre où notre esprit voudrait tranquillement se reposer, et dès que les yeux se lèvent, cest pour lapercevoir et recevoir son invitation.
Enfin du point de vue strictement liturgique, le clocher à la fonction dappeler les fidèles à loffice. Les cloches quil contient, lhorloge qui ladorne souvent ont été par lévêque remis à la garde et à la vigilance dun clerc, le portier, à qui il a fait comprendre la gravité de sa tâche de faire vibrer la cloche, douvrir et de fermer la maison de Dieu à des heurs précises, et quil a muni pour cela dune très spéciale bénédiction, fortifiée de la prière des fidèles et de la sienne. Le campanile dont le portier a la garde participe, semble-t-il, à la grâce de son ordination ; lui aussi est une prédication qui incline les âmes vers Dieu et les abrite du diable.
Combien il est important que cette prédication ne reste pas silencieuse, mais que la voix des cloches appelle régulièrement les âmes les plus éloignées, et par la distance corporelle, et par les dispositions intérieures, à la prière, au sacrifice , aux différents moments de loffice divin ; que, par elles, les heures de repos soit distinguées de celles du travail, et, les unes comme les autres, toutes sanctifiées ; que le jour du Seigneur soit vraiment un jour de joie, un jour célébré par des chants se répandant partout, et que personne ne puisse prétendre quil na as entendus ; que les grands actes chrétiens de chacune de nos vies, baptême , confirmation, mariage, trépas, funérailles, anniversaires, deviennent ainsi lobjet dune réjouissance ou du n deuil universellement partagés ; que même comme le demande le Pontife à la bénédiction de la cloche, le peuple y trouve une défense contre les intempéries et les autres fléaux qui le menacent.
Comment le disposer.- Le clocher se compose toujours au moins dun soubassement qui, sil est construit au milieu ou sur le côté de la façade, en devient une partie intégrante, abritant souvent le porche, possédant à son étage intermédiaire, une fenêtre qui éclairera la nef. Ensuite la chambre du beffroi, qui renferme les cloches, non pas suspendues directement aux murs, ce qui compromettrait la solidité de lédifice, mais à un bâti qui les sépare entièrement de la maçonnerie et nadhère à la tour que par le sol où il repose. Enfin le couronnement, en terrasse, en toit à deux pentes, en coupole, en lanterne ou en flèche.
Lemplacement du clocher varie : tantôt, comme dans les premières basiliques latines qui le possèdent ou comme dans les édifices de <st1:PersonName productid="la Renaissance" w:st="on">la Renaissance</st1:PersonName> italienne, il est complètement détaché de léglise et constitue vraiment un bâtiment à part ; tantôt il est incorporé à la façade principale ; tantôt il couronne le transept ; tantôt enfin, car sur ce point règne une variété aussi grande que la liberté laissée par les règles liturgiques, il se pose à tel endroit que bon lui semble, donnant à nos églises une grande partie de cette originalité qui les distingue les unes des autres et en varie presque à linfini la composition.
Nous parlons du clocher, au singulier, mais nous savons déjà quune église en possède souvent plusieurs, et que les façades un peu majestueuses aiment à en avoir au moins deux.