1666 - GABRIELLE GONON, DABORD CONDAMNEE A ETRE PENDUE, EST MARQUEE AU FER ROUGE SUR LA PLACE DU VILLAGE<o:p></o:p>
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Les documents dénichés et publiés par R. Garnier dans « Petites Histoires Foréziennes » nous relatent cette curieuse affaire.
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Nous sommes en septembre 1666. En milieu de matinée, venant de Roanne la voiture de Poste arrête ses chevaux essoufflés au Relais de La Fontaine. Jean Dumolin maître de Poste en voit descendre un sergent royal, qui tient enchaînée une fille aux vêtements défraîchis, à la mine pâle, au regard éteint. Ramenée sous bonne garde de Paris elle va dans quelques jours être marquée au fer rouge sur la place de Sainte-Colombe-sur-Gand.
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Au mois de mai, après la découverte dun nouveau-né trouvé noyé dans la serve du village, les soupçons sétaient portés sur Gabrielle Gonon. Le juge de la seigneurie, Antoine Radisson commettait Jean Saux maître-chirurgien à tarare secondé par Louise André « femme-sage » aux soins dexaminer laccusée :
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« Ils se sont retirés avec ladicte Gonon dans une chambre joignant la prison de Sainte-Colombe Ils ont dit et rapporté avoir vu et visité ensemble ladicte Gabrielle, à laquelle après lui avoir visité son mamelier et reconnu quelle y a du laict. Ils ont remarqué quelle a les glandes des bouts mameleux noirâtres, et notamment tout le tour desdictes glandes ; et dailleurs son ventre est tout avalé et fluide accompagné de quantités de plis et replis ; ses parties honteuses forts larges et forte dilatation de la vulve qui faict connaître quil ne saurait avoir quun mois ou environ quelle a faict un enfant »
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La malheureuse reconnaît avoir accouché mais affirme avoir enterré lenfant à proximité du masage de Fontbonne. Des fouilles à lendroit prétendu ne donnent rien.
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Pendant ce temps-là la fille enfermée dans la prison de Sainte-Colombe senfuit au grand dam de Jean Bresson gardien dicelle. Recherchée et dénoncée elle est « prise au corps », conduite et écrouée dans la geôle où lon a renforcé la serrure. Le 22 juillet, elle est condamné « à être conduite sur la montagne de Malaval pour être menée à une potence qui sera érigée et a être pendue et étranglée jusquà ce que mort sensuive ».
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Heureusement pour elle, Claude Delandine, procureur, nest pas daccord et interjette appel devant le Parlement de Paris. Un sergent de la châtellenie de Tarare, Claude Pironette est désigné pour conduire la prisonnière à la Conciergerie du Palais. Le greffe de la célèbre prison parisienne confirme son transfert par une expédition en date du 18 juillet 1666 à destination dudict Sainte-Colombe.
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Le parlement casse la sentence de mort et condamne la fille « a estre bastue et fustigée de verges, nue en cote, la corde au cou, par les rue et lieux accoustumés dudict Sainte-Colombe et ensuite marquée à lespaule dune fleur de Lys et banny du pays à perpétuité »
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La sentence affichée au pilori et publiée aux prosnes de Sainte-Colombe attire une foule considérable Le jour dit, sur la place du petit village, lexécuteur après avoir flagellé la pauvre Gabrielle, « la saisit dun geste rapide, se tourne vers un brasero, en retire prestement un fer rouge gravé de la fleur de lys et lapplique sur lépaule droite de sa victime » Un cri strident un grésillement de chair brûlée Justice est rendue !