Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LA ROUTE AUTREFOIS ENTRE ROANNE (Loire) ET LYON (Rhône)

Publicité

Un coupe-gorge au nord de Roanne



 

UN COUPE-GORGE AU NORD DE ROANNE<o:p></o:p>

<o:p> 
 </o:p>

Au moment où l’on débat si justement des difficultés de communication entre Roanne, Paris, Lyon… par le rail comme par la route, il est piquant de faire un saut en arrière de quelques 190 ans : on mesurera ainsi l’importance des progrès déjà accomplis.

<o:p> </o:p>

L’occasion nous est fournie par le dépouillement de la correspondance privée d’un personnage de l’époque, Pierre-Marie Taillepied de Bondy, futur comte d’Empire, futur préfet du Rhône et de la Seine, futur pair de France, et pour l’heure en 1805, tout nouveau chambellan de Napoléon Ier. A ce titre, il vient de recevoir l’ordre de rejoindre Milan pour y précéder d’une semaine l’Empereur qui doit s’y faire couronner roi d’Italie le 26 mai, 6 prairial an 13.

<o:p> </o:p>

Il quitte Paris en compagnie d’un autre chambellan, Léon-Luc Galard de Béarn, avec pour chacun un domestique. Le lundi Ier avril, à 2 heures du matin, les quatre hommes prennent en voiture la route du Bourbonnais. Ils arrivent à Briare vingt-quatre heures plus tard, ayant parcouru <st1:metricconverter productid="152 kilomètres" w:st="on">152 kilomètres</st1:metricconverter>, et utilisé 19 postes ! De nombreux voyageurs font alors le même trajet, ce qui empêche notre quatuor de trouver facilement des chevaux frais aux relais.

<o:p> </o:p>

Il y a notamment devant eux, l’ancien directeur-président de la République Cisalpine, Marescalchi qui vient d’être désigné comme ministre plénipotentiaire auprès de Napoléon. Ce notable se déplace avec une suite important nécessitant l’emploi de quatorze chevaux à chaque poste (il en faudra cent quelques jours plus tard pour le cortège impérial).

<o:p> </o:p>

A peine reposés, et après un bref repas, les chambellans reprennent la route à 7 heures en franchissant 10 postes, sont à Nevers à 10 h 30 au soir du mardi 2. Ils repartent dans la même nuit à 3 heures. Après 19 postes, ils parviennent à Roanne seulement vers 1 heure du matin, le jeudi 4 avril. Ayant quitté Roanne à 10 heures, ils font encore 10 postes pour atteindre Lyon vers minuit. Là, ils vont se reposer un peu à  l’hôtel de l’Europe, place Bellecour. Ils rencontrent Talleyrand, le cardinal Fesch et le comte de Ségur, grand organisateur des pompes impériales et royales. Ils reprennent la route le 8 avril en direction de Chambéry et, après diverses péripéties passent, à pied, le Mont-Cenis. Ils parviendront à Turin le 11 et, enfin au terme de leur voyage à Milan le 27.

<o:p> </o:p>

Pierre-Marie de Bondy en a conté à sa femme, jour après jour, tous les détails pittoresques. Nous avons retenu un passage qui concerne notre région où après avoir décrit une pénible marche de sept heures dans la boue et la neige des Alpes, « montagnes terribles » infestées de déserteur et de brigands armés, notre homme s’écrie :

<o:p> </o:p>

  « Eh bien ! Dans toutes ces montagnes, nous n’avons rien vu de pareil à la descente de La Palisse près de Roanne : nous y avons passé à 8 heures du soir par une superbe lune. Il n’y a pas un coupe-gorge pareil. Une longue descente entre un rocher et un précipice au milieu des bois qui conduit à un petit pont qui est élevé de <st1:metricconverter productid="2 pieds" w:st="on">2 pieds</st1:metricconverter> au-dessus du torrent, et aussitôt une montée pareille. La gendarmerie de La Palisse était venue nous offrir de nous accompagner sur toute la route la gendarmerie a ordre d’accompagner toutes les personnes de la maison de l’Empereur qui le demanderont. Mais nous avons refusé. M. de Béarn demanda au brigadier s’il y avait du danger. Monsieur, lui répondit-il, s’il y en avait, je ne vous proposerais pas de vous accompagner. Je serais déjà à cheval à côté de vous. »<o:p></o:p>

<o:p> </o:p>

Ouf ! Nous voici rassurés !

<o:p> </o:p>

Ce récit n’ajoute-t-il pas une pincée de saveur à notre grand problème de l’élargissement de la Nationale 7 au nord de Roanne ?

<o:p> </o:p>

Sources :

-         Archives nationales – <st1:metricconverter productid="177 A" w:st="on">177 A</st1:metricconverter>.P.

-         Excelsior – 8 et 15  juin 1931

<o:p> </o:p>

Article de Maurice LESCURE  pour la revue N° 2 (année 1994) de  « Musées et Patrimoine de Roanne et sa région » éditée par la section Histoire des Amis du Musée Joseph Déchelette.<o:p></o:p>

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article