A TRAVERS LE FAUBOURG MULSANT<o:p></o:p>
(Poésie de lAmi Jacques, écrite pour le Bulletin Paroissial de l'Eglise Sainte Anne dans les années 1930).<o:p></o:p>
Chers Amis lecteur de
lEcho,<o:p></o:p>
Partons avec cet ami
Jacques,<o:p></o:p>
Faire un voyage incognito<o:p></o:p>
Dans notre faubourg des
Baraques.<o:p></o:p>
Pas besoin de prendre une
auto,<o:p></o:p>
Ni de cinéma authentique,<o:p></o:p>
Le nez en lair, partons tantôt<o:p></o:p>
Cueillir des souvenirs
antiques.<o:p></o:p>
Ici, rien de moyenâgeux,<o:p></o:p>
Dans les faubourgs tout est
moderne ;<o:p></o:p>
Mais les gens y deviennent
vieux,<o:p></o:p>
Tant la vie y coule paterne.<o:p></o:p>
Tout est net, tiré au compas<o:p></o:p>
Comme aux cités américaines,<o:p></o:p>
Ici, vous ne trouverez pas<o:p></o:p>
Le charme des villes
anciennes.<o:p></o:p>
Lon cherche en vain malgré
son nom,<o:p></o:p>
Au faubourg, de noire
chaumine,<o:p></o:p>
Mais lon y rencontre à
foison<o:p></o:p>
Des villas de fort belle
mine.<o:p></o:p>
Le peuple sy montre
charmant,<o:p></o:p>
Lon dirait la même famille.<o:p></o:p>
Il est heureux assurément.<o:p></o:p>
Puisquen ses yeux la gaieté
brille...<o:p></o:p>
Ah ce nest pas comme à
Paris,<o:p></o:p>
Où lon semble tomber des
nues,<o:p></o:p>
Lon y rencontre des amis<o:p></o:p>
Aux détours de toutes les
rues.<o:p></o:p>
Quand on se retrouve,
aussitôt<o:p></o:p>
Chez un mastroquet, lon
sinvite,<o:p></o:p>
Selon lusage on vide un
pot.<o:p></o:p>
Ce nest pas chez nous quon
sévite...<o:p></o:p>
Et puis il y court les
cancans,<o:p></o:p>
Comme ailleurs des bonnes
commères,<o:p></o:p>
Lon connaît tous les
habitants,<o:p></o:p>
Et de chacun, leurs
caractères.<o:p>
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Maintenant que nous
connaissons<o:p></o:p>
Tous ces braves gens des
baraques,<o:p></o:p>
Du bout de Mulsant commençons,<o:p></o:p>
Le voyage avec lami
Jacques.<o:p></o:p>
Payons-nous le coup doeil,
ami,<o:p></o:p>
Du faubourg, sur la
passerelle,<o:p></o:p>
Nos yeux demeurent éblouis,<o:p></o:p>
Du tableau, tant la vue est
belle...<o:p></o:p>
Dans limmense réseau des
toits,<o:p></o:p>
Où le gai soleil se promène,<o:p></o:p>
Cinq artères, comme des
doigts,<o:p></o:p>
Vont sélargissant dans la
plaine.<o:p></o:p>
Et tout dabord voilà
Mulsant,<o:p></o:p>
Roanne na pas semblable
artère...<o:p></o:p>
Elle à nom dun docteur
savant,<o:p></o:p>
Autrefois, chez nous
populaire.<o:p></o:p>
Puis à gauche vers
Saint-Alban,<o:p></o:p>
Court une autre voie
parallèle<o:p></o:p>
De ce joli site portant<o:p></o:p>
Le nom, comme une soeur
jumelle.<o:p></o:p>
Sur le côté de lEntrepôt,<o:p></o:p>
Vont se greffer les Elopées.<o:p></o:p>
Avec Rabelais, dans le haut,<o:p></o:p>
Se dirigeant vers les
Poupées<o:p></o:p>
Lon nous a dotés de grands
noms<o:p></o:p>
Pour chaque artère
transversale :<o:p></o:p>
Victor Hugo, Pascal, Danton,<o:p></o:p>
Marceau, Pasteur, cest
colossale...<o:p></o:p>
Nous gardons malgré le
progrès,<o:p></o:p>
Quelques vieux noms locaux
encore :<o:p></o:p>
Moulin-Paillasson,
Grand-Marais,<o:p></o:p>
Rue des Près... cest
charmant, sonore.<o:p></o:p>
Puis, nous avons, en résumé,<o:p></o:p>
Du Roannais toute
lhistoire,<o:p></o:p>
Par ses chers noms, Cotton,
dUrphé,<o:p></o:p>
Pernetty, de douce mémoire.<o:p></o:p>
Voici de Lachaize et
Berchoux,<o:p></o:p>
Et lhistorien de Lamure.<o:p></o:p>
Et Falconnet, au nom si
doux, <o:p></o:p>
honneur de notre sculpture.<o:p></o:p>
En remontant vers les
Canaux,<o:p></o:p>
Lon a de brèves échappées,<o:p></o:p>
Au loin, vers les riants
coteaux, <o:p></o:p>
Entre les grandes cheminées<o:p></o:p>
Que de souvenir du passé<o:p></o:p>
En errant au faubourg lon
cueille,<o:p></o:p>
Lhomme passe...et qua-t-il
laissé?...<o:p></o:p>
Pour qua son nom lon se
recueille?...<o:p></o:p>
Et lon arrive à terminus,<o:p></o:p>
Sans se douter quon vient
de faire,<o:p></o:p>
Je crois, deux kilomètres de
plus,<o:p></o:p>
Tant
lami Jacques sais distraire.