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SUR LES CHAUSSEES ROMAINES<o:p></o:p>
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(Première partie)<o:p></o:p>
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Aussitôt que les Romains occupent ou annexent une contrée, il laménage. Cest là laspect le plus caractéristique et, il faut ajouter, le plus sympathique de cette conquête progressive du bassin méditerranéens et des Gaules ;<o:p></o:p>
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La romanisation des peuples subjugués saccomplit moins par les décrets impériaux et laction des légionnaires que par le réseau routier. Toutes les régions jusqualors isolées dans leur enceinte de fleuve et de montagnes, communiquent, tout à coup librement. Il est loisible daller du Pas-de-Calais aux confins de la Perse sans quitter le dallage posé sur le sol par les soldats de Rome.<o:p></o:p>
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Sans doute, le but réel de ces chaussées qui sallongent dun bout à lautre de limmense empire, est avant tout stratégique et militaire. Elles permettent dacheminer rapidement les légions sur le point menacé des frontières, ou vers le territoire où se manifestent des velléités de désordre. Mais créées par larmée, et pour larmée, elles servent aux voyageurs, aux négociants, aux courriers, et la civilisation romaine est, au fond, leur ouvrage. Et si même laissant de côté le rôle social de ces routes, on regarde seulement leur nature, elles comptent encore parmi les plus étonnants monuments que lhomme ait jamais construits. La masse de pierre, remuée pour lédification des grandes pyramides dÉgypte, nest rien en regard de celle que dégrossissent, transportent et mettent en place les Romains pour établir leur réseau grandiose de voies et de chaussées.<o:p></o:p>
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Pour créer une route, tout dabord, et après que les géomètres en ont galonné le tracé, on commence par excaver le sol à une certaine profondeur, variable selon la composition des terres. Puis on la nivelle soigneusement, on remplace les terrains trop inconsistants par des matériaux dapport plus stables. La route rencontre-t-elle un vallon, on construit un remblai pour quelle le puisse franchir sans infléchissement.<o:p></o:p>
Remblai parfois formidable, haut de six à sept mètres, long de quinze, de dix-huit milles, cest-à-dire de quatre ou six kilomètres. Si la vallée est étroite, on jette un pont de pierre, et lon passe. Si quelque colline barre le chemin, on léchancre ; on ne la contourne que sil est impossible de faire autrement, car le but de toute chaussée romaine est daller en droite ligne dun point à un autre, de raccourcir la distance, de permettre une circulation rapide.<o:p></o:p>
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Enfin le lit de la route est achevé, bien aplani, bien sablé.<o:p></o:p>
On entame la construction. Le statumen se pose en premier lieu, couche épaisse de mortier de chaux et couverte de pierres plates réunies et liées par du ciment. Au dessus, le rudus, blocage de pierre concassées, de briques fragmentées, fortement battu et foulé. Ce rudus supporte le nucleus nouvelle couche de mortier et de gravier, analogue à notre béton. Enfin, le summum dorsum, dont la composition varie selon les ressources naturelles de la région traversée : cailloux noyé dans le ciment, ou larges dalles polygonales, équarries à angle droit<o:p></o:p>
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Aux bas côtés de la chaussée, de larges accotements de terre battue ou de gazon, puis deux fossés pour lécoulement des eaux. Sur ces routes (<st1:metricconverter productid="53ᅠ000 kilom│tres" w:st="on">53 000 kilomètres</st1:metricconverter>), pour la commodité du voyageur se trouvent, les bornes indiquant la distance de Rome et celle de la ville voisine ; des fontaines, des montoirs de pierre pour les cavaliers car ceux-ci nutilisent pas létrier.<o:p></o:p>
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Mais est-ce dire que les véhicules romains répondent à lexcellence des routes offertes ? Non, le cheval reste le moyen de transport le plus rapide (mais pas de selle, pas détriers, jambes pendantes). Cest la raison pourquoi, dailleurs la cavalerie romaine ne peut assumer quun rôle militaire darrière plan.<o:p></o:p>
Sur le véhicule romain : aucune suspension, la caisse est posée à cru sur les essieux. Pour les voitures à 4 roues lavant train nest pas articulé. Le cheval doit tirer avec le cou. Aucun véhicule commercial ne peut prendre une charge supérieure à cinq cents kg, et à condition, encore de cheminer lentement. Du point de vue économique (donc historique) la voiture commerciale destinée au transports des marchandises est suprêmement maladroite. Elle explique à elle seule pourquoi tout le grand commerce romain seffectue par la mer et par les fleuves.<o:p></o:p>
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Le plaustrum est parmi les chars négociant, le plus important ; il comporte plusieurs variétés, cest tantôt une simple plate-forme montée sur deux roues pleines, et destinée à supporter nimporte quelle marchandise, à la condition de larrimer avec soin, car léquilibre de cette plate-forme est à la merci dun caillou. Cest tantôt une sorte de chariot à quatre roues sans ridelles, mais muni à lavant dun siège pour le conducteur. Ces lourds engins sattellent de deux chevaux, placés de part et autre du timon. Les Romain nignorent pas les brancards, mais ils sen servent peu. Ajoutez au pourtour de ces plates-formes, un haut rebord de bois, vous avez le sarracum. Cest le sarracum qui apporte sur les marchés des villes les produits des maraîchers et des horticulteurs. Cest lui aussi qui, sous le nom de carrus, suit les légions en marche et transporte leurs vivres. Mais sa marche est si lente que les troupes ont atteint le cantonnement et dressés les tentes depuis longtemps quand le carrus, traîné par les bufs, les rejoint enfin.<o:p></o:p>
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Cependant, dans certains cas, les Romains ont à véhiculer de lourds fardeaux, pierres de taille, colonne, obélisques. Ils emploient alors le chamulchus. On ne connaît ni sa structure ni la puissance de cet engin, ni même sa traction. Mais son étymologie « tirer à terre » porte à croire quil sagit simplement dun système de rouleaux tel que le connaissent et le pratique les peuples plus primitifs.<o:p></o:p>
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Mais toute cité non desservie par les bateaux est condamnée à végéter, à se sustenter des produits locaux, à rester à lécart du grand commerce. Cest pourquoi les seules villes qui se développent dans lEmpire, au moins en Occident, sont toujours situées à proximité immédiate dun littoral ou dun fleuve accessible aux navires. En effet ces magnifiques réseaux routiers ne sauraient compenser la précarité des transports et de charriages<o:p></o:p>
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Le char antique que les Romains baptisent currus nest plus utilisé à la guerre mais sert aux courses du cirque, pourtant Néron et Trajan le jugent indigne deux ; ils font atteler dix chevaux de front à leur char large dun mètre. Mais au Cirque-Maxime on voit manuvrer un currus traîné par vingt chevaux alignés côte à côte (le conducteur doit tenir quarante rênes à la fois dans ses mains).<o:p></o:p>
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Entrons dans latelier dun charron ou saffairent les ouvriers charpentiers, tourneurs, peintres et doreurs. Le maître nous montrera la série complète de ce quil peut offrir aux nécessités, aux fantaisies et aux paresses dun riche patricien.<o:p></o:p>
Cette grande charrette à quatre roues égales, munie de ridelle, cest le clabulare. A côté un peu plus confortable, mais sans aucune suspension, voici le carpentum, emprunté aux Étrusques, il ne possède que deux roues pleines ; mais peintes et dorées, elles sont du plus magnifique effet. Plus de confort encore ? Larcera est tout indiquée. Quatre roues, un coffre oblong fermé, où lon sétend de tout son long sur des amoncellements de coussins et tapis. De petites fenêtres permettent de ne pas étouffer. Plus loin : une rhéda elle dissimule sa simplicité presque grossière de caisse roulante sous des festons, des astragales, des guirlandes sculptées et peintes. Ce véhicule est le plus fréquemment employé. Il donne son nom au charron que les Romains désignent sous le nom de rhedarius.<o:p></o:p>
Un véhicule oriental ne servant quaux femmes il sagit dune harmamaxa ; sorte de lit monté sur roues encadré de rideaux, amortissant par des matelas bien rembourrés ce que peut avoir de trop dur le plancher également posé à cru sur laxe des roues.<o:p></o:p>
Enfin la série se clôt par le chiramaxium, ou chaire à deux roue que pousse un esclave, et qui sert à promener dans les rues des villes, les malades, les obèses et les fainéants.<o:p></o:p>
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