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LA ROUTE AUTREFOIS ENTRE ROANNE (Loire) ET LYON (Rhône)

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La route royale à travers le canton de Saint-Symphorien-de-Lay



 

LA ROUTE ROYALE A TRAVERS LE CANTON DE<o:p></o:p>

SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY<o:p></o:p>

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Cette piste ségusiave qui reliait Condate, futur Lugdunum au gué (Rodumna) où s’installera Roanne a connu un destin extraordinaire.

Voie directe entre Lyon et la Bretagne, puis entre Paris et Lyon, elle devient au XVII° siècle « la voie la plus fréquentée du Royaume ». Empruntée et élargie par les romains, elle traverse six village du canton de Saint-Symphorien-de-Lay : Saint-Cyr-de-Favières, L’Hôpital, Neaux, Saint-Symphorien, Fourneaux, Chirassimont, Machézal, et possède la particularité de franchir sur ce parcours le point le plus élevé entre Lyon et Paris : le col du Pin Bouchain.

Là avait été édifié par la famille Tallebard des Sauvages, un oratoire dédié à Sainte Catherine de Sienne, d’où le nom porté jusqu’à la Révolution de « Col de la Chapelle ».

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« Grande Route Royale » elle devient sous l’Empire, la Route Impériale officielle N° 8 de Paris à Rome, puis la fameuse nationale 7 par où déferlera un siècle et demi durant, tout ce qui descend du nord de l’Europe occidentale vers l’Italie, l’Espagne, les Pays d’Afrique et le Moyen-Orient.

Le tronçon de cette voie entre le col et l’hôpital de Pierre Fortunière conserve de captivants souvenirs liés à notre histoire nationale.

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Le « trésor » des 1 127 monnaies romaines découvertes en 1949 à Lay nous rappelle le passage des cohortes romaines en partance vers les provinces de l’ouest. Au col, l’un des relais (paroïchia) établis sous le règne de l’Empereur Dioclétien a laissé son nom aux lieux-dits « aux paroquets » sur le plan cadastral de 1811.

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La rude montée vers le sommet incite nos souverains à établir quatre relais officiels de poste aux chevaux : La Fontaine puis le Pin Bouchain, Saint-Symphorien-de-Lay et l’Hôpital figurant sur tout les guides et cartes du moment. Celui de la Fontaine aura le privilège d’être tenu par la seule femme de France titulaire d’un brevet royal de Maître de Poste : Sophie Viaillier.

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Après le temps des parcours à cheval arrive celui des carrosses et autres équipages attelés. Les impossibles montées génèrent alors des deux côtés du col, une florissante industrie de remorquage.

Pour venir à bout des rampes de Neaux et de Fourneaux et de la Fontaine, on fait appel aux services de paysans proches qui attellent une ou deux paires de bœufs. Les juteuses royalties qu’ils en retirent étant jugées exorbitantes, il ne faudra rien moins qu’une ordonnance prise par Louis XVI en personne pour réglementer les tarifs selon les véhicules et le nombre de bœufs venus à la rescousse.

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Les auberges florissent le long du parcours. Elles accueilleront d’illustres passagers : Napoléon à l’Hôtel de la Poste au Pin Bouchain, Henry IV, Louis XIII et Louis XIV à l’Auberge des Trois Rois à La Fontaine, Rabelais, Joachim du Bellay à la Tête Noire de Saint-Symphorien-de-Lay où il compose un sonnet évoquant le décès de son illustre parent Guillaume du Bellay, vice-roi de Piémont passé de vie à trépas en ces lieux quelques années auparavant.

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Sous la plume d’oie souvent éraillée des curés et vicaires de nos paroisses sont inscrits sur des registres de catholicité, les inhumations de quantités de forçats emmenés enchaînés vers Marseille ou Toulon « pour servir le roi en ses galères ».

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Pèlerins en route pour Rome ou Jérusalem, marchands de toutes nations font étape dans les logis qui bordent la voie royale, tel ce Suisse de Fribourg attestant sa présence en l’an 1600 parmi les graffiti récemment relevés dans l’une des chambres de la Tête Noire. Avec Jacques Cœur visitant ses mines de Joux, Saint François de Paule se rendant au chevet de Louis XI mourant; Marie de Médicis accompagnées des Concini, Gabrielle d’Estrées, Mazarin, Richelieu, La Rochefoucauld, le Père Cotton confesseur d’Henri IV et de Louis XIII, le cardinal de Joyeuse, Saint-François de Sales, Saint Benoît Labre, Michel de l’Hôpital, Anne d’Autriche… et bien d’autres encore, c’est toute une fresque d’Histoire qui défile dans nos collines. La croix du pape au Plat-Coupy de Fourneaux indique l’arrêt de Pie VII se rendant au sacre de l’Empereur.

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Chroniqueurs et historiens nous restituent les passages des seigneurs locaux partant pour les croisades ainsi que ceux des armées de François Ier vers le nord de l’Italie, de Louis XIII vers le Languedoc, de Bonaparte revenant avec ses soldats chargés de leurs moissons de victoires, Arcole, Rivoli, Montenotte… C’est encore le temps des convois prestigieux comme celui de Charlotte-Adelaïde  entourée de six cents cavaliers gagnant son duché de Modène…

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Durant ces siècles là, les métiers de la route se sont étrangement développés. L’état délabré de la chaussée mettant à mal les ferrures des bêtes et des roues, les maréchaux-ferrants et charrons occupent une place de choix. Ainsi note-t-on les dépenses précises de cloutage des mulets du seigneur de Grignan à Saint-Symphorien. L’épouse de l’un de ses descendants, fille de Madame de Sévigné, affrontera plusieurs fois l’affreuse montagne de Tarare dont sa mère parle avec effroi dans plusieurs de ses lettres.

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Notre route, aux étapes détaillées dans le premier « Guide des chemins de France » de Marcel Estienne en 1553, est déjà présentée comme un itinéraire où sévissent les brigands de grands chemins : « L’Hôspital : brigandage ; cy commence la montagne de Tarare ». Là encore, récits et rapports de maréchaussées sur les voyageurs détroussés, les postillons trucidés, les malles-poste et diligences attaquées illustrent l’insécurité du moment.

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Parmi les hauts faits qui ont marqué nos villages, celui de la fameuse embuscade du 2 Pluviose an VI. Ce jour là voit le soulèvement de trois cents de nos paysans. Embusqués dans les fourrés du Pin Bouchain, ils délivrent cinq prêtres insermentés, condamné au bagne et emmenés à Rochefort.

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Cette longue évocation est actuellement l’objet d’une minutieuse préparation d’exposition.

Cette dernière se tiendra l’été prochain dans les locaux de l’Auberge de la Tête Noire actuellement en restauration par les soins de la municipalité de Saint-Symphorien-de-Lay.

Les Chemins du Passé, avec l’aide du S.I.V.O.M et l’immense bénévolat des membres de l’association, y regrouperont les documents et illustrations qui constituent sur le sujet une part importante de notre patrimoine local.

Article de Gabriel FOUILLANT du Cercle Albert Boudot,  pour la revue N° 2 (année 1994) de  « Musées et Patrimoine de Roanne et sa région » éditée par la section Histoire des Amis du Musée Joseph Déchelette.<o:p></o:p>

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