MARCHES-FOIRES DE SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Les marchés qui se tiennent tous les jeudis à Saint-Symphorien-de-Lay sont ceux connus sous le nom de MARCHES ROYAUX, dans lesquels il est permis dexposer, pour être vendu, toute espèce de bétail, ainsi que cela résulte des termes de larrêté ministériel en date du 11 avril 1829.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Si, jusquà présent, malgré les conditions favorables où se trouve Saint-Symphorien-de-Lay, qui se prêtre admirablement bien à la tenue de marchés, soit par sa situation topographique, la disposition de ses habitations, soit par son accès facile, entourée quelle est de belles voies de communication, cest probablement que le besoin ne sen faisait pas sentir : ce qui semble résulter des tentatives infructueuses faites en 1830 ou 1831.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Mais aujourdhui, grâce au développement toujours plus croissant de notre production si bien stimulée par linfluence intelligente de notre comice agricole, le plus ancien, le plus persévérant peut-être du département, la nécessité des transactions se fait de plus en plus sentir, et il nest guère possible de tarder encore de rendre à ces marchés leur véritable caractère, sinon dune manière absolue, du moins désigner un certain nombre qui seraient plus spécialement affectés à la vente du gros et du menu bétail.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
En effet nos près, bien aménagés, se sont transformés, et une grande partie peut être affectée à lembouche, et nos emboucheurs actuellement sont dans la nécessité daller, non pas sans frais, sapprovisionner de bêtes maigres dans les foires des environs. Ils trouveront à lavenir sous la main ce dont ils auront besoin. Les bouchers de Roanne, de Tarare et des environs pourront trouver des bêtes grasses presque à toutes les époques de lannée, ce qui sera une très grande facilité pour eux.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Ces considérations et beaucoup dautres qui ne peuvent trouver place ici nont point échappé à la sagacité habituelle de notre honorable maire M. Dechastelus, député au corps législatif, qui après avoir pris lavis des principaux habitants de sa localité a décidé que, si dans létat actuel des choses il ny avait pas lieu davoir, un marché hebdomadaire de bétail, il y aurait certainement un très grand avantage den désigner un certain nombre, quil a fixé à 4, qui seraient plus spécialement affectés à la vente du bétail ; de tous les produits agricoles et autres dont les époques ont été fixées ainsi quil suit :<o:p></o:p>
· Le 1°, le premier jeudi après le 10 mars<o:p></o:p>
· Le 2°, le premier jeudi après le 10 mai<o:p></o:p>
· Le 3°, le premier jeudi après le 22 août<o:p></o:p>
· Le 4°, le premier jeudi après le 10 décembre<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Par suite de cette décision, le premier marché à bétail a eu lieu le jeudi 15 du courant et a été favorisé par un temps exceptionnel. Aussi laffluence des étrangers a-t-elle été considérable, les marchands forains ont répondu à lappel qui leur a été fait, car les places et les rues étaient littéralement tapissées des marchandises les plus belles et les plus variées.<o:p></o:p>
Mais ce qui était remarquable, cétait la Boirie, où lon comptait près de 7 00 têtes de bétail bovin, 50 poulains ou pouliches, une quantité considérable de porcs de toute grosseur, mais principalement de petits porcs dit nourrins, des chèvres et plusieurs lots de moutons.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Malgré le prix élevé du bétail, les transactions ont été nombreuses : 79 bêtes à cornes ont été vendues, ainsi que plusieurs poulains et presque tous les animaux de lespèce porcine.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Ladministration municipale, avec le produit dune souscription volontaire, a décerné des prix aux propriétaires de bétail des communes voisines qui en avait amené le plus grand nombre, ainsi quaux marchands forains, qui ont tous reçu une grande indemnité proportionnée à limportance des marchandises déballées.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Un mât de cocagne, dressé au milieu du bourg, a fourni aux amateurs loccasion de montrer leur adresse, aux applaudissements dune foule immense de spectateurs.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Ce premier essai justifie les prévisions de M. le maire de Saint-Symphorien-de-Lay, et assure le succès de ces sortes de marchés qui, tout en facilitant les transactions dont le besoins se fait généralement sentir, offriront une compensation à notre localité, si cruellement éprouvée depuis la suppression de son roulage par la création des voies ferrées de Roanne à Balbigny par Vendranges-St-Priest, et celle de Roanne à Tarare par Régny, qui achèvera de lui enlever le passage des voitures de voyageurs.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
En terminant, nous rappelons aux propriétaire, fermiers, cultivateurs et marchands de toute espèce de produit, que le second marché de bétail aura lieu le jeudi 17 mai,et que rien nest changé dans les conditions exposées dans laffiche que M. le maire a fait placarder dans toutes les communes environnantes.<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
Journal « Le Nouvel Écho de la Loire » 24 mars 1866<o:p></o:p>
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>